Les versets diaboliques — La Genèse

Page originelle de Yaacov Levy

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Genèse 1

Gn 1.1 – La Création du Monde: problème traductionnel

א-א.א בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ

«Gn 1.1 Au commencement Dieuelohim créa les cieux et la terre.»TO

Notons ici, qu’en 1.21 on traduit וַיִּבְרָא – vayivra, par «créa», ainsi qu’en 1.27 בָּרָא – bara, par «furent créés». Si à un autre emplacement du texte, בָּרָא – bara, signifie «fut créé», cela nous conduit à la traduction suivante: «au commencement furent créés des elohim (dieux), les cieux et la terre»VA.

Mais si l’on veut absolument conserver בָּרָא – bara, comme «créa», la traduction dans son exactitude devient d’elle-même un non-sens qui prête à sourire: «bereshit créa des dieux les cieux et la terre»VA.

Autre point: d’après la légende, Moïse a reçu le texte du ‘houmash comme un seul mot qui aurait défilé devant ses yeux d’une seule traite. La section des mots est ultérieure, humaine et donc autorise des remaniements de césure et ainsi des traductions alternatives.

Si on sectionne le premier mot בְּרֵאשִׁית – bereshit, pour obtenir בָּרָא – bara, et שִׁית – shit, une d’entre elle devient: «fut créé un fondement, furent créés des dieuxelohim, les cieux et la terre»VA.

D’après: בָּרָא שִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ

Gn 1.26 – La Création de l’homme: problème traductionnel

א-א.כו וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, נַעֲשֶׂה אָדָם בְּצַלְמֵנוּ כִּדְמוּתֵנוּ

«Gn 1.26 Dieuelohim dit: faisons l’Homme à notre image, à notre ressemblance.»TO

Traduction littérale exacte: «… faisons UN homme…» et non «…L’Homme…». «…à notre image comme notre physionomie…»VR

À plusieurs reprises le terme אֱלֹהִים – elohim, qui est le pluriel de dieu אֱל – el, n’est traduit exclusivement qu’au singulier. Ce singulier traduit, génère pourtant des formes plurielles: «faisons», «notre».

Le caractère de la pseudo-unicité de ce dieu est remise en cause d’emblée par le texte lui-même.

En Ex22.19, אֱלֹהִים – elohim, sera à nouveau employé pour «dieux», au pluriel.

En outre, l’interrogation concernant, soit la compétence de traducteurs et d’interprètes que sont les meneurs yahwistes, soit l’intégrité de leur transcription, se pose dès le début. Je pense pour ma part que l’usage de Google traduction aurait dû leur être interdit.

L’intention littéraire qui vise à soigner le style de la langue d’arrivée n’excuse pas de lourdes transgressions translittératives et conceptuelles, bien au contraire: de «un homme» – adam– אָדָם , à «l’Homme» – et haadam – אֶת הָאָדָם, demeure une nuance gigantesque… Puisque la prétention de la torah est d’être un texte d’essence divine, l’intention sincère de la transmission de ce message devrait autoriser le sacrifice du style au profit du rendu du concept par le biais d’une traduction ad unguem. Incompétence et/ou falsification? Dans tous les cas, selon l’enjeu, l’un et l’autre sont inacceptables.

1.27 – La Création de l’Homme: problème traductionnel supplémentaire

א-כו וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, נַעֲשֶׂה אָדָם בְּצַלְמֵנוּ כִּדְמוּתֵנוּ

À la différence de 1.26, on parle enfin ici de «l’Homme» – et haadam – אֶת הָאָדָם.

…א-א.כז זָכָר וּנְקֵבָה, בָּרָא אֹתָם

«Gn 1.27 Mâle et femelle furent créés à la fois.»TO

On ne trouve aucune trace d’un terme qui signifie «à la fois» dans ce verset. «Mâle et femelle furent créés.»VR [Fin du verset].

À nouveau, nous sommes confrontés soit à l’incompétence soit au galvaudage. L’ajout d’un terme inapproprié fausse encore la compréhension du texte. Il reste supposable qu’il ait été créé un être primordial hermaphrodite duquel sera détaché ultérieurement le côté féminin. Toutefois, rien n’est traduit en ce sens. L’otam– אֹתָם, signifie clairement «eux». Il demeure une dernière possibilité qui concernerait la création des genres masculins et féminins et non d’un homme et d’une femme à ce stade, mais alors la traduction aurait dû être, «…masculin et féminin, les créa…».

Ainsi, en reprenant le passage au complet, nous trouvons:

א-א.כז וַיִּבְרָא אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם בְּצַלְמוֹ, בְּצֶלֶם אֱלֹהִים בָּרָא אֹתוֹ: זָכָר וּנְקֵבָה, בָּרָא אֹתָם

Traduit de manière brute approchée cela donne: «créa elohim l’homme à son image, à l’image d’elohim le créa: mâle et femelle les créa.»VB

Gn 1.1-31 – La Création du Monde: aberration scientifique

Ordre de la création selon la torah: les cieux, la terre, la lumière, le jour, la nuit, le ciel, la mer, les végétaux, les étoiles, le soleil, la lune, les poissons, les oiseaux, les animaux terrestres, l’homme.

Ordre de la création selon la science actuelle: énergie, matière, corps stellaires, organismes élémentaires, végétaux et animaux jusqu’à l’homme.

Je préciserai que si dans la recherche de la vérité et de la compréhension du monde qui nous entoure la science a commis des erreurs mais progresse, la torah a d’emblée affirmé des inepties et campe sur ses positions fantaisistes. Certaines tentatives de justifications honteuses tentent de faire croire, à partir de post-dictions, de récupérations et de réinterprétations, que toutes nos connaissances actuelles sont inscrites dans la torah, ne réussissent pas à cacher l’archaïsme que représente la torah. Je fais référence ici aux nombreuses publications de ce style qui inondent le petit monde des crédules à convaincre. Je songe à divers recueils illustrés, autoédités par les organismes de propagande qui le diffusent. À grand renforts de graphismes pompeux et, de citations détournées et hors contexte d’authentiques scientifiques reconnus, ils tentent de s’adresser aux naïfs, aux pré-convaincus et aux limités scientifiquement et culturellement (comme toute propagande fallacieuse, rappelons-le!).

Pour mieux jauger l’ampleur de l’ineptie et du frauduleux: imaginons un instant que toutes les connaissances actuelles et à venir, soit effectivement décrite dans cette torah, ce qui restera évidement faux, jusqu’à preuve du contraire, soit, éternellement. Cela voudrait dire que cette connaissance est sciemment occultée par ses détenteurs jusqu’au jour où, par un heureux hasard, un scientifique avéré la découvre. Ce ne serait ni plus, ni moins que de la rétention régressiste criminelle!

Pour bien circonscrire le problème, je gage que le jour ou un remède universel contre le cancer serait découvert, on entendra de la part de ces mêmes récupérateurs éhontés: «On le savait! C’était dans la torah!». La question se pose à nouveau: pourquoi ces post-prédicateurs charlatans et comiques, n’ont-ils rien fait, alors qu’ils prétendent avoir eu le remède? Nous connaissons tous leur réponse: «Notre dieu le veut ainsi!». Je ne décrirai pas ici leur réaction à la contre-question: «Alors, à quoi il sert?». Fin du divertissement.

On peut remarquer ici que «les luminaires qui président au jour et à la nuit» ont été créés le quatrième jour. Si l’on considère que la rotation de la terre lors de sa révolution autour du soleil génère le cycle circadien de 24 heures et donc circonscrit par là même, la valeur d’un jour: comment l’auteur avance-t-il un compte de «jours» pour les premier, second et troisième, ce, avant le quatrième où le référentiel est sensé débuter. Autrement dit, le compte d’un jour dépend de la terre et du soleil. On ne peut compter le premier jour qu’une fois ces deux astres créés, soit à partir du quatrième jour. On ne peut ni compter, ni parler de jour avant cela. Pourtant l’auteur réussi à compter trois jours, soit trois rotations terrestres face au soleil, avant que ceux-ci n’existent. Autre maladresse logique et conceptuelle de taille ; si énorme que tout le monde paraît effaré de le constater une fois révélé. De toute façon, à ce stade, il n’y avait encore personne pour compter, soit dit comme petite blague au passage.

Gn 1.31 – La Création du Monde: ineptie scientifique

Pour rappel: la durée de la création selon la torah est de 6 jours en 3760AEC. Ce qui a été clamé et défendu haut et fort par les yahwistes depuis des siècles puisque le פשט – pshat, «sens littéral», est irréfutable selon eux. Six jours valent donc six fois vingt-quatre heures. Dès lors que l’astrophysique a ridiculisé de manière cuisante cette affirmation fantasmagorique, sont apparu des yahwistes pseudo-scientifiques qui ont tenté toutes sortes de récupérations rocambolesques et pathétiques à partir d’une mécompréhension flagrante de la physique quantique pour rattraper l’irrattrapable: six jours sont six jours même condensés selon l’espace-temps et non six ères.

L’astrophysique, la géologie et pour finir l’anthropologie, démontrent, non pas une création brutale sans évolution ultérieure, mais, au contraire, une évolution constante depuis 5.109 années. +/- 1 825 000 000 000 jours selon la science contre 2106000 jours selon la torah.

Notons au passage, que les yahwistes qui veulent démontrer et dater l’existence de vestiges de synagogues à l’époque romaine, d’il y a 2000 ans, se réfèrent aux datations au carbone 14 pour preuve de la réalité ethnologique de leurs ancêtres hébreux. Comment mettent-il en avant ce système de datation, qu’ils considèrent alors comme fiable, tout en le réfutant dès qu’il démontre l’existence de quoique ce soit avant leur supposée création du monde en -3600AEC.

En fait, cela revient à dire que la datation au carbone 14 n’est vraie qu’à partir de 3600AEC. Si le carbone 14 a été créé en -3600, aucune datation antérieure ne devrait être possible. Si tout a été créé au même moment, Neandertal et les dinosaures devraient être datables à 3600AEC et non plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’années avant. D’ailleurs, les tablettes sumériennes qui relatent les descriptions plagiées par la torah, sont clairement datées au carbone 14 de 2800AEC. Ainsi, leur datation ne peut être que validée par les yahwistes qui reconnaissent toute datation ultérieure à 3600AEC comme seule valable.

Ils n’expliquent cependant pas comment leur torah, «origine de tout» est un copié-collé de sources qui ont une existence antérieure, et de plus, une réalité matérielle conservée jusqu’à ce jour (remercions les musées!). Aussi paradoxal, partial, déplacé que ridicule, il faut le concéder.

Genèse 2

Gn 2.2-2.3 – Le Shabbat: maladresse traductionnelle

א-ב.ב וַיְכַל אֱלֹהִים בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה ; וַיִּשְׁבֹּת בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה. ב.ג וַיְבָרֶךְ אֱלֹהִים אֶת-יוֹם הַשְּׁבִיעִי, וַיְקַדֵּשׁ אֹתוֹ: כִּי בוֹ שָׁבַת מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ, אֲשֶׁר-בָּרָא אֱלֹהִים לַעֲשׂוֹת

«Gn 2.2 Dieuelohim mit fin le septième jour à l’œuvre faite par lui ; et il se reposa, le septième jour, et de toute l’œuvre qu’il avait faite. 2.3 Dieuelohim bénit le septième jour et le proclama saint parce qu’en ce jour il se reposa de l’œuvre entière qu’il avait produite et organisée.»TO

Ici la traduction est lourde de conséquence encore une fois. Le choix du terme «se reposer» s’il ne reflète pas complètement l’idée d’un repos organique mais plus d’une cessation d’activité, laisse supposer que: dieu se fatigue! Le mot chômage aurait été plus judicieux, même si, moins valorisant en vertu de sa connotation moderne.

Gn 2.4 – Changement de style

Apparition du dénominatif divin יְהוָה אֱלֹהִים – yehvah-elohim, et plus seulement, אֱלֹהִים– elohim. L’introduction d’un nouveau dénominatif, le changement de style grammatical et les contradictions immédiates qui vont suivre laisse supposer très tôt dans le texte de l’existence d’un autre rédacteur. Par-delà ce simple constat, force est de constater que la création du monde décrite par la torah, pâle copie de la vision sumérienne très antérieure, est faite par elohim. Yehvah n’apparait nulle part dans le passage relatant les fondements de l’univers. Ce détail est de taille! Il faut d’emblée comprendre que les traductions simplistes et simplificatrices convergentes affectent à tous les protagonistes prétendus divins de cette histoire, le nom de «dieu». En revanche, on verra le même dénominatif original être traduit de différentes manières, comme à l’aide de «le seigneur» ou «l’éternel». Cet état de fait sera, naturellement, démontré et exposé au moment des passages les plus criants de cette douteuse pratique.

Aparté: l’essence suméro-babylonienne des textes, comme déjà exposé, impose une constatation fort simple. ilu/elu signifie «dieu ou être supérieur». ilum/elum est le pluriel induisant «dieux/êtres supérieurs». Ainsi, pour signifier d’un point de vue suméro-babylonien que Ea faisait partie de la classe des êtres supérieurs, on pouvait très bien suggérer «Ea des Supérieurs/Ea de la Classe Supérieure» par ea ilum. Donc «X parmi les dieux» par «X ilum», et en hébreu X elohim. D’ilum à elohim, il y a peu… Mais qu’en est-il d’Ea à yehvah? ea ilum: Ea des dieux? yehvah elohim: Yehvah des dieux? Ea était un membre d’une classe d’êtres supérieurs Ilum. Yehvah ne serait-il qu’un membre d’une classe d’être supérieurs? L’usurpation se profile… Plus inquiétant, nous trouvons dans la mythologie suméro-babylonienne un certain nombre d’entités supérieures considérées comme démoniaques, dont ala/alu, considéré comme un esprit imperceptible possédant les individus et apportant la lèpre (thème lourdement repris plus tard par la torah Lv13-14), et ilu-limnu simplement traduit comme «dieu malfaisant».

Gn 2.5,7,9 – L’Ordre de la Création: contradiction

א-ב.ה וְכֹל שִׂיחַ הַשָּׂדֶה, טֶרֶם יִהְיֶה בָאָרֶץ, וְכָל-עֵשֶׂב הַשָּׂדֶה, טֶרֶם יִצְמָח: כִּי לֹא הִמְטִיר יְהוָה אֱלֹהִים, עַל-הָאָרֶץ, וְאָדָם אַיִן, לַעֲבֹד אֶת-הָאֲדָמָה

«Gn 2.5 Or, aucun produit des champs ne paraissait encore sur la terre et aucune herbe des champs ne poussait encore car l’Éternel-Dieuyehvah-elohim n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre et d’homme il n’y en avait point pour cultiver la terre.»TO

א-ב.ז וַיִּיצֶר יְהוָה אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם, עָפָר מִן-הָאֲדָמָה,

«Gn 2.7 L’Éternel-Dieuyehvah-elohim façonna l’homme, poussière détachée du sol.» TO

א-ב.ט וַיַּצְמַח יְהוָה אֱלֹהִים, מִן-הָאֲדָמָה, כָּל-עֵץ נֶחְמָד לְמַרְאֶה, וְטוֹב לְמַאֲכָל.

«Gn 2.9 L’Éternel-Dieuyehvah-elohim fit surgir du sol toute espèce d’arbre beaux à voir et propre à la nourriture.» TO

Plus clairement on affirme ici l’ordre de la création suivant: la terre, l’homme, les végétaux.

Ces trois versets mais plus complètement le passage tout entier contredit: «Gn 1.11Dieuelohim dit que la terre produise des végétaux…»TO. Le règne végétal fut ab ante, prétendu avoir été créé le troisième jour et l’homme le sixième.

Gn 2.6 – Le Jardin d’Éden: reprise de source antérieure

Le «Jardin d’Éden», גן עדן – gan ‘eden, qui correspond au dilmun sumérien, est tiré des légendes sumériennes[1], pour rappel. Sa rédaction remonte au IIIe millénaire avant l’ère courante, soit près de 1800 ans avant l’hypothétique torah de Moïse.

Jardin d’Éden: irresponsabilité yehvahique

Ce Yehvah place au même endroit l’homme, la femme, les deux arbres interdits et un serpent tentateur. Soit il est stupide ou inconscient, soit il souhaite volontairement que survienne un accident. Que penser de parents qui laisserait seuls deux enfants dans un jardin avec de l’essence, des allumettes et un petit cousin pyromane? Admettons que des parents soit humainement faillibles ou inconscients. Interrogeons-nous sur le sérieux d’un dieu humainement faillible ou inconscient? Si Yehvah, prétendu omniscient, omnipotent et omniprésent n’est ni faillible ni inconscient, c’est que dans ce cas il est pervers et criminel. Il met tout en œuvre pour que mathématiquement se produise un accident fatal pour s’octroyer le droit de punir en sus.

Gn 2.7 – La Création de l’Homme: reprise de source antérieure

Certains soulignent ici une récupération, depuis la légende sumérienne, déformée et vidée de son sens, du verset:

א-ב.ז וַיִּיצֶר יְהוָה אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם, עָפָר מִן-הָאֲדָמָה

«Gn 2.7 L’Éternel-Dieuyehvah-elohim façonna l’homme, poussière détachée du sol.»TO

En hébreu טיט , – tit, signifie «limon», alors que le terme sumérien ti’it dans sa légende initiale signifie «ce qui en vie». La transposition littérale du sumérien à l’hébreu perd en effet radicalement son sens. À plus forte raison lorsque le rédacteur utilise dans le texteעפר – afar– «poussière» pour retranscrire טיט – tit – «limon».

Gn 2.8 – Le Jardin d’Éden: conflits traductionnels et conceptuels

א-ב.ח וַיִּטַּע יְהוָה אֱלֹהִים, גַּן-בְּעֵדֶן–מִקֶּדֶם

«Gn 2.8 L’Éternel-Dieuyehvah-elohim planta un jardin en Éden, vers l’orient.»TO

La traduction ici est très insatisfaisante. Quand bien même קֶּדֶם – kedem, signifierait «l’orient» l’utilisation du מ – mem, préfixe, suggèrerait une provenance et non une direction. Il aurait fallu traduire «de Kedem» ou au pire «de l’orient». Mais en fait le problème est tout autre. On peut considérer que מִקֶּדֶם – mikedem, signifie (encore aujourd’hui d’ailleurs, puisque le mot provient justement de la torah) «antérieur», «d’avant». Ce qui change passablement le sens du verset pour: «Yehvah-elohim planta un jardin dans l’Éden antérieur»VR. Ce qui suppose qu’il y avait quelque chose avant que tout ceci soit créé. N’est-il pas étrange de trouver dans un texte, qui affirme une première et initiale création en suggérant dans l’énumération même de la création, qu’il existe une antériorité. De plus en plus les auteurs semblent s’emmêler les pinceaux et, encore et toujours la traduction relève de l’incompétence ou de la tentative de maquillage, de contradictions et d’illogismes. Le mobile semble ici évident. Une traduction correcte et intègre mettrait à mal le dogme défendu.

Un petit tour de passe-passe lexical maladroit arrange bien les affaires de tout le monde. Cela évite au traducteur d’expliquer la contradiction et au croyant de s’interroger sur la véracité du texte. D’ailleurs en Gn3.24, l’identique מִקֶּדֶם – mikedem, est traduit par «en avant». En Gn11.2, toujours le même, מִקֶּדֶם – mikedem, est traduit «de l’orient» (ce qui posera le moment venu un autre problème conceptuel). En Gn12.8: «à l’est» et «à l’orient». En Gn13.11: «du côté oriental». En Nb34.11: «A l’orient». À quel malsain se vouer? Il est très nettement possible de traduire à chaque fois par «d’avant» ou «antérieur». Ce qui change notablement le sens du texte, puisqu’à chaque fois cela sous-entend un épisode dans le passé ou d’une antériorité à ce qui existe. Terminons en rapportant les références ultérieures du texte, où «à l’orient» est signalé par מִזְרְחָה – mizra’hah: Ex27.13 ; 38.13. Nb 2.3 ; 3.15 ; 3.38 ; 32.19. Dt3.17 ; 4.41.

Gn 2.10 – Le Jardin d’Éden: impossibilités géographiques et conceptuelles

א-ב.י וְנָהָר יֹצֵא מֵעֵדֶן, לְהַשְׁקוֹת אֶת-הַגָּן; וּמִשָּׁם, יִפָּרֵד, וְהָיָה, לְאַרְבָּעָה רָאשִׁי

«Gn 2.10 Un fleuve sortait d’Éden pour y arroser le jardin, de là il se divisait en quatre bras.»TO

Il devrait donc être géographiquement possible de localiser le jardin d’Éden puisqu’il est décrit comme la source de quatre fleuves, a priori mésopotamiens, dont le Tigre et l’Euphrate. Ces deux fleuves ne jaillissent absolument pas de la même source. Une telle curiosité hydrologique, si elle existait, ne passerait pas inaperçue. Si ces fleuves ont eu une existence antédiluvienne et perpétuité postdiluvienne, immanquablement, leur source aussi. Cette dernière précision réfute l’argument (ou l’excuse) de la destruction par le déluge. Tout déluge qu’il put y avoir, il eut s’agit d’une averse prolongée et d’une inondation progressive ou brutale.

Jusqu’à aujourd’hui aucune source ni fleuve ne semblent avoir été rayés d’une carte pour cause d’inondation. Justement, une crue n’est-il pas le propre d’un fleuve. Ajoutons que plus loin, la traduction précise: «Gn 3.24 Ayant chassé l’homme, il posta en avant du jardin d’Éden les chérubins, avec la lame de l’épée flamboyante, pour garder les abords de l’arbre de vie.»TO

Ce point aurait dû faciliter la découverte rapide du jardin d’Éden. En admettant que les chérubins réussissent à passer inaperçus. Une épée flamboyante permettrait une localisation presque plus facile de nuit que de jour.

Dans l’épopée sumérienne de Gilgamesh, lorsqu’il s’introduit au «Dilmun»/«Jardin d’Éden», il doit terrasser, pour progresser, d’étranges gardiens du jardin: «Gilgamesh met en pièces Ceux-de-pierre…», tablette X de l’épopée[2]. La garde du jardin par des créatures surnaturelles était déjà entendue par les premiers rédacteurs du mythe, les sumériens.

Gn 2.21 – La Création de l’Homme: source antérieure et problème traductionnel

Les mêmes analystes avisés qui ont noté un jeu de mot entre «limon» et «ce qui donne la vie» en Gn2.7, relèvent ici une autre transcription maladroite concernant la côte d’Adam, d’où serait extraite la femme. La racine ti sumérienne, si elle désigne la «côte», signifie aussi «faire vivre». La remarque selon laquelle le rédacteur à choisi le mauvais terme est plus qu’éloquente. Là où un peu de science-fiction cohérente aurait dû donner «Le genre féminin est issu d’un prélèvement de matériel génétique initialement masculin, sous anesthésie générale.» on arrive à:

א-ב.כא וַיַּפֵּל יְהוָה אֱלֹהִים תַּרְדֵּמָה עַל-הָאָדָם, וַיִּישָׁן; וַיִּקַּח, אַחַת מִצַּלְעֹתָיו, וַיִּסְגֹּר בָּשָׂר, תַּחְתֶּנָּה

«Gn 2.21 L’Éternel-Dieuyehvah-elohim fit peser une torpeur sur l’Homme, qui s’endormi; il prit une de ses côtes, et forma un tissu de chair à la place.»TO

Ceci ramène les rédacteurs à des «copistes-traducteurs-bricoleurs-amateurs» et non pas à des «auteurs brillants et cohérents».

En outre, la traduction laisse à nouveau à désirer. Une traduction secondaire plus exacte pour le sens malgré le style meilleur de la forme «TO» est: «Gn 2.21 Dieu plongea l’homme dans un état d’inconscience profonde, et il s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma cet endroit par un tissu de chair.»TS

Pour clore la traduction littérale stricte donnerait: «fit tomber yehvah-elohim anesthésie sur-l’homme dormit pris de-sa-côte ferma chair inférieure-à-elle.»TB. À méditer…

Aberration biologique et anthropologique

Soulignons ici, outre l’aberration anthropologique qui voit d’après la torah naître l’homme de la poussière puis la femme d’une côte de l’homme en moins d’un jour il y a moins de 6000 ans en Mésopotamie, l’actuel Irak (tout cela d’après le sacro-saint sens littéral incontestable selon le dogme). Pour rappel, l’anthropologie n’atteste pas l’apparition de l’homme au Moyen-Orient mais plutôt en Afrique.

Arithmétique costale

Si on considère qu’un être humain normalement constitué est doté de 12 côtes, lui-même descendant de parents dotés de 12 côtes, on peut conclure qu’Adam et Ève disposaient eux aussi de 12 côtes à leur création et donc qu’Adam à sa mort avait 12 côtes d’un côté et 11 de l’autre, pour ceux qui se poserait la question. On peut donc supposer que le père Noël qui existe, j’en ai même vu plusieurs dans des supermarchés, qui, comme toute l’humanité descend d’Adam et Ève dispose aussi de 12 côtes.

La certitude ne sera acquise qu’à l’issue de l’autopsie qui pourrait se faire attendre au moins 900 ans. Tout porte à croire que le père Noël est un descendant d’Énoch, qui serait d’après la légende monté au ciel dans un chariot volant. Il est possible que le père Noël utilise le même type de moyen pour se déplacer, son traineau volant.

Si les générations biblique se voyait conférer une longévité exceptionnelle, songeons ici à Mathusalem le fils d’Énoch, qui vécut 969 ans et si le père Noël est né en 1931: l’autopsie a des chances de pouvoir être réalisé avant l’an 3000. C’est une estimation optimiste en vertu du fait que le père Noël pourrait décider de faire comme son aïeul le jour de sa retraite et repartir directement au ciel avec son traineau et ses rennes.

Gn 2.22 – La Création de la Femme: contradiction

א-ב.כב וַיִּבֶן יְהוָה אֱלֹהִים אֶת-הַצֵּלָע אֲשֶׁר-לָקַח מִן-הָאָדָם, לְאִשָּׁה; וַיְבִאֶהָ, אֶל-הָאָדָם

«Gn 2.22 L’Éternel-Dieuyehvah-elohim organisa en une femme la côte qu’il avait prise à l’homme, et il la présenta à l’homme.»TO

En contradiction avec la traduction de: א-א.כז זָכָר וּנְקֵבָה, בָּרָא אֹתָם – «Gn 1.27 mâle et femelle furent créés à la fois.»TO

Tantôt l’homme et la femme sont créés en même temps par אֱלֹהִים – elohim–dit «dieu», tantôt la femme et créée à partir de l’homme par יְהוָה אֱלֹהִים – yehvah-elohim– dit «l’éternel-Dieu». Quelle est la bonne version et le bon créateur?

Gn 3 – La femme, l’homme et le fruit interdit: source antérieure

Au British Museum à Londres, le «Cylindre de la Tentation» sur lequel on peut voir sans méprise possible nos quatre acteurs principaux – un arbre fruitier, un (deux) serpent(s), un homme, une femme – a été fabriqué très antérieurement à la rédaction de la torah. Mille ans avant sa transmission supposée et 2800 ans avant sa rédaction effective. Il s’agit là d’une des multiples preuves matérielles indéniables attestant du plagiat toraïque. Il s’agit désormais de continuer à dépeindre l’aspect «torahic», révélant le hic, plus que l’aspect toraïque déjà entendu.

Aberration conceptuelle et morale

La femme est accusée du «péché» originel pour avoir goûté au fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

De facto, elle ne connaissait pas le bien et le mal avant de goûter au fruit. Ipso facto elle était non-consciente du mal et ne pouvait faire mal.

In extenso elle est innocente car non consciente. Certes responsable mais non coupable. À nouveau le dieu de miséricorde omniscient, omnipotent et omniprésent punit injustement un acte qu’il a lui-même provoqué.

Par qui Yehvah va être puni pour mise en danger volontaire et iniquité? Puisque devant n’importe qu’elle cour de justice, Ève serait innocenté et Yehvah condamné.

Allons plus loin. Elle pourrait tout de même être accusée d’avoir donné le fruit à l’homme une fois consciente. Mais laisser son âme sœur dans l’ignorance, l’absence de discernement que l’on vient d’acquérir soi-même et aliéné de la capacité de libre-arbitre et d’émancipation est-il bien ou mal?

Aux philosophes, les sincères et les purs et non les arrivistes sensationnalistes, de répondre. Ne doit-on pas s’adresser de nos jours, de manière révérente, selon «Beati Homo Lepidus», afin d’éviter toute excommunication intellectuelle?

En persévérant dans ce sens, entre les défauts de traductions et les interprétations partiales voire scotomisées on devrait comprendre ces versets différemment:

א3.1 וְהַנָּחָשׁ, הָיָה עָרוּם[1], מִכֹּל חַיַּת הַשָּׂדֶה, אֲשֶׁר עָשָׂה יְהוָה אֱלֹהִים[2];3.2 וַיֹּאמֶר, אֶל-הָאִשָּׁה, אַף כִּי[3]-אָמַר אֱלֹהִים[5], לֹא תֹאכְלוּ מִכֹּל עֵץ הַגָּן?[4]. 3.3וַתֹּאמֶר הָאִשָּׁה, אֶל-הַנָּחָשׁ: מִפְּרִי עֵץ-הַגָּן, נֹאכֵל. וּמִפְּרִי הָעֵץ, אֲשֶׁר בְּתוֹךְ-הַגָּן–אָמַר אֱלֹהִים[5] לֹא תֹאכְלוּ מִמֶּנּוּ, וְלֹא תִגְּעוּ בּוֹ: פֶּן[6]-תְּמֻתוּן[7].3.4 וַיֹּאמֶר הַנָּחָשׁ, אֶל-הָאִשָּׁה: [8]- לֹא-מוֹת, תְּמֻתוּן[9]. כִּי, יֹדֵעַ אֱלֹהִים[5], כִּי בְּיוֹם אֲכָלְכֶם מִמֶּנּוּ, וְנִפְקְחוּ עֵינֵיכֶם; וִהְיִיתֶם, כֵּאלֹהִים[5], יֹדְעֵי, טוֹב וָרָע.

«Gn 3.1 Mais le serpent était rusé[1], plus qu’aucun des animaux terrestres qu’avait faits l’éternel-dieu[2]. Il dit à la femme: est-il vrai que Dieu[5] a dit[3]: vous ne mangerez rien des arbres du jardin?[4]3.2 La femme répondit au serpent: les fruits des arbres du jardin, nous pouvons en manger. 3.3 Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu[5] a dit: vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez point, sous peine[6] de mourir[7]. 3.4 Le serpent dit à la femme: non[8], vous ne mourrez point[9], mais Dieu[5] sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux seront dessillés et vous serez comme Dieu[5] connaissant le bien et le mal.»TO

Afin d’ouvrir un champ de réflexion différent, il est nécessaire d’apporter quelques précisions traductionnelles.

1. «rusé», עָרוּםarum, signifie tout autant «intelligent» ou «prudent», soit en fait «avisé» qui semble retranscrire le mieux la combinaison «rusé+intelligent+prudent». Notons qu’il s’en est fallu a priori de peu que arum – עָרוּם, soit traduit par «malin» avec tout ce que cela implique. A fortiori et désormais: «rusé» semble malheureusement être perçu comme «malin»… Ajoutons que עָרוֹם – arom, d’orthographe identique signifie «nu»: paronymie embarrassante. Le serpent, sans plumes ni poil, peut en effet sincèrement être considéré comme nu. Cependant, s’il était la plus nue des créatures terrestres, Adam et Ève l’était un peu aussi, mais semblaient ne pas être considérés à juste titre comme des créatures terrestres au sens d’animaux. En Gn 3.7, 10 et 11 sera utilisé le terme עֵירֹם – eyrom, pour «nu». De ce fait, nous abandonnons la version descriptive vestimentaire du serpent.

2. «l’éternel-dieu»,יְהוָה אֱלֹהִים – yehvah-elohim.

3. «Est-il vrai que dieu a dit», אַף כִּיaf ki. Cette conjonction n’a pas de sens interrogatif à proprement parler. הכי – hakhi ou וכי – vekhi, signifient «est-ce-vraiment?». Mais,אף כי – af ki, composé de אף – af, «même (infléchissement de malgré), aussi (infléchissement de pourtant)» et de כי – ki, «que, car, parce que». Le sens combiné de אף כי – af ki, est généralement entendu par: «même si, à plus forte raison», manière dont il sera traduit en Pv19.7 ; CrII32.15 ; en SmII 4.11, «combien plus» ; en Jb35.14, «combien moins» ; en Ez 15.5, «maintenant que».

4. «?». Qu’est ce qui autorise le traducteur à poser ici une interrogation. Les signes d’exclamation ou d’interrogation, n’existent pas en hébreu biblique. Un point ou un point d’exclamation sont tout aussi possibles. Mais le sens du texte change alors radicalement selon les options, comme nous le suggèrerons. «Vous voulez cela?», «Vous voulez cela!», «Vous voulez cela.».

5. «dieu», אֱלֹהִיםelohim.

Deux dénominations divines à partir desquelles on peut s’interroger (toujours en vertu des pluriels rapportés à elohim), si le créateur et le/les narrateur/s sont d’essence identique.

6. «sous peine de», פֶּןpen. Le «sous peine de» induit une conséquence punitive. L’induction de «sous-peine» est proche de pen en termes de sonorité, ce qui l’a peut-être induit. Mais cette légèreté (pour peu que ce ne soit pas une disgrâce intentionnelle, masquée par un désir prétendu de style, qui génère dans tous les cas une déviation conceptuelle) est lourde de sens. פן – pen, signifie précisément «pour ne pas que» avec un sens préventif neutre. La nuance entre par exemple, «sous peine d’être affamé» et «pour ne pas être affamé» altère notablement le sens de ce qui précède ou suit.

7. «mourir», תְּמֻתוּן, s’il est difficile à traduire non pas de par son sens mais de par le fait que la langue d’arrivée n’en admet pas l’usage, se traduirait par «mortalisation», soit «déclinaison vers un statut mortel». De mourir à devenir mortel, il y a un fossé énorme.

8. «non». Mot ajouté. Il n’y a qu’une négation, celle de la phrase elle-même. Le «non» et un ajout abusif attribué au serpent. Ce qui change aussi le sens. Par exemple: la différence entre «Non, vous ne mourrez pas!» et «Vous ne mourrez pas.» est sensible.

9. «vous ne mourrez point», לֹא-מוֹת, תְּמֻתוּן . Rien n’est conjugué ici. Il n’y a pas de «vous …ez». Les deux mots לֹא-מוֹת, תְּמֻתוּן, signifient littéralement «pas (la) Mort… ‘mortalisation’ (induction de la mortalité)».

Ajoutons ici les consignes initiales de Yehvah, en ses mots, d’après le texte, en 2.16:

וַיְצַו יְהוָה אֱלֹהִים, עַל-הָאָדָם לֵאמֹר[1]: מִכֹּל עֵץ-הַגָּן, אָכֹל תֹּאכֵל[2]. וּמֵעֵץ, הַדַּעַת טוֹב וָרָע–לֹא תֹאכַל, מִמֶּנּוּ: כִּי, בְּיוֹם אֲכָלְךָ מִמֶּנּוּ–מוֹת תָּמוּת[3]

«Gn 2.16 L’Éternel-Dieuyehvah-elohim donna un ordre à l’homme, en disant[1]: de tous les arbres du jardin tu peux t’en nourrir[2]. 2.17 Mais l’arbre de la science du bien et du mal, tu n’en mangeras point. Car le jour où tu en mangeras, tu dois mourir![3]»TO

À nouveau, voici une petite révision de la traduction:

[1]: «…Yehvah ordonna… en disant» לֵאמֹר, leemor. La précision est importante! Il est vrai que Yehvah aurait pu envoyer un fax ou faire des gestes. Je ne souligne là que la maladresse traductionnelle. לאמור – leemor, est en général traduit par «en ces termes» mais signifie «dire, en disant». Ce qui aurait dû donné, si mieux traduit: «Yehvah ordonna à l’homme en ces termes …»VA ; ou «Yehvah donna un ordre à l’homme en disant…»VA ; ou encore, «Yehvah ordonna verbalement à l’homme…»VA.

[2]: «tu peux t’en nourrir», אָכֹל תֹּאכֵלakhol tokhel. Mais, «tu pourras manger» devrait se traduire sans objection possible: תוכל לאכול – toukhal leekhol. אכל תאכל – okhal tokhal, signifie «je mangerais tu mangeras». Ce qui donne: «…de tous les arbres du jardin je mangerais tu mangeras.»VR

[3]: «tu dois mourir!», מוֹת תָּמוּת. Primo, il faut traduire «(de) mort tu mourras». Secundo, l’exclamation est ici encore ajoutée par le traducteur. Nuance: «Tu dois mourir!» et «Tu vas mourir…». On peut essayer avec son voisin. Il risque de comprendre le premier sens comme une agression ou une malédiction et le second comme un constat fataliste et pessimiste passif, certes inopportun hors du contexte d’une discussion philosophique ou spirituelle.

Une traduction plus correcte serait donc:

«Ordonna yehvah-elohim à l’homme, en disant: de tout arbre du jardin, je mangerais, tu mangeras. Mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas. Car le jour où tu en mangeras, tu mourras (de mort).»VR

Un curieux doute persiste: pour dire, «Tu ne mangeras pas de l’arbre» en signifiant «de lui», il est en effet possible d’user de מִמֶּנּוֹ – mimeno, «de lui». Le problème réside dans le fait que le texte présente מִמֶּנּוּ – mimenu, qui signifie tout autant «de nous» que «parmi nous». Puisque le verset fait référence à un arbre dont on ne peut manger que «de lui» et non «de nous», il devient alors nécessaire de transposer le «parmi nous». Une traduction à nouveau révisée donnerait: «Ordonna yehvah-elohim à l’homme, en disant: de tout arbre du jardin, je mangerais, tu mangeras. Mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas parmi nous. Car le jour où tu mangerais parmi nous, tu mourras (de mort).»VR

Précisons ici qu’Ève ne sera baptisée comme telle par Adam lui-même, qu’à l’issue de l’incident du jardin.

«Gn 3.20 L’homme donna pour nom à sa compagne «Ève» parce qu’elle fut la mère de tous les vivants.»TO

Ève n’est d’ailleurs que la francisation de חַוָּה – ‘havah.

Ce qu’il faut toutefois remarquer, c’est tout d’abord, que Yehvah donne l’ordre à l’homme, deuxième personne du singulier תאכל – tokhal – «TU mangeras», de ne pas consommer «de l’arbre» עץ – ‘ets. Pourtant, plus loin, Ève dira au serpent qui venait de prononcer la phrase «… VOUS ne mangerez rien des ARBRES du jardin.»: «les FRUITS (פרי – pri ) des arbres du jardin, NOUS pouvons en manger… VOUS n’en mangerez pas… VOUS n’y toucherez point…». Dans le texte, n’apparait aucun ordre de Yehvah au pluriel, ni la spécification de sa part du fruit et dont bien plus que l’arbre désigné. Cela suppose deux choses. Soit, «la femme», האשה – haishah, a extrapolé, interprété ou s’est emmêlées les idées, puisque qu’elle change et enjolive l’affirmation, (en général immuable…!?) de Yehvah. Soit, il manque des lignes de texte. Cette ellipse est une fois de plus coûteuse de sens.

Dans le premier cas, si l’affirmation initiale de Yehvah par ces mots lui-même interdit «à l’homme de ne pas manger de l’arbre», pourquoi reproche-t-on à «la femme» (jamais nommée «Ève» dans ce passage, pour information) de le faire puisqu’elle n’aurait pas reçu ce commandement? Dans ce cas, l’homme est entièrement responsable et les paroles de «la femme» ne sont que extrapolation, spéculation, interprétation ou mécompréhension mais en aucun cas le reflet d’un interdit direct, collectif et spécifiant des fruits. Cela signifie aussi que c’est le serpent qui dit la vérité puisqu’il ne fait que reprendre la parole de dieu lui-même. Enfin un serpent honnête!

Dans le second cas, si «la femme» tient ses consignes de Yehvah lui-même, cela suggère qu’il manque des lignes de textes. S’il manque des lignes de texte aussi importantes que les ordres de Yehvah lui-même, il peut alors très bien manquer des lignes de texte décrivant la rencontre et la discussion entre «la femme» et le serpent. Cela implique que leur dialogue peut être facilement amené hors contexte.

Enfin, dieu menace l’homme de «mourir (de mort)» alors que plus loin, c’est la «mortalité» qui sera évoquée par «la femme» et confirmé en toute honnêteté et sincérité par notre «avisé» serpent.

Pourquoi Yehvah a-t-il menti?

Dès lors que ces précisions sont apportées, on peut dans un premier temps corriger la traduction initiale erronée:

«Et le serpent était le plus (rusé, intelligent, prudent) avisé {nu} des animaux terrestres qu’avait fait Yehvah elohim. (… texte manquant?) …à plus forte raison elohim a dit vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin. Et la femme dit au serpent: des fruits de l’arbre du jardin nous mangerons. Mais des fruits de l’arbre de l’intérieur du jardin elohim a dit: vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas pour ne pas mortaliser. Le serpent dit à la femme: pas la mort, la mortalité.»VR (… texte manquant?…) …

Jusqu’à présent l’histoire est déformée, comprise et interprétée comme celle d’une femme, perverse, désobéissante et malgré tout abusée de surcroît par un serpent maléfique.

Après notre démonstration on peut donner un sens plus cohérent à l’histoire. Qui, de plus, innocente et valorise tant la femme que le serpent.

Le serpent avisé et d’ailleurs doté par son créateur de la parole rencontre Ève dans le jardin dans lequel il a été mis comme elle par Yehvah-Elohim: ils papotent. Au fil de la discussion le serpent bienveillant, redemande à Ève si elle a bien compris la consigne de Yehvah-Elohim. Notre serpent avisé semble comprendre qu’Ève semble ne pas être très maligne et pourrait s’être fourvoyée tant sur la consigne que son but. Ève répète, soit des paroles erronées, soit qu’elle a mal comprise. Le serpent clarifie juste la question.

Si nous devions porter le dialogue au théâtre burlesque, voici ce que cela pourrait donner (pardon pour l’image de la femme et les clins d’œil lancés aux Ève, mais je me dois de tempérer mes tendances pro-féministes afin qu’elles ne soient pas mésinterprétées:

De fil en aiguille, le serpent en vient aux consignes de sécurité du jardin…

Le serpent s’accorde un moment de réflexion et se dit en lui-même: «Elle commence à me fatiguer celle-là! Vivement qu’elle grandisse pour ensuite tempérer, équilibrer et faire grandir l’homme. D’ailleurs, c’est pas gagné non plus! Celui-là aussi, c’est tout sauf une flèche… en outre, lorsqu’on voit le niveau des premiers enfants qu’ils auront… un assassiné et un criminel… si il continue comme ça, il va finir par écrire un truc aussi monstrueux qu’une torah par exemple… après tout, si Yehvah… euh… Elohim… euh… enfin l’autre là, le veut comme ça, c’est lui qui a voulu essayer de créer… marre!…». Puis il reprend:

Le midrash imaginaire selon Yaacov LEVY, inspiré du midrash[3] yahwiste (lui aussi imaginaire).

Le serpent pour anecdote

Nous relèverons la curiosité qui dote de la parole un serpent sans chercher pourquoi une espèce aussi répandue que le serpent a perdu l’usage de la parole en moins de 6000 ans. D’ailleurs, l’autre espèce citée dans cette histoire semble, elle, avoir progressivement perdu l’usage de l’intelligence en 6000 ans…

א-ג.א וְהַנָּחָשׁ, הָיָה עָרוּם, מִכֹּל חַיַּת הַשָּׂדֶה, אֲשֶׁר עָשָׂה יְהוָה אֱלֹהִים

«Gn 3.1 Mais le serpent était rusé plus qu’aucun des animaux terrestres qu’avait fait l’Éternel-Dieuyehvah-elohimTO

Tout d’abord, à ceux qui voudraient croire que le singe, le chien, le chat et d’autres, pourrait faire partie des animaux terrestres les plus intelligents, Yehvah impose le serpent.

Il semble plus difficile de dresser un serpent qu’un chien par exemple. Comment expliquer que l’espèce dite la plus rusée, par ailleurs douée de la parole jadis, soit muette aujourd’hui et facilement piégeable. De toute façon je concède aisément qu’un serpent d’avalanche ou qu’un serpent pour aveugle puisse être une chose pour le moins étrange.

Autre détail:

א-ג.יד וַיֹּאמֶר יְהוָה אֱלֹהִים אֶל-הַנָּחָשׁ, כִּי עָשִׂיתָ זֹּאת, אָרוּר אַתָּה מִכָּל-הַבְּהֵמָה, וּמִכֹּל חַיַּת הַשָּׂדֶה; עַל-גְּחֹנְךָ תֵלֵךְ, וְעָפָר תֹּאכַל כָּל-יְמֵי חַיֶּיךָ.ג.טו וְאֵיבָה אָשִׁית, בֵּינְךָ וּבֵין הָאִשָּׁה, וּבֵין זַרְעֲךָ, וּבֵין זַרְעָהּ: הוּא יְשׁוּפְךָ רֹאשׁ, וְאַתָּה תְּשׁוּפֶנּוּ עָקֵב

«Gn 3.14 L’Éternel-Dieuyehvah-elohim dit au serpent: parce que tu as fait cela, tu es maudit entre tous les animaux et entre toutes les créatures terrestres: tu te traîneras sur le ventre et tu te nourriras de poussière tous les jours de ta vie. 3.15 Je ferai régner la haine entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne: celle-ci te visera à la tête et toi tu l’attaqueras au talon.»TO

Si effectivement le serpent est un animal rampant depuis plusieurs millions d’années, rien dans les références historiques et statistiques de l’humanité n’atteste que les attaques de serpent visent systématiquement les talons, ni que les méthodes de chasse consistent à frapper la tête de l’animal. Il semblerait que l’usage de fourches ait été prédominant.

En outre, il semble difficile d’affirmer que l’intégralité des femmes haïssent les serpents, plus particulièrement les nombreuses reptilophiles. De même, comment affirmer qu’un serpent haïsse et plus spécialement les femmes que les hommes. Il semble que plusieurs décennies de zoologie moderne ne soit pas arrivée à mettre en évidence la psychologie profonde du serpent.

Dernier détail: un serpent ne se nourrit pas de poussière.

Telle que l’histoire est racontée le dieu omniscient, omnipotent et omniprésent ne paraît donc ni omniscient ni omniprésent: א-ג.ט וַיִּקְרָא יְהוָה אֱלֹהִים, אֶל-הָאָדָם; וַיֹּאמֶר לוֹ, אַיֶּכָּה–
«Gn 3.9 L’éternel-dieu(yehvah-elohim) appela l’homme et lui dit: où es-tu?»TO. Puis, seulement deux versets après: א-ג.יא וַיֹּאמֶר–מִי הִגִּיד לְךָ, כִּי עֵירֹם אָתָּה– «Gn 3.11 Alors il dit: qui t’a appris que tu étais nu?»TO. Ceci démontre qu’il ne sait pas ce qui s’est passé ni où se trouve Adam. De facto, cela génère un doute certain sur la prétendue omniscience et omniprésence divine. Ce qui est du plus mauvais effet dans un texte qui vise justement à tenter d’y faire croire. Il s’agit d’une maladresse de plus de la part du rédacteur.

Gn 3.22 – L’Homme: élévation soudaine au rang des dieux et panique yehvahique

א-ג.כב וַיֹּאמֶר יְהוָה אֱלֹהִים, הֵן הָאָדָם הָיָה כְּאַחַד מִמֶּנּוּ

«Gn 3.22 L’Éternel-Dieuyehvah-elohim dit: Voici l’homme devenu comme un de nous.»TO

Encore, une utilisation d’un pluriel, fâcheuse pour un «dieu unique».

Ce verset enjoint-il à considérer désormais l’homme comme un demi-dieu dérangeant ses homologues par son nouveau statut?

Gn 4 – Des Patronymes yehvahiques: multiplication inexpliquée

Changement de dénominatif divin qui passe de יְהוָה אֱלֹהִים – yehvah-elohim– traduit abusivement par «L’éternel-dieu»TO à יְהוָה – yehvah–«dieu»TO. Là encore le style change notablement.

Gn 4.1 – Caïn et Abel: problème moral et incohérence démographique

À ce stade, il y a d’après le texte, quatre habitants sur la terre.

Dès Gn4.8, «Caïn» – qayin tue «Abel» – hevel, il n’en reste donc que trois. Une femme et deux hommes? Comment Caïn peut-il faire des enfants sans s’accoupler soit, à sa propre mère, soit, à une sœur ultérieure qu’il devra attendre. Dans tous les cas la situation amène à une impasse incestueuse (pourtant gravement condamnée par cette même torah). Il semblerait que Yehvah s’en contente ou qu’il ait manqué de terre pour créer plus d’hommes permettant d’éviter toute consanguinité.

À ce propos, on trouve: א-ד.טז וַיֵּצֵא קַיִן, מִלִּפְנֵי יְהוָה; וַיֵּשֶׁב בְּאֶרֶץ-נוֹד, קִדְמַת-עֵדֶן… – «Gn 4.16 Caïn se retira de devant l’Éternelyehvah et séjourna dans le pays de Nôd à l’orient d’Éden. 4.17 Caïnqayin connut sa femme, elle conçut et enfanta Hénoc‘hanokh…»TO

Deplus, toujours dans le même verset, א-ד.יז …וַיְהִי, בֹּנֶה עִיר, וַיִּקְרָא שֵׁם הָעִיר, כְּשֵׁם בְּנוֹ חֲנוֹךְ - «4.17 …Caïnqayin bâtissait alors une ville qu’il désigna du nom de son fils Hénoc‘hanokhTO Cela suppose que Caïn à bâti une ville pour lui-même, son hypothétique femme et son fils, soit pour trois personnes ou au pire cinq si Adam et Ève décident de déménager. On pourrait trouver ambitieux et disproportionné qu’un homme seul réussisse à construire «une ville» éponyme de son fils, et non pas un hameau ou un village, et ce pour cinq personnes au mieux.

Si l’humanité voit son départ entaché de meurtre et d’inceste: comment comprendre que Yehvah accorde un sauf-conduit à l’assassin fratricide qu’est Caïn.

א-ד.טו וַיֹּאמֶר לוֹ יְהוָה, לָכֵן כָּל-הֹרֵג קַיִן, שִׁבְעָתַיִם, יֻקָּם וַיָּשֶׂם יְהוָה לְקַיִן אוֹת, לְבִלְתִּי הַכּוֹת-אֹתוֹ כָּל-מֹצְאוֹ

«Gn 4.15 L’Éternelyehvah lui-dit: aussi quiconque tua Caïnqayin sera puni au septuple. Et l’Éternelyehvah le marqua d’un signe pour que personne ne le rencontrant ne le frappât.»TO

Au-delà de l’aspect étonnant de l’amnistie accordé à l’homme responsable de la mort du quart de la population mondiale de l’époque. Qui, Caïn a peur de rencontrer avant plusieurs années puisque d’après le texte et à ce stade, répétons qu’il n’y que trois habitants sur terre? Si on exclut le serpent mais on inclut les chérubins de garde au jardin d’Éden, on pourrait au mieux, monter jusqu’à cinq.

Gn 4.23 – Lamec: amnistie amorale

א-ד.כג וַיֹּאמֶר לֶמֶךְ לְנָשָׁיו, עָדָה וְצִלָּה שְׁמַעַן קוֹלִי–נְשֵׁי לֶמֶךְ, הַאְזֵנָּה אִמְרָתִי: כִּי אִישׁ הָרַגְתִּי לְפִצְעִי, וְיֶלֶד לְחַבֻּרָתִי.ד.כד כִּי שִׁבְעָתַיִם, יֻקַּם-קָיִן; וְלֶמֶךְ, שִׁבְעִים וְשִׁבְעָה

«Gn 4.23 Adaa’adah et Cillatsilah, écoutez ma voix! Femmes de Lameclemekh, prêtez l’oreille à ma parole! J’ai tué un homme parce qu’il m’avait frappé, et un jeune homme à cause de ma blessure. 4.24 Si Caïnqayin doit être vengé sept fois, Lameclemekh le sera soixante-dix-sept fois.»TO

Tout d’abord, comme à l’accoutumée, la traduction est encore édulcorée. On traduit ici, ילד – yeled, par «jeune homme». ילד – yeled, signifie «enfant». Après l’immunité protective accordée à Caïn, c’est Lamec qui bénéficie d’une «double» immunité protective après le meurtre d’un homme et d’un enfant.

Si le motif du meurtre est aussi inqualifiable que la disproportion de la réponse (assassinat d’un homme pour un coup et d’un enfant pour une blessure), l’immunité conférée par Yehvah est tout autant inacceptable qu’incompréhensible, qu’écœurante. Le droit, conféré par Yehvah, de tuer hommes et enfants en toute impunité et avec bénéfice protectif pour un motif ne justifiant en rien l’acte disproportionné, ne peut conduire par exemple, chez tous ceux qui s’en satisferaient, à ouvrir le feu avec un obus antipersonnel de 120mm depuis un blindé de combat lourd… sur des enfants qui jettent des pierres. Puis oser parler de légitime défense plus que d’illégitime agression.

Le ou les barbare/s agissant ainsi porteront à leur crédit que Yehvah compris comme «Dieu Absolu» a gracié et protégé, deux de leurs ancêtres, pour un acte similaire, et ainsi, que puisque cela plait à Yehvah présenté comme «Dieu Absolu», il n’y a aucune raison de s’en priver.

Au-delà de ce constat émétique, si on considère que Yehvah confère à ses créature une protection de valeur 7 pour le meurtre d’un homme, et de valeur 77 pour le meurtre d’un homme et d’un enfant, cela implique qu’un psychopathe responsable de six millions de mort (dont des enfants), aurait reçu une immunité-protective de (777 pour 3, 7777 pour 4… 7777777777 pour 10… 777777777777777777777777777777777777777777777777777777777777777777777777777777777777777777777 pour 100…) six million de 7 à la file. Cela ne représente pas moins de 1200 pages remplies de 7, dans ce format. Heureusement qu’un tel être, descendant d’Adam et Ève au sein de la création de Yehvah, n’ait pas existé… L’encouragement et la protection divine des crimes de sang risquent d’inciter de nombreux criminels sanguinaires à se convertir au judaïsme primitif, ce qui est passablement préoccupant.

Gn 5 – Adam: générations – incohérence biologique.

À partir de ce chapitre son évoqué les générations depuis Adam et leur exceptionnelle longévité. 930 ans pour Adam… 969 ans pour Mathusalem… 777 ans pour Lamec (pour le cas, le 7 semble être spécialement récurent chez certains innommables meurtriers)… Il est surprenant, tout d’abord d’entendre que des individus aient pu vivre près d’un millénaire, il y a à peine 3000 ans, sans qu’aucune civilisation de l’époque dotée de l’écriture et de la science historique n’en fasse mention. Noé aurait vécu 950 ans et serait mort en 1754AEC sans que cela ne se remarque.

En outre, soulevons un petit point cocasse pour tenter malgré tout de sourire à nouveau. Contre tout constat réel et établi d’allongement de l’espérance de vie au fil de l’évolution humaine: la torah affirme que l’espérance de vie diminue. Adam de l’an 1 aurait vécu 930 ans et Moïse serait mort à 120 ans, 2488 ans après la création. Cela génère une diminution de l’espérance de vie de 7.75 par 2500 ans. Si ce processus avait continué, l’espérance vie aurait été de 15 ans au temps des croisades puis inférieur à la puberté au temps de la renaissance. L’impossibilité d’engendrer une descendance et de l’éduquer aurait impliqué la disparition du genre humain il y a 500 ans.

Genèse 6

Gn 6.2 – «Fils de la race divine»: problème conceptuel

א-ו.ב וַיִּרְאוּ בְנֵי-הָאֱלֹהִים אֶת-בְּנוֹת הָאָדָם, כִּי טֹבֹת הֵנָּה; וַיִּקְחוּ לָהֶם נָשִׁים, מִכֹּל אֲשֶׁר בָּחָרוּ

«Gn 6.2 Les fils de la race divine trouvèrent que les filles de l’homme étaient belles, et les choisirent pour femme toute celles qui leur convinrent.»TO

Dans le texte même qui affirme qu’il n’y a qu’un dieu responsable de toute la création on affiche ici des fils de la race divine. Cela implique qu’il y ait une reproduction divine et que ainsi et une fois de plus אלהים – elohim, ne signifie pas «dieu» mais les «les dieux» voire autre chose.

Cela va dans le sens du colportage de la croyance sumérienne qui parle «d’êtres supérieurs» ayant créés le genre humain.

De plus, le fait qu’un être quel qu’il soit puisse s’accoupler avec une femme humaine impose que celui-ci soit doté de similarité morphologique et de mécanismes sexuels proches du genre humains. Si on traduit אלהים – elohim, par «race divine» et/ou «les divins», qui somme toute est la meilleure traduction possible: il faut reprendre celle-ci depuis le début.

Ce qui donnerait pour quelques exemples de passages:

«Gn 1.1 Au commencent, la race divine créa les cieux et la terre…»VR.

«Gn 2.2… et la race divine se reposa le septième jour de toute l’œuvre qu’elle avait faite.»VR. A priori, il existerait des limites physiologiques et des conventions syndicales chez les êtres supérieurs. Cela impliquerait-il que Force Ouvrière serait sponsorisée par des extraterrestres sur-évolués? D’ailleurs, de F.O. à U.F.O., il n’y a qu’un pas, ou plutôt qu’un U.

«Gn 3.3 Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, la race divine a dit: vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez point, sous peine de mourir.»VR.

«Gn 3.22 Yehvah race divine dit: voici l’homme devenu comme un de nous.»VR.

L’usage alternatif de conjugaisons au singulier ou pluriel s’explique très bien du fait de la conception même du mot «elohim».

Comme pour un groupe ou une équipe, on peut l’utiliser suivant les tournures ; des singuliers et des pluriels voire des masculins et féminins.

Par exemple: … le groupe des «Elohim’s™» s’est qualifié [masculin singulier] pour représenter la première religion monothéiste dévastatrice. Les «Elohim’s™» ont été battus [masculin pluriel] au second tour par une équipe montante de Nazareth. L’équipe des «Elohim’s™» a été reléguée [féminin] face aux équipes de Nazareth et de la Mecque actuellement en pôle…

Quoiqu’il en soit, cela confirme que si l’entité peut être considérée comme une, sa composition est multiple. Tout est fait pour faire passer la dragée, via une traduction élémentaire, aux croyants naïfs et non-instruits.

Il est saisissant de constater que, malgré plusieurs affirmations claires et précises par la torah elle-même, non par une source extérieure, les «elohim» sont décrit comme des êtres supérieurs ou divins, la traduction et l’intégration du sens de «les dieux» sera ramené à «dieu unique» de manière exclusive. Si les fakirs réussissent réellement à avaler des couleuvres, les yahwistes réussissent à faire avaler des boas constricteurs géants à leurs ouailles.

Le plus inquiétant vient du fait que certains «endurcis» passent plusieurs heures par jour dans l’étude de la torah et ce, pendant toute leur vie et induisant une pratique transgénérationelle de cette habitude, sans avoir jamais relevé une seule de ces incohérences significatives. Preuve est faite que le brouillage en place fonctionne.

Le plus décevant provient du triste constat que nous n’ayons jamais su utiliser une telle force de persuasion et de conviction à bon escient. Avec de tels talents, il serait possible de convaincre l’homme d’établir la paix dans le monde et d’y abolir la faim. Si au moins ils avaient pu écrire dans leur torah des principes comme «Ne pas tuer» ou «Aimer son prochain»… que serait le monde aujourd’hui?

Si l’amour rend aveugle, la foi rend aveugle, stupide… et dangereux.

Gn 6.3 – L’Émancipation de l’Homme: conflits conceptuels

א-ו.ג וַיֹּאמֶר יְהוָה, לֹא-יָדוֹן רוּחִי בָאָדָם לְעֹלָם, בְּשַׁגַּם, הוּא בָשָׂר; וְהָיוּ יָמָיו, מֵאָה וְעֶשְׂרִים שָׁנָה

«Gn 6.3 L’Éternelyehvah dit: mon esprit n’animera plus l’homme pendant une longue durée, car lui aussi devient chair. Leurs jours seront réduits à cent-vingt ans.»TO

Il n’y a aucune trace de «pendant une longue durée» ni de «lui aussi». D’ailleurs ce «lui aussi», qui n’est qu’un ajout injustifié et inexplicable de la traduction, laisserait supposer que dieu aussi est charnel. Plutôt maladroit.

Cela nous ramène à la création du monde et de l’homme d’après la vision sumérienne antérieure. Les êtres supérieurs, à l’issue du déluge, décident finalement de le limiter plus encore (ce fut fait auparavant) dans sa non-immortalité. Serions-nous au bord du plagiat?

Le passage sera mieux traduit ainsi: «Yehvah dit: mon esprit ne sera pas condamné éternellement à l’intrication dans l’homme, il est chair, ses jours seront de cent-vingt ans.»VR

Trois problèmes conceptuels ici.

Le premier: le fait qu’il soit clairement indiqué que jusqu’à présent, l’homme était animé par la volonté yehvahique. Ipso facto, tous les actes humains étaient plus que commandités mais bel et bien orchestrés et voulu par Yehvah lui-même. Cela impute la responsabilité du «péché originel» et du «premier meurtre de l’humanité» à Yehvah en personne. Il est désormais plus aisé de comprendre pourquoi une immunité protective est alors accordée à Caïn pour fratricide, mais étrange de constater l’expulsion et la punition d’Adam et Ève, puisque d’après le verset c’est bien Yehvah lui-même qui «animait l’homme». Yehvah devient coupable des actes de ses créatures et doublement coupable des mesures excessives ou immorales qu’il prendra à leur encontre.

Le second: a partir de ce moment les hommes des nouvelles générations devraient donc vivre 120 ans soit, strictement et absolument, soit, au mieux. D’après ce principe, aucun homme né après le déluge ne devrait pas vivre plus de 120 ans. Que trouve-t-on dans la genèse? 11.12, Arphaxad, 438 ans ; 11.14, Chela’h, 433 ans ; 11.16, Héber, 464 ans ; 11.18, Péleg, 239 ans ; 11.20, Réou, 239 ans ; 11.23, Séroug, 230 ans ; 11.24, Na’hor, 148 ans ; 11.32, Tera’h, 205 ans ; 25.7, Abraham, 175 ans ; 25.7, Sarah, 127 ans ; 23.1, Isaac, 180 ans ; 35.28, Jacob, 147 ans ; Lévi, 137 ans ; Kehath, 133 ans ; Amram, 137 ans, et enfin Moïse qui seul respecte la péremption divine, 120 ans. Aaron lui-même décèdera peu de temps avant Moïse à l’âge de 123 ans (Nb 33.39).

J’ajouterai que comme beaucoup d’autres qui ont réellement vécu contrairement aux imaginaires patriarches, au-delà de 120 ans ; Madame Jeanne CALMANT, qui nous a quitté à l’âge de 122 ans, est soit surhumaine, soit appartenant à une autre création et d’autres règles, soit démontre une fois de plus l’invalidité totale et l’incohérence des injonctions yehvahiques.

Le troisième: lorsqu’à ce stade Yehvah affirme que l’homme devient chair, il contredit les affirmations initiales concernant la création initiale de l’homme et de la femme.

א-ב.כה וְהָיוּ לְבָשָׂר אֶחָד – «Gn 2.24 …ils (l’homme et la femme) deviennent une seule chair.»TO

א-ה.י קוֹל דְּמֵי אָחִיךָ, צֹעֲקִים אֵלַי מִן-הָאֲדָמָה – «Gn 4.10 …le sang de ton frère s’élève jusqu’à moi.»TO. Le sang est, d’après toute biologie connue, intriqué à la chair.

En quoi l’homme devient-il plus chair à ce stade que lorsqu’il a été initialement façonné chair? Il ne s’agit là que d’une redondance (de plus) contradictoire.

Gn 6.4 – Les «Déchus»: problème conceptuel

א-ו.ה הַנְּפִלִים הָיוּ בָאָרֶץ, בַּיָּמִים הָהֵם, וְגַם אַחֲרֵי-כֵן אֲשֶׁר יָבֹאוּ בְּנֵי הָאֱלֹהִים אֶל-בְּנוֹת הָאָדָם, וְיָלְדוּ לָהֶם: הֵמָּה הַגִּבֹּרִים אֲשֶׁר מֵעוֹלָם, אַנְשֵׁי הַשֵּׁם.

«Gn 6.4 Les Nefilim parurent sur la terre à cette époque et aussi depuis, lorsque les hommes de Dieuelohim se mêlaient aux filles de l’homme et qu’elles leur donnaient des enfants. Ce furent ces forts d’autrefois, ces hommes si renommés.»TO

«Gn 6.4 Les titansnefilim se trouvaient sur la terre à cette époque et même plus tard. Les fils de Dieuelohim étaient venus vers les filles de l’homme et elles leur avaient donné des enfants. [Les titansnefilim] étaient les plus puissants qui aient jamais existé, des hommes de renom.»TS

«Gn 6.4 Les nefilim étaient sur terre dans leurs jours et aussi après que vinrent les fils des elohim vers les femmes de l’homme et leur enfantèrent eux les puissants qui sont depuis les hommes de renom.»VR

On occulte encore dans la traduction officielle le fait que les nefilim «étaient» (déjà là) et non «parurent» (arrivèrent).

Si la traduction rabbinique officielle ne s’implique pas en ne faisant que translittérer נְּפִלִים – nefilim, Arye Kaplan, s’implique lourdement en parlant de «titans» et renvoie ainsi à la même mythologie grecque que tous les yahwistes s’efforcent de réfuter. Toutefois, le terme נְּפִלִים – nefilim, est communément compris comme «tombés-déchus».

L’évitement volontaire du terme «déchus» se justifie pleinement, puisqu’il implique alors l’existence d’une race supérieure dont il n’est fait mention nulle part dans la genèse, et que, Yehvah, n’est pas le seul être supérieur influent dans les sphères célestes.

Cette embarrassante transcription, n’est d’ailleurs, et qu’une fois de plus, issue de la croyance sumérienne antérieure: le mythe des dieux-géants Annunaki venus du ciel[4]. Ces nefilim sont pourtant loin d’être un vestige du passé lointain d’une race supérieure, puisque les explorateurs de Canaan en vue de son invasion rapporteront leur visu en Nb 13.33.

Gn 6.5 – Le Déluge: auto-affliction divine prédiluvienne – écueils moraux et traductionnels.

א-ו.ה וַיַּרְא יְהוָה, כִּי רַבָּה רָעַת הָאָדָם בָּאָרֶץ, וְכָל-יֵצֶר מַחְשְׁבֹת לִבּוֹ, רַק רַע כָּל-הַיּוֹם. וַיִּנָּחֶם יְהוָה, כִּי-עָשָׂה אֶת-הָאָדָם בָּאָרֶץ ; וַיִּתְעַצֵּב, אֶל-לִבּוֹ

«Gn 6.5 L’Éternelyehvah vit que les méfaits de l’homme se multipliaient sur la terre et que le produit des pensées de sont cœur étaient uniquement, constamment mauvais. Et l’Éternelyehvah regretta d’avoir créé l’homme sur la terre et il s’affligea en lui même.»TO

Il n’y a pas de «constamment» dans le verset en hébreu.

Chez les sumériens plus de mille ans au préalable, c’est à Enlil, que l’homme déplaît, qui décide de l’éradication.

Ce constat donnera plus loin lieu au déluge, qui n’a pas changé les penchants de l’homme jusqu’à nos jours faut-il le souligner. Destruction inutile fruit d’une culpabilité avouée. Donc, le produit est défectueux et mauvais. Qui l’a conçu? Qui a entériné ses penchants criminels jusqu’à lors? Puisqu’en fait, l’homme a été conçu mauvais et encouragé à l’être (Caïn… Lamec…).

Cela donnerait-il raison aux affirmations de certains grands leaders yahwistes, qui ont affirmé clairement que la shoah était le fruit d’une punition méritée de la part de Yehvah pour résultante de l’inconduite de son peuple. Fin de commentaire.

Ici, plutôt que de réparer, ce Yehvah, étrangement très (pauvrement) humain dans les sentiments qu’il éprouve (regrets, affliction) préfère se soustraire à son irresponsabilité et à son incompétence par la destruction.

Un dieu n’a pas le prétendu pouvoir de voir l’avenir? Soit, il connaissait la résultante de ses actes et à volontairement persévéré par pur plaisir de destruction et de souffrance engendrée. Soit il ne possède, en effet, aucune omniscience ni omniprésence ni omnipotence. Il n’est que cruel apprenti-sorcier psychopathe et tyrannique, ce qui a été plusieurs fois démontré depuis le début de notre sujet.

Gn 6.7 – Le Déluge: regrets et choix erronés yehvahiques

א-ו.ז וַיֹּאמֶר יְהוָה, אֶמְחֶה אֶת-הָאָדָם אֲשֶׁר-בָּרָאתִי מֵעַל פְּנֵי הָאֲדָמָה, מֵאָדָם עַד-בְּהֵמָה, עַד-רֶמֶשׂ וְעַד-עוֹף הַשָּׁמָיִם: כִּי נִחַמְתִּי, כִּי עֲשִׂיתִם

«Gn 6.7 Et l’Éternelyehvah dit: j’effacerai l’homme que j’ai créé de dessus la face de la terre ; depuis l’homme jusqu’à la brute, jusqu’à l’insecte, jusqu’à l’oiseau du ciel, car je regrette de les avoir fait.»TO

Le terme «brute» à la place de «bête» ou «bétail» demeure ici assez anecdotique et ne concerne que le champ lexical des traducteurs.

À nouveau le plus illustre apprenti-sorcier de l’histoire imaginaire de l’homme, regrette ses tristes actions. D’ailleurs, il regrette non pas de détruire mais d’avoir créé.

Au-delà, on nous précise que toute la création va être détruite en vertu des méfaits de l’homme. Les autres créatures ne sont-elles pas innocentes? N’aurait-il pas été plus simple de rappeler l’homme perverti ou mieux de lui donner une éducation, un code moral et une ligne de conduite comme le ferait tout adulte conscient et responsable ou encore tout père aimant ses enfants?

Au pire, si décret est établi de ne conserver qu’une seule lignée représentative de l’espèce humaine, pourquoi porter atteinte au reste de la création qui n’est en rien responsable des dérives.

Cela demeure dans tous les cas insensé ou terriblement barbare et primaire.

A priori, Yehvah n’y a pas pensé ou voulait sciemment détruire.

De plus, la sélection elle-même est erronée. Loin de n’avoir choisi que les meilleurs représentants, les rescapés comptent déjà dans leurs rangs deux immoraux, Noé et un de ses fils: Cham.

א-ט.כא וַיֵּשְׁתְּ מִן-הַיַּיִן, וַיִּשְׁכָּר; וַיִּתְגַּל, בְּתוֹךְ אָהֳלֹה. וַיַּרְא, חָם אֲבִי כְנַעַן, אֵת, עֶרְוַת אָבִיו; וַיַּגֵּד לִשְׁנֵי-אֶחָיו, בַּחוּץ

«Gn 9.21 Il (Noé) but de son vin, et il se mit à nu au milieu de la tente. Cham‘ham père de Canaan, vit la nudité de son père, et alla dehors l’annoncer à ses deux frères.»TO

א-ט.כד וַיִּיקֶץ נֹחַ, מִיֵּינוֹ; וַיֵּדַע, אֵת אֲשֶׁר-עָשָׂה לוֹ בְּנוֹ הַקָּטָן. וַיֹּאמֶר, אָרוּר כְּנָעַן: עֶבֶד עֲבָדִים, יִהְיֶה לְאֶחָיו

«Gn 9.24 Noénoa’h, réveillé de son ivresse, connu ce que lui avait fait son plus jeune fils, et il dit: maudit soit Canaan! Qu’il soit esclave de l’esclave de ses frères!»TO

La nouvelle humanité, pourtant «triée sur le charnier», après que le reste de celle-ci fut détruite pour sa perversion débute par la malédiction d’un fils voyeur et commère, prononcée par un père alcoolique et exhibitionniste. Heureusement que Noé à été choisi pour avoir été:

א-ו.ט נֹחַ אִישׁ צַדִּיק תָּמִים הָיָה, בְּדֹרֹתָיו – «Gn 6.9 …juste, irréprochable devant ses contemporains (qui se conduisait selon Dieu)»TO, et,

א-ז.א כִּי-אֹתְךָ רָאִיתִי צַדִּיק לְפָנַי, בַּדּוֹר הַזֶּה – «Gn 7.1 … c’est toi(Noé) que j’ai reconnu honnête parmi cette génération.»TO

À l’issue, commencera le descriptif du déluge en 2102AEC d’après la torah conformément à l’histoire sumérienne de 2200-2100AEC. Si les évènements semblent corréler de par leur date, il faut rappeler que la torah est prétendue transmise au Sinaï (donc son texte) 1000 ans plus tard en 1272AEC, mais en fait rédigée par différentes sources encore plus tard après 650AEC.

L’arche de Noé est donc reprise à l’identique d’une légende sumérienne antérieure[5] (cf. Sources antérieures et annexes).

L’Épopée de Gilgamesh

On trouve des traductions remaniées ou non, dans les contrées et civilisations voisines, comme chez les urrites et les hittites. En fait, il est manifeste que la légende inspira nombre de communautés et civilisation péri-mésopotamiennes[6]. Ainsi, seuls les rédacteurs de la torah ont eu l’audace de prétendre que l’origine de tout venait de leur divinité et que rien n’y était antérieur. Grossier pour un plagiat.

Gn 6.15 – L’Arche de Noé: prélude à aberration logistique

א-ו.טו וְזֶה, אֲשֶׁר תַּעֲשֶׂה אֹתָהּ: שְׁלֹשׁ מֵאוֹת אַמָּה, אֹרֶךְ הַתֵּבָה, חֲמִשִּׁים אַמָּה רָחְבָּהּ, וּשְׁלֹשִׁים אַמָּה קוֹמָתָהּ

«Gn 6.15 Et voici comment tu la feras: trois cent coudées selon la longueur de l’arche ; cinquante coudées sa largeur, et trente coudées sa hauteur.»TO

Les coudées de l’époque valent 50cm, bien que certains lui attribuent aujourd’hui 60 cm. Si nous considérons l’avis communément répandu qui attribue à la coudée 50 cm: les dimensions de l’arche sont les suivantes: 150m de long, 25m de large et 15 m de haut. 56 250m³. Nous arriverons très vite à l’intérêt que suscite ce détail.

Gn 6.18-19 – L’Arche de Noé: aberration logistique

א-ו.יח וַהֲקִמֹתִי אֶת-בְּרִיתִי, אִתָּךְ; וּבָאתָ, אֶל-הַתֵּבָה–אַתָּה, וּבָנֶיךָ וְאִשְׁתְּךָ וּנְשֵׁי-בָנֶיךָ אִתָּךְ.6.19 וּמִכָּל-הָחַי מִכָּל-בָּשָׂר שְׁנַיִם מִכֹּל, תָּבִיא אֶל-הַתֵּבָה–לְהַחֲיֹת אִתָּךְ: זָכָר וּנְקֵבָה, יִהְיוּ

«Gn 6.18 J’établirai mon pacte avec toi: tu entreras dans l’arche, toi et tes fils et ta femme et les femmes de tes fils avec toi. 6.19 Et de tous les êtres vivants, de chaque espèce tu en recueilleras deux dans l’arche pour les conserver avec toi: ce sera un mâle et une femelle.»TO

Je vais donc reprendre et étoffer le raisonnement déjà établi avec brio par d’autres, qui souligne l’aberration logistique cuisante pour les auteurs qui ont repris l’histoire de l’arche aux sumériens.

Il suffirait pourtant d’affirmer sans plus de démonstration que le recueil et l’alimentation des variétés de couples d’espèces de l’époque ne pouvaient pas être possibles dans une nef aussi petite et pendant plus d’un an et s’en serait fait du mythe du déluge.

L’analyse de ce sauvetage par Noé arrivant très vite à un raisonnement loufoque est pourtant toujours vigoureusement défendu au «pied du quai» par les yahwistes, impose la petite facétie grotesque qui va suivre.

L’estimation du nombre total d’espèces animales terrestre en 2100AEC, soit il y 3600 ans seulement laisse croire qu’il était assez proche du nombre d’espèces actuelles, voire supérieur à l’époque car l’évolution humaine contemporaine à été témoin d’une réduction sensible de la biodiversité.

Si aujourd’hui nous estimons le nombre d’espèce terrestres à ±10 millions, cela signifie qu’il y a 3600 ans ce chiffre était équivalent voire supérieur. Si toutefois nous nous alignons sur le nombre actuel d’espèces identifiées, nous établissons l’existence de 1 155 000 espèces. Simplifions à 1 million. Cela a imposé à Noé de recueillir de 2 millions d’individus, mâles et femelles, qu’il a fallu cloîtrer dans une arche de 150x25x15m soit de 56 250 m³. Cela génère, au final, une moyenne de 17,7 couples d’espèces comprimées par m³. Si on intègre seulement deux des quatre espèces d’éléphants, qui impose toutefois la prise en compte de 4 pachydermes de 5 tonnes environs ; il reste déjà moins de place pour les 999 998 autres couples.

Si l’on doit dégager des espaces d’accès aux espèces pour les nourrir et s’occuper des literies, il faut au moins attribuer le double de volume vital par espèce, ce qui nous amène à 35 espèces par m³.

Considérons, l’espace vital nécessaire à Noé et sa famille soit 8 personnes, on pourrait leur attribuer 8x2mx0,5mx0,5m de couchette comme espace de sommeil soit 4m³, ajoutons une circulation minimale pour l’hygiène, la circulation et l’alimentation de 3mx3mx2m, soit 18m³, cela nous amène à 22m³ d’habitat humain. Ce à quoi il faut retirer le volume d’eau et d’aliment.

La présence dans l’arche a duré 1 an 2 mois et 27 jours (Gn8.13-16). S’il a fallu 2l d’eau par jour (sans compter les mesures de toilette et d’hygiène), pour 8 personnes pendant 452 jours cela donne 2x8x452l, soit 7232l, soit près de 7m³ supplémentaires. Si l’on considère, ne serait-ce qu’une des espèces les plus volumineuses comme l’éléphant, qui occupe approximativement, s’il est petitk 17,5m³. Multiplions par seulement deux espèces d’éléphants, l’éléphant africain et indien en couple, cela donne 72m³. Sans espace vital, ni eau, ni nourriture à ce stade du calcul. Les espèces étaient-elle stérilisées, isolées ou interdites de reproduction? Comment les espèces à longévité inférieure à 14 mois se sont-elles perpétuées?

De toute manière le texte précise: «Gn 6.17 Tu la composeras d’une charpente inférieure, d’une seconde, d’une troisième.»TO. Ceci indique que le nombre de ponts inférieurs est limité. Si l’arche mesure 15m de hauteur, les ponts ont une hauteur moyenne de 5m. Cependant, soit des hauteurs différentes ont été attribuée, soit il aura fallu percer le plancher pour les espèces telles que les girafes qui mesurent plus de 5m.

Le problème du volume et du type de nourriture, en particulier pour les carnassiers et les charognards a été souligné. Aucune espèce de l’arche n’a pu être attribuée à l’alimentation des autres sans quoi elles auraient disparu pour la suite. Comment l’alimentation carnée a été conservée comestible durant plus d’un an, les fruits pour les frugivores, les insectes pour les insectivores et les cadavres pour les charognards.

Une autre remarque très pertinente déjà révélée par d’autres concernent le prélèvement et le retour des espèces dispersées sur une planète (certes décrite comme plate et entourée d’océans à l’époque) d’une circonférence de 40000km. À plus forte raison pour des espèces endémiques. Je reprends ici et complète les exemples déjà donnés. Arctique: ours blanc. Sibérie: ysatis. Pôles: pingouins et manchots. Îles isolées: marsupiaux, dragon de Komodo, diable de Tasmanie, kangourou, dodo… heureusement que le monstre du Loch Ness est un animal aquatique, sinon il aurait presque fallu le mettre sur le toit.

Qu’en est-il des espèces amphibies et d’habitat mixte qui doivent demeurer et dans l’eau et sur terre: les tortues ou les batraciens qui devait disposer d’espaces aquatique et terrestre.

Le problème de climatisation individualisée pour chaque «cellule» (Gn6.14), pour les besoins des espèces du désert, des tropiques et celle de l’antarctique ne sera pas évoqué.

Outre la redistribution des espèces dans leur habitat d’origine, pour certaines à plus de 20 000 km par-delà des océans, la question se pose sur l’état des biotopes qui doivent permettre de les faire vivre à leur sortie à l’issue de 15 mois d’immersion. Dans les cas les plus favorables, si nous prenons l’exemple de la forêt tropicale, il faut plusieurs années voire dizaines d’années pour régénérer un biotope et son écosystème. Comment les espèces ont survécu sans biotope ou sans 10 ans de réserves supplémentaires de nourriture, qui n’auraient pas été emportés?

Nous cesserons là, tant la démonstration dépasse le désopilant pour arriver à l’ennuyeux…

Genèse 7

Gn 7.2-3 – L’Arche de Noé: espèces sauvées – contradictions

א-ז.ב מִכֹּל הַבְּהֵמָה הַטְּהוֹרָה, תִּקַּח-לְךָ שִׁבְעָה שִׁבְעָה–אִישׁ וְאִשְׁתּוֹ; וּמִן-הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר לֹא טְהֹרָה הִוא, שְׁנַיִם–אִישׁ וְאִשְׁתּוֹ. ז.ג גַּם מֵעוֹף הַשָּׁמַיִם שִׁבְעָה שִׁבְעָה, זָכָר וּנְקֵבָה, לְחַיּוֹת זֶרַע, עַל-פְּנֵי כָל-הָאָרֶץ

«Gn 7.2 De tout quadrupède pur, tu prendras sept couples, le mâle et la femelle ; et des quadrupèdes non purs, deux, le mâle et la femelle. Gn 7.3 De même les oiseaux du ciel, respectivement sept, mal et femelle, pour perpétrer les espèces sur toute la face de la terre.»TO

Traduction rectifiée: «de toute bête pure tu prendras pour toi sept sept mari et sa femme et de bête qui est non pure deux mari et sa femme: et aussi des volatiles du ciel sept sept mâle et femelle pour vivre semence sur la face de toute la terre.»VR

La répétition de שִׁבְעָה – shivah, «sept» est très mal rendue pour les bêtes et les volatiles. Les traducteurs considèrent hâtivement que le redoublement suggère «paire» ou «couple». Mais alors on parle de couple pour les bêtes à cause du redoublement, on ne parle pas de couple pour les volatiles malgré le redoublement et on ne parle pas de couple pour les bêtes non-pures car il n’y a pas de redoublement duשנים – shnayim, «deux».

Si le redoublement est traduit alternativement et variablement, on est en droit de s’interroger sur son sens initial. Ainsi שִׁבְעָה שִׁבְעָה – shivah shivah – «sept sept» pourrait tout aussi bien être considéré comme deux fois sept ou sept fois sept. Cela donnerait:

«De toute bête pure tu prendras pour toi 14/49, mari et sa femme et de bête qui est non pure deux mari et sa femme: Et aussi des volatiles du ciel 14/49, mâle et femelle pour vivre semence sur la face de toute la terre.»VA

Ce verset contredit maladroitement la consigne précédente de: «Gn6.19… deux êtres vivants de chaque espèce pour conserver la vie…»TO avec «Gn 7.2… sept couples de bêtes pures, deux couples de bêtes non pures, sept couples d’oiseaux purs pour perpétrer les espèces…»TO. On trouvera en 8.20, que les espèces de bêtes et volatiles purs seront affectées pour être sacrifiées, donc pas pour repeupler la terre. Contradiction triangulaire problématique.

Enfin, curiosité non élucidée: l’usage de אִישׁ וְאִשְׁתּוֹ – ish ve ishto, «mari et femme» pour les couples de bêtes purs ou non et de זָכָר וּנְקֵבָה – zakhar ou neqevah– «mâle et femelle», comme pour les volatiles.

Genèse 8

Gn 8.20 – Le Déluge: fin – écueil moral et conceptuel

א-ח.כ וַיִּבֶן נֹחַ מִזְבֵּחַ, לַיהוָה; וַיִּקַּח מִכֹּל הַבְּהֵמָה הַטְּהֹרָה, וּמִכֹּל הָעוֹף הַטָּהוֹר, וַיַּעַל עֹלֹת, בַּמִּזְבֵּחַ. וַיָּרַח יְהוָה, אֶת-רֵיחַ הַנִּיחֹחַ, וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-לִבּוֹ לֹא-אֹסִף לְקַלֵּל עוֹד אֶת-הָאֲדָמָה בַּעֲבוּר הָאָדָם, כִּי יֵצֶר לֵב הָאָדָם רַע מִנְּעֻרָיו; וְלֹא-אֹסִף עוֹד לְהַכּוֹת אֶת-כָּל-חַי, כַּאֲשֶׁר עָשִׂיתִי

«Gn 8.20 Noénoa’h érigea un autel à l’Éternelyehvah ; il prit de tous les quadrupèdes purs, de tous les oiseaux purs et les offrit en holocauste sur l’autel. L’Éternelyehvah aspira la délectable odeur, et il dit en lui-même: “Désormais je ne maudirai plus la terre à cause de l’homme, car les conceptions du cœur de l’homme sont mauvaises dès son enfance ; désormais, je ne frapperai plus tous les vivants, comme je l’ai fait.”»TO

Voici la mise en place de rites sacrificiels animaux. Les holocaustes. Yehvah semble apprécier l’odeur de chair brulée. Je n’ai pas la force de faire ici un autre parallèle contemporain.

Quoi qu’il en soit, le culte se met en place autour de sacrifices primitifs et barbares que les yahwistes ne se privent pas de reprocher aux paganistes.

En outre, Yehvah décide de ne plus maudire désormais, ce qui implique qu’il le faisait avant, au cas où on ne l’ait pas encore remarqué.

Enfin, il reconnaît en lui-même que les conceptions du cœur de l’homme sont mauvaises depuis son enfance. Qui a créé une création mauvaise pour la maudire et la détruire sans la changer pour l’avenir? Un fabricant de recettes empoisonnées qu’il les accablera lui-même, et de ce fait et les détruira lui-même, les remet finalement sur le marché: ne devrait-il pas être limogé et condamné?

Genèse 10

Gn 10.5 – Noé: descendance et repeuplement – contradiction à venir.

א-י.ה מֵאֵלֶּה נִפְרְדוּ אִיֵּי הַגּוֹיִם, בְּאַרְצֹתָם, אִישׁ, לִלְשֹׁנוֹ–לְמִשְׁפְּחֹתָם, בְּגוֹיֵהֶם

«Gn 10.5 De ceux là se formèrent des colonies de peuples répandues dans divers pays, chacune selon sa langue, selon sa tribu, selon son peuple.»TO

En omettant une fois de plus que la traduction pourrait être améliorée, elle n’en altère pas le sens du verset qui va bientôt générer une autre contradiction majeure.

Des versets identiques seront répétés en Gn 10.20 et 10.31.

Gn 10.19 – Canaan: anachronisme majeur

א-י.יט וַיְהִי גְּבוּל הַכְּנַעֲנִי, מִצִּידֹן–בֹּאֲכָה גְרָרָה, עַד-עַזָּה

«Gn 10.19 Le territoire du peuple cananéen s’étendait depuis Sidon jusqu’à Gaza dans la direction de Gherar»TO.

Ce qui pose un petit problème géographico-historique. La date du récit selon la torah se situe entre le déluge en 2102AEC et Babel 1764AEC. Gaza comme Gherar ont été bâties après 1200AEC par les Philistins[7]. Yehvah transmet une torah en 1312AEC relatant l’existence d’un citée en 1764AEC qui ne sera qu’un village jusqu’en 700AEC, et d’un peuple qui n’existera qu’après 1200AEC. C’est une preuve de plus, s’il en fallait encore, que les rédacteurs sont ultérieurs et à l’époque et aux lieux qu’ils décrivent et plus particulièrement après le don prétendu de la torah: 1312AEC.

Gn 11 – La Tour de Babel: statut yehvahique altéré

«Gn 11.2 … or en émigrant de l’orient, les hommes avaient trouvé une vallée dans le pays de Sennar, et s’y était arrêtés. 11.3 Ils se dirent l’un à l’autre: Ça, préparons des briques et cuisson les au feu. Et la brique leur tient lieu de pierre et le bitume de mortier. 11.4 Ils dirent: Allons! Bâtissons-nous une ville, et une tour dont le sommet atteigne le ciel ; faisons-nous un établissement durable pour ne pas être dispersés sur toute la face de la terre. 11.5 Le Seigneur(yehvah) descendit sur terre, pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils de l’homme, et il dit: 11.6 “voici un peuple uni, tous ayant une même langue C’est ainsi qu’ils ont pu commencer leur entreprise, et dès lors tout ce qu’ils ont projeté leur réussirait également. 11.7 Or ça! Paraissons! Et ici même, confondons leur langage, de sorte que l’un n’entende pas le langage de l’autre”. 11.8 Le Seigneur(yehvah) les dispersa donc de ce lieu sur toute la face de la terre, les hommes ayant renoncé à bâtir la ville…»TO

Point de détail: on voit dans la traduction que יְהוָה – yehvah, est traduit sans explication aucune par «Le Seigneur», alors qu’auparavant il était traduit par «Dieu».

À partir de 11.17, la déclaration est à nouveau faite au pluriel, par un dieu dit unique: «…paraissons et confondons…». Voici un autre écueil à la pseudo-unicité de notre Yehvah.

Gn 11.1 – Langages humains: contradiction majeure

א-יא.א וַיְהִי כָל-הָאָרֶץ, שָׂפָה אֶחָת, וּדְבָרִים, אֲחָדִים

«Gn 11.1 Toute la terre avait une même langue et des paroles semblables.»TO

En contradiction complète avec: א-י.ה מֵאֵלֶּה נִפְרְדוּ אִיֵּי הַגּוֹיִם, בְּאַרְצֹתָם, אִישׁ, לִלְשֹׁנוֹ–לְמִשְׁפְּחֹתָם, בְּגוֹיֵהֶם – «Gn 10.5 De ceux-là se formèrent des colonies de peuples répandues dans divers pays, chacune selon sa langue, selon sa tribu, selon son peuple.»TO

Au-delà de ce détail coûteux en termes de cohérence descriptive, l’épisode universellement connu voit une humanité unie, soudée, unilingue et concentrée géographiquement qui force, son prétendu créateur, à semer le trouble dans sa capacité de communication et à la disperser. Il est frappant de voir une divinité affirmée comme omnisciente, omniprésente, omnipotente, (donc OOO – «triple O» selon les agences de notations spirituelles) qui doit, non seulement «descendre» pour voir ce qui se passe en bas et qui s’entiche de freiner et prendre des mesures coercitives et préventives à l’encontre de ses créatures. Ce dit «dieu-absolu», est soit effrayé, soit égalé et jaloux, soit toujours malsain et pervers.

Gn 12.1 – Abraham (Abram): Contradiction géographique concernant son départ

À ce stade Abraham n’a pas encore été rebaptisé. Il en ira de même pour sa compagne Sarah. Le légendaire patriarche a donc commencé sa carrière sous le nom d’Abram et la tout aussi légendaire matriarche, sous le nom de Saraï. Cette tendance aux mutations patronymiques est toujours d’actualité. Par exemple, l’intention de maquiller ses origines pousserait une actrice douteuse à muter Audreï en Audrey. Je passerai sur des Patrick et des miteux du même acabit.

א-יב.א וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-אַבְרָם, לֶךְ-לְךָ מֵאַרְצְךָ וּמִמּוֹלַדְתְּךָ וּמִבֵּית אָבִיךָ, אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר אַרְאֶךָּ

«Gn 12.1 L’Éternelyehvah dit à Abram: éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle et va au pays que je t’indiquerai.»TO

Le problème réside dans le fait que lorsque qu’Abram reçoit cet ordre, il n’est déjà plus dans son pays d’origine Our-Kasdim mais en Harân.

א-יא.לא וַיִּקַּח תֶּרַח אֶת-אַבְרָם בְּנוֹ, וְאֶת-לוֹט בֶּן-הָרָן בֶּן-בְּנוֹ, וְאֵת שָׂרַי כַּלָּתוֹ, אֵשֶׁת אַבְרָם בְּנוֹ; וַיֵּצְאוּ אִתָּם מֵאוּר כַּשְׂדִּים, לָלֶכֶת אַרְצָה כְּנַעַן, וַיָּבֹאוּ עַד-חָרָן, וַיֵּשְׁבוּ שָׁם

«Gn 11.31 Tharé emmena Abram son fils, Loth fils de Harân son petit fils, et Saraï sa bru, épouse d’Abram son fils ; ils sortirent ensemble d’Our-Kasdim pour se rendre au pays de Canaan, allèrent jusqu’à Harân et s’y fixèrent.»TO

Our-Kasdim et Harân sont distant de près de 1000km. Soit Yehvah à un temps de retard, soit Abram a voulu faire une blague et changé le panneau à l’entrée de la ville lorsque son dieu est venu lui donner l’ordre de partir, soit le système GPS Torah-Torah™ de l’époque n’était pas très au point car ne disposant que d’un satellite. En effet, la seule chose qui était satellisée jusqu’alors était Énoch sur son chariot. En fait le système satellitaire de l’époque était peut-être Énoch-Énoch™. Seuls les archéologues spatiaux peuvent répondre à la question.

Concernant Abraham, l’utilisation de ce dénominatif était très courant en différents lieux et époques de Mésopotamie. Les recherches scientifiques et archéologiques sur la question sont abondantes et n’ont jamais permis d’extraire des références de l’époque aucun personnage spécifique ayant opéré la migration décrite. Cet hypothétique patriarche demeurera un personnage biblique et non historique.

Genèse 12

Gn 12.7 – La «Terre promise»: première attribution détournée

א-יב.ז וַיֵּרָא יְהוָה, אֶל-אַבְרָם, וַיֹּאמֶר, לְזַרְעֲךָ אֶתֵּן אֶת-הָאָרֶץ הַזֹּאת

«Gn 12.7 L’Éternelyehvah apparut à Abram et dit: c’est à ta postérité que je destine ce pays.»TO

On retrouve cette affirmation en Gn13.15, 15.7, 15.18… et rappelée encore et encore ultérieurement jusqu’en Dt34.4.

Cette affirmation divine est faite alors qu’Abram parcours Canaan qui couvre une partie de notre actuel Israël. La descendance d’Abram comprend l’ensemble du tronc sémitique, donc juifs et arabes confondus. Il s’agit bien de l’affirmation du texte: «la descendance d’Abram», qui n’est pas encore Abraham, donc pas encore judéisé. Ainsi, si ce dieu a affecté «noir sur blanc» ce territoire à tous les sémites, juifs et arabes, il est dommage de voir, ceux de tous bords qui voudraient, contre tout bon sens, continuer à croire aux fables de la bible, s’entre-déchirer pour l’exclusivité d’un droit territorial imaginaire, que leur même croyance leur impose comme équivalent. Ce n’est pas un problème de place en tout cas. Je peux vous assurer pour ceux qui ne connaissent pas notre beau pays, que même si il est relativement petit, il y a encore de l’espace libre pour au moins 30 millions de personnes, je vous assure.

Si cela ne suffisait pas, il serait souhaitable de rappeler aux uns et aux autres que les données archéologiques irréfutables actuelles, attestent qu’il n’y avait ni juifs ni arabes dans la région à l’époque du supposé patriarche en 1750AEC, mais des égyptiens et des cananéens. Fin de commentaire.

Gn 12.11-15 – Abraham(Abram) et Sarah(Saraï) en Égypte: problème moral

א-יב.יא וַיְהִי, כַּאֲשֶׁר הִקְרִיב לָבוֹא מִצְרָיְמָה; וַיֹּאמֶר, אֶל-שָׂרַי אִשְׁתּוֹ, הִנֵּה-נָא יָדַעְתִּי, כִּי אִשָּׁה יְפַת-מַרְאֶה אָתְּ.יב.יב וְהָיָה, כִּי-יִרְאוּ אֹתָךְ הַמִּצְרִים, וְאָמְרוּ, אִשְׁתּוֹ זֹאת; וְהָרְגוּ אֹתִי, וְאֹתָךְ יְחַיּוּ.יב.יג אִמְרִי-נָא, אֲחֹתִי אָתְּ–לְמַעַן יִיטַב-לִי בַעֲבוּרֵךְ, וְחָיְתָה נַפְשִׁי בִּגְלָלֵךְ

«Gn 12.11 Quand il fut sur le point d’arriver en Égypte. Il dit à Saraï son épouse: certes je sais que tu es une femme au gracieux visage. 12.12 Il arrivera que lorsque les Égyptiens te verront, ils diront: c’est sa femme, et ils me tueront, et ils te conserveront la vie. 12.13 Dis, je te prie que tu es ma sœur, et je serai heureux par toi, car j’aurai grâce à toi la vie sauve.»TO

א-יב.טו וַיִּרְאוּ אֹתָהּ שָׂרֵי פַרְעֹה, וַיְהַלְלוּ אֹתָהּ אֶל-פַּרְעֹה; וַתֻּקַּח הָאִשָּׁה, בֵּית פַּרְעֹה. יב.טז וּלְאַבְרָם הֵיטִיב, בַּעֲבוּרָהּ; וַיְהִי-לוֹ צֹאן-וּבָקָר, וַחֲמֹרִים, וַעֲבָדִים וּשְׁפָחֹת, וַאֲתֹנֹת וּגְמַלִּים. יב.יז וַיְנַגַּע יְהוָה אֶת-פַּרְעֹה נְגָעִים גְּדֹלִים, וְאֶת-בֵּיתוֹ, עַל-דְּבַר שָׂרַי, אֵשֶׁת אַבְרָם. יב.יח וַיִּקְרָא פַרְעֹה, לְאַבְרָם, וַיֹּאמֶר, מַה-זֹּאת עָשִׂיתָ לִּי; לָמָּה לֹא-הִגַּדְתָּ לִּי, כִּי אִשְׁתְּךָ הִוא. יב.יט לָמָה אָמַרְתָּ אֲחֹתִי הִוא, וָאֶקַּח אֹתָהּ לִי לְאִשָּׁה; וְעַתָּה, הִנֵּה אִשְׁתְּךָ קַח וָלֵךְ. יב.כ וַיְצַו עָלָיו פַּרְעֹה, אֲנָשִׁים; וַיְשַׁלְּחוּ אֹתוֹ וְאֶת-אִשְׁתּוֹ, וְאֶת-כָּל-אֲשֶׁר-לוֹ

«Gn 12.15 Puis les officiers de Pharaon la virent et la vantèrent à Pharaon, et cette femme fut enlevée pour le palais de Pharaon. 12.16 Quant à Abram, il fut bien traité pour l’amour d’elle ; il eut du menu et du gros bétail, des ânes, des esclaves mâles et femelles, des ânesses et des chameaux. 12.17 Mais l’Éternelyehvah affligea de plaies terribles Pharaon et sa maison à cause de Saraï son épouse. 12.18 Pharaon manda Abram, et dit: qu’as-tu fait là à mon égard? Pourquoi ne m’as-tu pas déclaré qu’elle est ta femme? 12.19 Pourquoi as-tu dit: elle est ma sœur, de sorte que je l’ai prise pour moi comme épouse? Or maintenant, voici ta femme, reprends-la et retire-toi! 12.20 Pharaon lui donna une escorte, qui le reconduisit avec sa femme et toute sa suite.»TO

Yehvah tolère et passe sous silence le mensonge, la lâcheté et la cupidité d’Abram ainsi que la prostitution de Saraï, (étonnement consentante) et afflige en plus, Pharaon et la maison d’Égypte, alors que celui-ci est non seulement innocent, mais victime du stratagème d’Abram. L’immoralité d’Abram, la soumission de Saraï et l’iniquité «yehvahique» sont ici affligeantes.

La femme, en plus du fait de porter injustement le soi-disant «péché originel» sur ses épaules, est ramenée ici, à un objet qu’on utilise à des fins de profits. Malheureusement, peu de femmes à ce jour ce sont insurgées contre cet état de fait.

Pharaon ne tue pas Abram à cause des plaies et du mensonge, certainement car il considère qu’Abram est sous la protection de Yehvah. Il le fera en plus escorter malgré tout.

Yehvah ne pouvait-il pas se manifester avant que Abram ne mente en prostituant sa femme pour s’enrichir? Bien sûr que si, puisqu’au final, il s’est manifesté, mais pour une fois encore, protéger un cupide menteur proxénète, laisser déshonorer une femme et accabler des innocents. Les charges criminelles contre Yehvah continuent à s’accumuler.

Si le patriarche peut agir impunément de la sorte voire même être rétribué: qu’en sera-t-il de ses descendants?

De surcroit, Abram devenu Abraham réitèrera cette malversation concernant Saraï devenue Sarah un peu plus tard avec Abimélec (Gn 20), ce qui encouragera Isaac à faire de même avec Rébecca (Gn26-)… l’immoralité serait-elle une fatalité génétique?

Portons au crédit d’Abram, lorsqu’il sera renommé Abraham, la responsabilité d’un demi-mensonge. Il avouera à Abimélec: «Gn 20.12 Et d’ailleurs, de fait, elle est ma sœur, la fille de mon père, mais non la fille de ma mère et elle m’appartient comme épouse.»TO. Demi-mensonge, car Abram révèle avoir épousé sa demi-sœur! Ce qui nous amène à constater que de demi en demi, le crime est double: il a prostitué sa femme et sa sœur. Nous verrons ultérieurement que la torah exigera de s’interdire une femme partagée en tant que sa sœur.

Nous tairons certains goûts de Pharaon et d’Abimélec, puisque Abram à 75 ans lorsqu’il qu’il quitte Harân pour l’Égypte et que Saraï à 10 ans de moins qu’Abram, celle-ci aura 65 ans lorsque livrée la première fois à Pharaon et 90 ans la seconde, à Abimélec.

Gn 12.16 – Abraham(Abram): Égypte et chameaux– anachronisme

א-יב.טז וּלְאַבְרָם הֵיטִיב, בַּעֲבוּרָהּ; וַיְהִי-לוֹ צֹאן-וּבָקָר, וַחֲמֹרִים, וַעֲבָדִים וּשְׁפָחֹת, וַאֲתֹנֹת וּגְמַלִּים

«Gn 12.16 Quant à Abram, il fut bien traité pour l’amour d’elle ; il eut du menu et du gros bétail, des ânes, des esclaves mâles et femelles, des ânesses et des chameaux.»TO

Le texte attribue des chameaux à Abram, alors que la présence, l’usage et l’introduction en Égypte de l’espèce vers 1750 AEC est plus que contestée[8]. S’il n’y avait pas de chameaux en Égypte à l’époque d’Abram, et si Abram a reçu des chameaux en Égypte à cette époque: c’est bien qu’il n’y a jamais eu d’Abram. Cela signifie une fois de plus que les auteurs étaient contemporains à la présence des chameaux, donc ultérieurs. On reparle à nouveau de chameaux en Gn 24.10 et au-delà. Sans l’histoire et l’archéologie, on serait presque amené à se demander si les égyptiens ont existé…

Genèse 14

Gn 14.18 – Abraham(Abram) rencontre Melchisédec: anachronisme

א-יד.יח וּמַלְכִּי-צֶדֶק מֶלֶךְ שָׁלֵם, הוֹצִיא לֶחֶם וָיָיִן; וְהוּא כֹהֵן, לְאֵל עֶלְיוֹן

«Gn 14.18 Melchisédecmalki-tsedek, roi de Salem, apporta du pain et du vin, il était prêtre du Dieu suprêmeel elyonTO

Alors qu’Abram n’a pas encore été consacré, ni rebaptisé Abraham, ni circoncis, soit porteur de l’alliance, il existait avant lui, non pas un simple croyant ou éveillé mais… un prêtre! Par définition, un prêtre est ordonné et consacré à la divinité qu’il sert. Puisque la traduction amène à confondre Yehvah et El Elyon du fait de l’usage commun de «dieu»: on ne devrait pas parler alors de «dieu d’Abraham et des hébreux» mais de «dieu de Melchisédec et des cananéens». Il semblerait que la paternité du culte à Yehvah présenté comme «Dieu», ne soit pas du ressort d’Abram.

Si on respecte toutefois le texte lui-même, cela révèle qu’il existe une autre divinité en service, qui plus est, nettement plus avancée dans son installation. On révèle ainsi, ici qu’il existe un «dieu supérieur» – el elyon, qui dispose déjà d’un culte et d’au moins un prêtre par le biais de Melchisédec. Ce qui ramène Yehvah au rang d’arriviste tardif, de sous-fifre ou d’imposteur. La compréhension du verset dans ce sens semble tellement contradictoire et dommageable aux suppôts de Yehvah, qu’il leur vaudrait presque, mieux admettre, même si cela n’en reste pas moins cuisant, que leur premier patriarche ne l’était pas. Les cananéens disposaient quant à eux d’une divinité centrale dans leur panthéon: «El». L’histoire a montré que le seul but du yawhisme était de supplanter et d’effacer les cultes cananéens déjà en place.

Bien que cela soit inscrit ici clairement dans le texte, la progression de celui-ci fera oublier ce point de détail.

Genèse 15

Gn 15.18 – La «Terre Promise»: seconde description démesurée

א-טו.יח בַּיּוֹם הַהוּא, כָּרַת יְהוָה אֶת-אַבְרָם–בְּרִית לֵאמֹר: לְזַרְעֲךָ, נָתַתִּי אֶת-הָאָרֶץ הַזֹּאת, מִנְּהַר מִצְרַיִם, עַד-הַנָּהָר הַגָּדֹל נְהַר-פְּרָת

«Gn 15.18 Car ce jour là, l’Éternelyehvah conclut un pacte avec Abram en disant: j’ai octroyé à ta race ce territoire, – depuis le torrent d’Égypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve Euphrate…»TO

Voici donc le cadeau, de ce que certains pensent encore aujourd’hui devoir être le «Grand Israël», à Abram et à ces descendants. La moitié de l’Égypte, le Liban, la Syrie, la Jordanie, l’Arabie et la moitié de l’Irak… rien que ça.

Si les descendants d’Abram sont censés être de nos jours, juifs et arabes, et si ceux-ci doivent se contenter du territoire désigné, cela signifie que nos frères arabes, par exemples du Maroc ou de l’Iran oriental, sont bien éloignés de leur pénates. Heureusement l’acte de propriété s’est décomposé pour permettre à chacun de s’installer où l’histoire la conduit.

א-טו.ח וַיֹּאמַר: אֲדֹנָי יְהוִה, בַּמָּה אֵדַע כִּי אִירָשֶׁנָּה. וַיֹּאמֶר אֵלָיו, קְחָה לִי עֶגְלָה מְשֻׁלֶּשֶׁת, וְעֵז מְשֻׁלֶּשֶׁת, וְאַיִל מְשֻׁלָּשׁ; וְתֹר, וְגוֹזָל.

«Gn 15.8 Il(Abram) répondit: Dieu-Éterneladonay-yehvah, comment saurai-je que j’en suis possesseur? 15.9 Il (dieu) lui dit: prépare-moi une génisse âgée de trois ans, une chèvre âgée de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe.»TO

Tout aussi heureusement, les modalités transactionnelles foncières ont évolué, sans quoi il faudrait acheter son terrain dans une boucherie.

Mais cette désignation territoriale semble en contradiction avec ce qui sera «octroyé» plus tard, aux successeurs de Moïse. Si les rédacteurs ont fait prétendre à Yehvah que la descendance d’Abram, soit l’ensemble des sémites se voyait attribuer le territoire précédemment décrit. Ils stipuleront plus loin qu’une sous-branche sémitique qu’ils désigneront comme le peuple israélite devra s’établir entre la côte méditerranéenne et le Jourdain. Cela prête à confusion chez certains intégristes, qui croient réellement que Yehvah, Abram et Moïse ont existé et que la transaction est réelle et valable. On imagine d’ailleurs sans peine, Tel Aviv à Damas et Jérusalem à Bagdad…

Genèse 16 – Sarah (Saraï): stérile, mandate Agar mère porteuse – irresponsabilité et cruauté

Ce chapitre nous décrit comment Saraï stérile, met dans un premier temps Agar «son esclave égyptienne» dans le lit de son époux pour, dans un second temps, humilier et maltraiter celle-ci lorsqu’elle enfantera Ismaël. Si le libéralisme sexuel, au temps des patriarches, qu’on ne peut que saluer, ne semble pas s’être perpétré jusqu’à nos jours, l’attitude de Saraï la matriarche est plutôt désappointante. Elle devient elle-même jalouse d’un résultat qu’elle a commandité. Le comportement de Saraï est particulièrement retors, paradoxal voire bipolaire. Entre incapacité d’anticiper et d’assumer la conséquence de ses actes et le déclin vers une attitude irresponsable et cruelle condamnable: la matriarche ne relève pas le niveau de son époux. On peut toutefois mettre à son crédit le traumatisme engendré par sa prostitution forcée en Égypte. Bien sûr, pour ne rien changer, Yehvah laisse faire et cautionne des évènements lourds de conséquences. Évènements qui faillirent coûter la vie au pauvre Ismaël, lors de la fuite d’Agar terrorisée par sa maîtresse et renvoyée par Abram devenu Abraham: Gn21.15-19. À quoi bon ce remue-ménage puisqu’au final, Saraï qui deviendra Sarah, aura un enfant.

Pourtant Abram, avait parfaitement le choix et le pouvoir de changer la donne sans livrer son couple à tant d’immoralité. Après avoir fait maudire Abimélec, dont la maison sera frappée de stérilité, en ayant tenté de livrer à nouveau Sarah (toujours très consentante faut-il le noter), Abraham «intercéda auprès de Yehvah, qui guérit Abimélec, sa femme et ses servantes de sorte qu’elles purent enfanter» (Gn20.17). Ce, après extorsion (Gn 20.14-16) de cheptel, territoire et argent, évidemment, contre pardon, guérison et protection!

En outre, plus tard, Abraham intercèdera aussi pour tenter, ô comble, cette fois-ci de sauver les «pervers pécheurs devant Yehvah, de Sodome et Gomorrhe.». Cela atteste que le «prophète» (Gn 20-7), fait un usage inapproprié de ses prérogatives ou demeure complice-profiteur passif de la situation.

Si Yehvah est intervenu à l’encontre de Pharaon et d’Abimélec, à cause de la prostitution de Sarah: intervenir pour intervenir, il pouvait intervenir à sa guise avant et non après.

Si Pharaon et Abimélec ont regretté de leur voir imposer à leur insu un adultère forcé, car en désaccord avec leurs règles et leur moralité et ont épargné Abraham, cela montre que s’il avait été d’emblée informés, ils auraient agi différemment sans porter atteinte à Abraham.

Si Abraham a prostitué Sarah par peur d’être exécuté, pourquoi n’a-t-il pas «intercédé» auprès de Yehvah pour obtenir sa protection d’emblée et non des représailles a posteriori. C’est bien Yehvah lui-même qui ordonne le voyage à Abraham… pour le faire mourir à cause de son épouse? C’est plutôt insensé.

Si Abraham obtient de Yehvah la restitution de la fécondité de la Maison d’Abimélec, pourquoi ne le demande-t-il pas pour lui-même à dieu afin d’éviter l’incident d’Agar? La stérilité de Saraï, yehvahiquement imposée, semble en fait bien pratique, car elle permet de la livrer sans risque de la voir enfanter des différents partenaires auxquels elle sera prostituée. Pour rappel, Sarah sera rendue féconde plus tard par intervention de Yehvah.

L’étau se referme. Tout démontre ici la complicité triangulaire perverse Yehvah-Abraham-Sarah. La question peut se poser: comment avoir la décence morale d’honorer encore un divinoïde tellement et constamment malfaisant depuis qu’on y fait référence et canoniser un couple «Patriarche-Matriarche» aussi avilis. Je laisse la réponse à l’appréciation morale et au discernement de ceux qui en disposeraient encore… mais le pire et à venir…

Genèse 17

Gn 17.3 – Abraham (Abram): boutade morphotypique

א-יז.ג וַיִּפֹּל אַבְרָם, עַל-פָּנָיו

«Gn 17.3 Abram tomba sur sa face.»TO

Je m’accorde ici une petite facétie du fait de littéralisation idiomatique. Si l’expression idiomatique signifiait à l’époque des rédacteurs, «se prosterner». La traduction littérale nous amène à imaginer le pauvre Abram tomber sur le visage et s’écraser, voire se casser le nez. Serait-ce l’origine, pour nous juifs, de notre nez crochu? De cet évènement est issu le refrain populaire: «… tombé le nez par terre, c’est la faute à Yehvah…» (et non Eber, malgré le sacrifice de la rime). Me pardonnera-t-on ces galéjades?

Gn 17.12 – Circoncision: barbarie

א-יז.יב וּבֶן-שְׁמֹנַת יָמִים, יִמּוֹל לָכֶם כָּל-זָכָר–לְדֹרֹתֵיכֶם

«Gn 17.12 À l’âge de huit jours que tout mâle de vos générations soit circoncis par vous.»TO

Voici apparaître l’origine de la cruelle, barbare et primitive mutilation sexuelle masculine qu’est la circoncision dans le culte yehvahique. Nous avons échappé belle à l’excision, qui est toujours pratiquée en par endroits. Certains rétorquent qu’il s’agit là d’une mesure médicale salutaire d’un point de vue hygiénique, ce que je ne suis prêt à accorder que dans de très rares cas. Loin de conditions hospitalières à un âge et développement plus avancé, sous contrôle médical et anesthésie, la mise en œuvre chez un enfant nouveau-né de huit jours frise l’abominable et la gore-fiction.

Pour ceux qui ne serait pas au courant: cela se pratique sur un nouveau-né conscient, tenu sur les genoux d’un «parrain» en pleine synagogue, dans des conditions d’hygiène déplorables à plus forte raison lorsque que l’opérateur est rarement médecin ou chirurgien. Ajoutons qu’à l’issue de la section de l’excroissance préputiale du nourrisson, le «mohel» après avoir avalé une quantité définie de vin béni au préalable et dont il garde une partie en bouche, pratique une succion buccale de l’hémorragie pénienne.

Ceux qui n’ont pas encore vomi peuvent louer Ian Flemming pour la découverte des antibiotiques.

Ce n’est pas parce qu’un acte est stupide, dangereux et cruel, sous prétexte qu’il s’agit d’une «tradition ancestrale», que ça n’en reste pas moins stupide, dangereux et cruel. À plus forte raison lorsque les références de la tradition sont imaginaires. Je pourrais inviter les pratiquants d’autres usages barbares et sanguinaires, à faire leur autocritique, mais ce n’est pas mon propos.

Genèse 18

Gn 18.14 – Yehvah: affirmation de toute puissance malsaine

א-יח.יד הֲיִפָּלֵא מֵיְהוָה, דָּבָר

«Gn 18.14 Est-il rien d’impossible au SeigneuryehvahTO

Rétorque de Yehvah, après que Sarah est appris qu’elle enfantera Isaac à 90 ans, qu’elle en ait rit et ainsi douté de son créateur. Plutôt étonnant pour une matriarche épouse de prophète. Nous ne relèverons pas l’absurdité biologique d’un jeune père de 100 ans et d’une jeune mère de 90 ans.

Mais au-delà, nous y voilà: Yehvah lui-même affirme clairement que rien ne lui est impossible. Ce dont on ne devrait pas douter venant du futur post-proclamé «créateur de l’univers» (Ex 20.10). Affirmation implicite est faite par l’instigateur principal des évènements: «Je suis l’unique décisionnaire et omnipotent». Ainsi, tout ce qui a été fait ou non, relève entièrement de son pouvoir. Il s’affuble ouvertement ainsi de la totale responsabilité de toutes les atrocités commises jusqu’alors et au-delà. On peut donc affirmer ici que «Puissance sans conscience n’est que ruine de l’âme». Ainsi, versé dans un contexte dit «spirituel», où le médiateur central n’est autre que l’âme elle-même, cela devient potentiellement catastrophique.

Gn 18.23,25 – Sodome et Gomorrhe: injustice yehvahique

א-יח.כג וַיִּגַּשׁ אַבְרָהָם, וַיֹּאמַר: הַאַף תִּסְפֶּה, צַדִּיק עִם-רָשָׁע

«Gn 18.23 Anéantiras-tu, d’un même coup, l’innocent avec le coupable?»TO

א-יח.כה חָלִלָה לְּךָ מֵעֲשֹׂת כַּדָּבָר הַזֶּה, לְהָמִית צַדִּיק עִם-רָשָׁע, וְהָיָה כַצַּדִּיק, כָּרָשָׁע; חָלִלָה לָּךְ–הֲשֹׁפֵט כָּל-הָאָרֶץ, לֹא יַעֲשֶׂה מִשְׁפָּט.

«Gn 18.25 Loin de toi d’agir ainsi, de frapper l’innocent avec le coupable, les traitant tous les deux de la même façon! Loin de toi! Celui qui juge toute la terre serait-il un juge inique?»TO

Ce verset est consécutif à l’annonce de la destruction de Sodome contre laquelle se dresse Abraham. Il obtiendra la sauvegarde de la ville si dix justes s’y trouvent, ce qui ne sera pas le cas… la question se pose toutefois: n’y avait-il pas de femmes, d’enfants voire d’animaux? Donc il y avait bien des innocents parmi les coupables et très certainement plus d’innocents (femmes, enfants) que de coupables (hommes pervertis). Ainsi, Yehvah a anéanti l’innocent et le coupable ce qui lui vaut le statut de juge inique. Ce n’est plus une nouveauté à ce stade.

Genèse 19

Gn 19.8 – Loth: livre ses jeunes filles vierges aux sodomites– amoralité paternelle illogique

א-יט.ח הִנֵּה-נָא לִי שְׁתֵּי בָנוֹת, אֲשֶׁר לֹא-יָדְעוּ אִישׁ–אוֹצִיאָה-נָּא אֶתְהֶן אֲלֵיכֶם, וַעֲשׂוּ לָהֶן כַּטּוֹב בְּעֵינֵיכֶם; רַק לָאֲנָשִׁים הָאֵל, אַל-תַּעֲשׂוּ דָבָר, כִּי-עַל-כֵּן בָּאוּ, בְּצֵל קֹרָתִי

«Gn 19.8 Ecoutez! J’ai deux filles qui n’ont pas encore connu d’hommes, je vais vous les amener, faites leur ce que bon vous semblera, mais ces hommes, ne leur faites rien car ils sont venus abriter sous mon toit.»TO

Deux «messagers» sont venus annoncer à Lot la destruction de Sodome (Gn19.13). Les sodomites s’attroupent et demande à Loth de leur livrer, a priori pour autre chose qu’un simple bonjour (Gn 19.5). Les «messagers» sont des anges dotés de pouvoirs qu’ils utiliseront pour débouter les agresseurs. De ce fait, non seulement, ils savent et peuvent se défendre, mais ils peuvent, ce qu’ils feront, protéger Loth et sa famille (Gn19.10-11).

Je ne fais ici que reporter l’évènement car je suis incapable d’interpréter pourquoi un père prétendu juste et par ce fait, doit être sauvé sur l’ordre de Yehvah, est prêt à livrer ses jeunes filles vierges à une bande de sodomites déchaînés, lorsque les anges eux-mêmes, ont demandé à rester la nuit sur «la voie publique» (Gn 19.2). Nous ne trouvons pas trace ici d’une quelconque réaction de l’épouse de Loth, soit la mère des filles.

Cela souligne une fois de plus, l’immoralité d’un personnage biblique de référence, la considération et «l’usage» écœurant, auparavant des épouses et maintenant des filles par la clique yahwiste.

Gn 19.24 – Sodome et Gomorrhe: destruction – vide archéologique

א-יט.כד וַיהוָה, הִמְטִיר עַל-סְדֹם וְעַל-עֲמֹרָה–גָּפְרִית וָאֵשׁ: מֵאֵת יְהוָה, מִן-הַשָּׁמָיִם. וַיַּהֲפֹךְ אֶת-הֶעָרִים הָאֵל, וְאֵת כָּל-הַכִּכָּר, וְאֵת כָּל-יֹשְׁבֵי הֶעָרִים, וְצֶמַח הָאֲדָמָה

«Gn 19.24 L’Éternelyehvah fit pleuvoir sur Sodome(sdom) et sur Gomorrhe(amora) du soufre et du feu ; L’Éternelyehvah lui-même, du haut des cieux.»TO

Si Abraham a 100 ans au moment de la destruction de Sodome et Gomorrhe, l’histoire se situe en 1712AEC. Il n’existe à ce jour aucune trace archéologique ni des deux villes, ni d’une destruction de toute la région incluant les deux villes citées, par le feu et le soufre, alors que les évènements antérieurs et postérieurs sont connus, identifiés et datés. Le châtiment de Gomorrhe «amora»: de soufre, en général jaune d’odeur moutardée, et de feu, pique donc naturellement par où il passe, si on réussit à se figurer l’identique en accord à la forme de la faute.

Gn 19.31 – Loth: abusé par ses deux filles: immoralité

א-יט.לא וַתֹּאמֶר הַבְּכִירָה אֶל-הַצְּעִירָה, אָבִינוּ זָקֵן; וְאִישׁ אֵין בָּאָרֶץ לָבוֹא עָלֵינוּ, כְּדֶרֶךְ כָּל-הָאָרֶץ. לְכָה נַשְׁקֶה אֶת-אָבִינוּ יַיִן, וְנִשְׁכְּבָה עִמּוֹ; וּנְחַיֶּה מֵאָבִינוּ, זָרַע

«Gn 19.31 L’aînée dit à la plus jeune: notre père est âgé, et il n’y a plus d’autres hommes dans le monde, pour s’unir à nous selon l’usage de toute la terre. Eh bien! Enivrons de vin notre père, partageons sa couche, et par notre père nous obtiendrons une postérité!»TO

Si jusqu’à présent, précurseurs père, frère, enfant, patriarche et matriarche, ont démontré leur immoralité totale, voici le tour des filles, qui, pour une étrange excuse, se livrent à des relations incestueuses avec leur père dont elles enfanteront. Bien sûr, c’est de lui qu’elles tiennent leur éducation et leur moralité. Après tout, ayant vécu parmi les sodomites et presque livrées à eux par leur propre père.

À ce stade plus rien ne peut plus choquer. D’autant plus que comme Loth, ses filles sauvées de la destruction de Sodome sont sensée être des «justes» elles aussi. Après le déluge, c’est la seconde fois que sont sauvés des prétendus juste pourtant d’authentiques immoraux.

En outre, Loth vivait dans une caverne avec ses deux filles: «Gn 19.30 Loth monta de Çoar et s’établit dans la montagne avec ses deux filles, car il n’osait rester à Çoar ; il demeura dans une caverne, lui et ses deux filles.»TO
Il ne devait pas être enivré au point que l’éthanol le prive de capacité coïtale, ce que nous précise le texte:

א-יט.לג וַתַּשְׁקֶיןָ אֶת-אֲבִיהֶן יַיִן, בַּלַּיְלָה הוּא; וַתָּבֹא הַבְּכִירָה וַתִּשְׁכַּב אֶת-אָבִיהָ, וְלֹא-יָדַע בְּשִׁכְבָהּ וּבְקוּמָהּ. יט.לה וַתַּשְׁקֶיןָ גַּם בַּלַּיְלָה הַהוּא, אֶת-אֲבִיהֶן–יָיִן; וַתָּקָם הַצְּעִירָה וַתִּשְׁכַּב עִמּוֹ, וְלֹא-יָדַע בְּשִׁכְבָהּ וּבְקֻמָהּ

«Gn 19.33 Elles firent boire du vin à leur père cette même nuit; la fille aînée vint partager sa couche et il ne la reconnut point lorsqu’elle se coucha ni lorsqu’elle se leva.»TO, «Gn 19.35 Elles firent boire, cette nuit encore du vin à leur père; la cadette se leva, vint à ses côtés et il ne la reconnut point lors de son coucher et de son lever.»TO.

Suffisamment conscient pour avoir des rapports sexuels satisfaisants, mais pas assez pour reconnaître sa partenaire, dans un endroit où les deux seules femmes sont ses filles: il n’émettra aucun doute ni aucune objection.

Rien ne sera non plus spécifié par la suite sur une éventuelle surprise de voir ses filles enceintes puis enfanter sans époux connus ou déclarés. Si qui ne dit mot consent: on a à faire un implicite complice incestueux. Si l’on remonte à la manière dont s’est immanquablement propagée l’espèce depuis Adam et Ève, il semblerait que ce penchant aussi soit devenu une fatalité génétique.

Genèse 20 – Abraham et Abimélec: anachronisme

Abraham rencontre Abimélec, roi des Philistins, à qui il tente de repasser Sarah. La manœuvre dispose d’un précédent, comme nous l’avons déjà souligné[9].

C’est un autre point qui nous intéresse ici. À l’époque du récit, vers 1700AEC, les Philistins ne sont pas encore présents dans la région[10]. De plus, l’histoire philistine authentique et bien documentée telle que nous la connaissons, ne fait part d’aucune trace d’un roi philistin dénommé אבימלך – abimelekh, «Abimélec».

Non seulement l’époque n’est pas bonne mais Abimélec n’a aucune existence historique attestée. Que doit-on penser du personnage qui lui donne la réplique? En l’espèce: Abraham.

Genèse 22 – Le Sacrifice d’Isaac: déchéance morale paternelle

Ce passage évoque comment Abraham obéit à Yehvah qui lui ordonne de sacrifier son propre fils. Certains voudraient mettre en avant l’obéissance et l’abnégation d’Abraham pour obtenir l’alliance yehvahique.

Les évènements passés battent en brèche la valeur morale de la soumission d’Abraham au profit d’un comportement psychopathologique avéré.

L’alliance est déjà conclue (Gn 17.7).

La terre de Canaan déjà promise (Gn 13.15, 15.7, 15.18, 17.8)

Abraham a négocié avec Yehvah pour Sodome et Gomorrhe (Gn 18.23) et pour Abimélec (Gn 20.17), mais il ne fait rien pour contrer l’ordre du sacrifice de son fils, pas même un petit essai ou une petite tentative pour ce qu’il a de plus cher ; alors qu’il l’a fait spontanément pour des étrangers et des prétendus criminels.

Quel père psychologiquement équilibré accepterait sans s’impliquer alors qu’il n’a pas besoin d’obéir et qu’il s’est déjà opposé pour moins que ça? Quel «dieu» sensé et cohérent, qui a déjà la garantie d’allégeance d’un serviteur et lui a déjà donné sa parole, peut exiger de lui un infanticide?

L’argument qui consiste à dire qu’Abraham était prophète et qu’il savait que le sacrifice de son fils serait avorté in extremis ; soit, que tout cela n’était qu’une mise en scène lugubre, orchestrée par Yehvah pour servir de conte aux futurs lecteurs passifs, naïfs et grégaires, est pire encore.

À partir de là, ces obédients comprendront qu’il faut «sacrifier ses enfants au nom de dieu». Consternant!

Nous sommes à moins du vingtième du récit et à un tournant critique de la considération du texte alors qu’il reste de très longs passages d’inepties et de monstruosités.

C’est pourtant à ce stade que n’importe quel individu doté d’une intelligence minimale, de bon sens et d’humanité doit décider de faire recycler le livre afin de fabriquer des cahiers d’écoles utiles.

Malheureusement, beaucoup tourneront la page (dans les deux sens du terme) pour continuer à se nourrir d’absurde et liquéfier définitivement leur conscience morale. Je vais tourner la page, mais seulement au sens propre afin de continuer cette difficile mais tellement nécessaire analyse critique.

Genèse 23

Gn 23.15 – La grotte de Makhpelah (Tombeau des Patriarches): transaction fantasmagorique

א-כג.טו אֲדֹנִי שְׁמָעֵנִי, אֶרֶץ אַרְבַּע מֵאֹת שֶׁקֶל-כֶּסֶף בֵּינִי וּבֵינְךָ מַה-הִוא; וְאֶת-מֵתְךָ, קְבֹר. וַיִּשְׁמַע אַבְרָהָם, אֶל-עֶפְרוֹן, וַיִּשְׁקֹל אַבְרָהָם לְעֶפְרֹן, אֶת-הַכֶּסֶף אֲשֶׁר דִּבֶּר בְּאָזְנֵי בְנֵי-חֵת–אַרְבַּע מֵאוֹת שֶׁקֶל כֶּסֶף, עֹבֵר לַסֹּחֵר

«Gn 23.15 Efrôn répondit à Abraham en lui disant: Seigneuradonay , écoute moi, une terre de quatre cents sicles d’argent, qu’est ce que cela entre nous deux? Enterres-y ton mort. Abraham écouta Efrôn, et lui compta le prix qu’il avait énoncé en présence des enfants de Heth: quatre cents sicle d’argent, en monnaie courante.»TO

On nous parle ici d’un achat avec des «sicles d’argents», שֶׁקֶל-כֶּסֶף – shekel kesef. Le sicle sera une monnaie romaine ultérieure. L’apparition des premières pièces métalliques date de 650AEC et est d’origine grecque[11]. Comment Abraham a-t-il acheté une grotte 1100 ans plus tôt, dans une région ou l’argent décrit n’existait pas encore. Il n’y avait pas de «monnaie courante». En clair, la grotte décrite ne peut en aucun cas être revendiqué par un quelconque descendant d’un personnage imaginaire puisque celui-ci ne l’a jamais acheté. L’histoire aurait été crédible s’il l’avait troquée contre des moutons et des chèvres, mais en aucun cas de la monnaie quelle qu’elle soit.

Cela souligne une fois de plus que les rédacteurs sont ultérieurs à 650AEC.

Gn 23.19 – Sarah: inhumation – tromperie archéologique I

א-כג.יט וְאַחֲרֵי-כֵן קָבַר אַבְרָהָם אֶת-שָׂרָה אִשְׁתּוֹ, אֶל-מְעָרַת שְׂדֵה הַמַּכְפֵּלָה עַל-פְּנֵי מַמְרֵא–הִוא חֶבְרוֹן: בְּאֶרֶץ, כְּנָעַן

«Gn 23.19 Alors Abraham ensevelit Sara, son épouse, dans le caveau du champ de Makpêla, qui est Hébron, dans le pays de Canaan.»TO

Le «Tombeau des Patriarches» de Makhpelah, construit par Hérode le grand vers 20AEC, qui se situe à Hébron dans l’actuelle Cisjordanie, accueille plusieurs monuments qui sont en fait des cénotaphes, c’est-à-dire des monuments aux morts sans sépulture ni corps en dessous. Certains croient cependant que les patriarches sont bel et bien enterrés là.

À ce jour, aucune certitude archéologique ne permet d’affirmer seulement que les corps qui soit disant s’y trouve datent bien de l’époque d’inhumation proposée par le texte. L’opposition rabbinique est totale pour deux raisons en fait. Une officielle, qui s’appuie sur le respect des morts. Une avérée: comment peut-il y avoir le corps d’un patriarche de génétique sémitique datant de 1700AEC alors qu’il n’a pas existé?

Genèse 27 – Esaü: spolié sans scrupules – immoralité familiale

Nous arrivons ici au passage où Isaac proche de sa mort désire bénir son aîné et sa descendance. Rebecca fomente alors un complot avec son fils Jacob pour détourner la bénédiction d’Isaac devenu aveugle. Alors qu’Esaü est à la chasse, Rebecca prépare un ragoût destiné à être apporté par Jacob déguisé en Esaü afin de subtiliser la bénédiction au détriment d’Esaü, ce qui fonctionnera parfaitement tant le subterfuge fut machiavélique. De Rébecca, la commanditaire à son fils Jacob complice passif, ce binôme d’escrocs d’anthologie se sont rendus coupable de pas moins de quatre chefs d’accusation: abus de faiblesse, détournement de prérogative, mensonge, escroquerie.

Le plus surprenant provient du fait que, bien qu’Isaac ait été abusé et par sa femme et par son fils, il bénira l’exil de ce dernier avant son départ (Gn 28). Le scénario se rapproche ici d’un mauvais sitcom pour niais et fait songer que de Bersabée à Dallas, il n’y a qu’un pas.

Genèse 29

Gn 29.22 – Jacob et son beau-père: escroquerie nuptiale – immoralité

Ici, Laban cousin de Jacob substitue Rachel, pour qui Jacob a travaillé sept ans, par Léa. Ce n’est pas parce que cela semble un juste retour des choses, après que Jacob ait trompé son propre père, qu’il ne s’agit pas là d’une nouvelle escroquerie. Cela induit comme bénéfice pour Laban de conserver sept ans de plus son nouveau gendre à son service et de placer ses deux filles chez un cousin. Si nous retrouvons «Bersabée et son univers impitoyable» en saison II, présupposons la saison III comme palpitante. La descendance de Jacob, et ainsi, ce qui constituera les douze tribus d’Israël semble d’ores et déjà prometteuse puisque Léa, la mal-aimée, enfantera quatre garçons: Ruben, Siméon, Lévi et Juda.

Genèse 30 – Les 12 Tribus d’Israël: origines hétéroclites

Rachel, la «première seconde» épouse de Jacob, frappée de stérilité (ce qui semble tristement récurent chez les matriarches au point d’en devenir lassant), pousse son esclave Bilha à s’unir à Jacob qui enfantera Dan et Nephtali.

Un concours de prêt d’esclaves porteuse s’ensuit puisque Léa à son tour enverra son esclave Zilpa qui enfantera Gad et Acher. Plus loin Léa achète une nuit d’amour avec Jacob à Rachel avec des mandragores que Ruben a ramené des champs. Elle enfantera à nouveau, après s’être enorgueillie d’avoir été récompensée par Yehvah pour avoir alloué son esclave à son mari: d’abord Issachar et plus tard Zabulon et Dina. Rachel quant à elle deviendra enfin féconde et donnera Joseph à Jacob.

Si nous faisons ci le point des aïeux de la lignée d’Israël (Gn35.23) nous trouvons sept garçons et 1 fille, enfants issus de ses cousines araméennes et cinq fils d’esclaves. Ceci porte sérieusement atteinte à l’homogénéité de la généalogie du peuple israélite en vertu de deux souches «étrangères» à la lignée des patriarches sur trois. Cela implique qu’on peut estimer que près de 40% de la descendance patriarcale ne l’est pas ou encore que 40% du futur peuple israélite est issu d’une filiation bâtarde. Ça l’est déjà à ce stade, mais cela se compliquera par la suite, dès le séjour en Égypte. Cela devrait encourager les représentants actuels à la mixitude et au métissage.

Malheureusement, certains puristes qui ignorent très certainement les origines signalées dans leur torah de leur lignée imaginaire bâtarde, s’attachent de manière virulente et exhaustive à des descendants de bonnes familles. Combien d’enfants toutefois reconnus juifs mais issus d’un couple mixte de seule mère juive, se voit un mariage refusé car n’étant pas de «bonne souche». Paradoxe surprenant de la part de défenseurs d’un «pedigree» lui-même abâtardi. Le plus affligeant réside dans le fait que la généalogie défendue, quand bien même altérée dès l’origine, dépend seulement d’une fable.

En clair si les patriarches avaient existé, leur descendance actuelle devrait être un exemple de mixitude et d’ouverture aux antipodes des croyances et politiques raciales protectionnistes actuelles. Pour illustration, le mariage religieux est seul admis en Israël à ce jour. Les yahwistes officiants se réservent le droit d’exclure un partenaire non israélite et de refuser l’union. «Moyen-âge, quand tu nous tiens…».

Hors d’Israël le mariage communautaire est aussi refusé par les yahwistes aux couples mixtes. La seule solution restante, s’appuie sur le mariage civil dans les pays développés. Dès lors, nous n’évoquerons pas les pressions familiales et communautaires qui dans la majorité des cas ruinent tout espoir de longévité des couples mixtes. Qui osera encore parler d’une religion d’amour?

Gn 30.32 – Jacob et son beau-père: contre-escroquerie – fourberie vindicative

Ce passage illustre la revanche de Jacob sur Laban. Après avoir demandé le droit de partir, Jacob fini par accepter une session de travail supplémentaire avec pour salaire les pièces de cheptel mouchetées ou tachetées qui seront issue du troupeau de Laban. Les animaux non marqués resterons à Laban alors que les bigarrés reviendront à Jacob. Pour stimuler la production d’animaux vigoureux et tachetés, Jacob utilise un étrange subterfuge: tantôt l’immersion dans les auges des animaux de rameaux de peuplier, d’amandier et de platane et tantôt leur exposition à la vue de ceux pratiquant un coït vigoureux. Selon le texte, cette préparation stimulerait l’ardeur sexuelle des animaux concepteurs et la vigueur de leur descendance. Son but est de récupérer la majorité du troupeau moucheté qui le deviendra mathématiquement tôt au tard. Nous aurions donc un Jacob plus observateur que Laban qui serait compétent dans un domaine situé entre phytothérapie empirique et magie vaudou qu’il attribuera à l’action de Yehvah lui-même en Gn 31.8-12 qui lui a inspiré la recette.

Le vrai problème réside dans le fait qu’à ce jour, aucun effet aphrodisiaque et «toco-optimisant»[12] n’ont été mis en évidence chez les espèces végétales citées. Si cela avait été le cas tant de manière empirique puis scientifique expérimentale, ce moyen aurait été plébiscité sans aucun doute. Il semblerait pourtant que cette recette ait été oubliée, sans quoi les éleveurs du monde entier chercheraient à l’utiliser dans l’intérêt de leur cheptel. Ce n’est pas tant l’ineptie pharmaco-génético-zoologique citée dans le texte que je cherche à souligner ici, mais bel et bien le fait que conformément à l’accoutumée: un escroc peut en cacher un autre et un patriarche ne peut que perpétrer son immoralité génétique à plus forte raison pour se venger, en détournant grâce à un accord véreux le bétail de son oncle. Jacob contre-escroc vindicatif et cupide en digne descendant d’une lignée crapuleuse fait pourtant pâle figure, comparé à ses bien plus monstrueux aïeux. Et dire que je suis affublé de ce prénom!

Genèse 31

Gn 31.19 – Rachel: larcine son père– immoralité

א-לא.יט וְלָבָן הָלַךְ, לִגְזֹז אֶת-צֹאנוֹ; וַתִּגְנֹב רָחֵל, אֶת-הַתְּרָפִים אֲשֶׁר לְאָבִיהָ.

«Gn 31.19 Comme Laban était allé faire la tonte des brebis, Rachel déroba les pénates de son père.»TO

Toujours dans le prolongement de la moralité exemplaire des matriarches et patriarches, nous trouvons ici un délit de plus: le vol (de son propre parent).

Au-delà, le terme «pénates» peu évocateur est une traduction édulcorée destinée à masquer l’essence de l’objet.

תְּרָפִים – teraphim, «Fétiches» sont en fait des images sexuelles, des images à forme humaine parfois faite de la tête desséchée d’un nourrisson premier né utilisée tant pour l’idolâtrie que pour recevoir des messages. Cet état de fait est issue de sources rabbiniques très officielles et autorisées comme le zohar, le targum yonatan ou encore rachi.

Si le vol de la part de Rachel ne surprend plus, l’objet du vol, apparaît comme particulièrement glauque. On comprend bien la nouvelle tentative de maquillage des traducteurs.

Gn 31.20 – Jacob et son beau-père: tromperie et dérobade

א-לא.כ וַיִּגְנֹב יַעֲקֹב, אֶת-לֵב לָבָן הָאֲרַמִּי–עַל-בְּלִי הִגִּיד לוֹ, כִּי בֹרֵחַ הוּא

«Gn 31.20 Jacobyaakov trompa l’esprit de Labanlavan l’araméen, en s’enfuyant sans rien lui dire.»TO

Au sujet du verset une traduction littérale lui donnera plus de sens, tant global que comique: «Gn 31.20 Et vola Yaakov, le cœur de Lavan l’araméen, sans qu’il lui dit qu’il fuyait»VR.

Comment le père de la nation d’Israël peut-il se sauver comme un voleur avec son épouse voleuse (Rachel – 31.19)? À plus forte raison lorsqu’il part sur ordre de Yehvah lui-même (31.3) qui dit accompagner Jacob et qui visitera Laban (31.24) pour le garder de porter atteinte à son lâche petit protégé escroc …

De plus, Laban affirme avoir voulu accompagner Jacob avec musiques et allégresse (31.27) et embrasser ses filles (Gn 31.28). Il cherche juste à récupérer ses idoles que Rachel a dérobé et caché dans la selle du chameau sur laquelle elle est assise (31.34). Elle refusera de se lever pour laisser son père inspecter le chameau prétextant être incommodée (Gn 31.35). N’est-il pas naturel de mentir à son père qu’on vient de voler?

Genèse 32

Gn 32.4 –Jacob et Ésaü: retrouvailles tendues – incohérence géographique et comportementale

Dans un premier temps le passage relate la délégation d’émissaires vers son frère Esaü par Jacob. Vers Séir, qui se situe à 140km de là au sud du Zered et de la mer morte.

Le premier problème réside dans la géolocalisation. Ésaü est sensé se trouver chez Ismaël (28.9) au frontières égyptiennes (Gn 21.21) sur la route du Sinaï en direction du désert de Sin.

Le second problème réside dans l’attitude paradoxale de Jacob. D’abord «fort effrayé et plein d’anxiété» (Gn 32.7) ; il décide de séparer sa famille et ses biens en deux camps (Gn 32.9) ; avant d’envoyer des présents à son frère (Gn 32.14-16). Notre patriarche et prophète qui dialogue avec Yehvah lui-même a reçu de ce dernier ordre de marche et protection (32.10). Doute-t-il de la capacité de son dieu à le protéger?

Le dernier problème réside dans la confrontation finale. Jacob que nous savons lâche depuis l’épisode de la fuite (31.20) finit contre toute attente à se confronter à Esaü, avec un groupe seulement, et plus deux comme avancé précédemment, et toujours en bon poltron avec les femmes et les enfants devant! (33.1-2) Au final les deux frères se réconcilient. Les contradictions d’attitude chez le patriarche et prophète protégé de Yehvah sont des plus troublantes et entretiennent le caractère incohérent et illogique de la rédaction.

Genèse 34

Gn 34.2 – Dinah: (més)aventure – ambigüité sémantique justificatrice de barbarie

א-לד.ב וַיַּרְא אֹתָהּ שְׁכֶם בֶּן-חֲמוֹר, הַחִוִּי–נְשִׂיא הָאָרֶץ; וַיִּקַּח אֹתָהּ וַיִּשְׁכַּב אֹתָהּ, וַיְעַנֶּהָ. וַתִּדְבַּק נַפְשׁוֹ, בְּדִינָה בַּת-יַעֲקֹב; וַיֶּאֱהַב, אֶת-הַנַּעֲרָ, וַיְדַבֵּר, עַל-לֵב הַנַּעֲרָ

«Gn 34.2 Elle fut remarquée de Sichemshekhem, fils de Hamor‘hamor le Hévéen, gouverneur du pays ; il l’enleva et s’approcha d’elle en lui faisant violence. Puis son cœur s’attacha à Dina, fille de Jacobyaakov , il aima la jeune fille et parla à son cœur.»TO

«Gn 34.2 Chekhem, fils du chef de la contrée, ‘Hamor le Hévéen, la vit. Il la séduisit, cohabita avec elle, [puis] lui fit violence. S’attachant profondément à Dinah, fille de Jacob, il devient amoureux d’elle et tenta de parler à son cœur.»TS

A priori, d’un rabbin à l’autre, la traduction est sensiblement différente malgré la tentative de maintien sémantique consensuel.

«Elle fut remarquée» pour les uns et «il la vit» pour les autres. «Gouverneur du pays» pour les uns et «chef de la contrée pour les autres. «Il l’enleva» pour les uns et «Il la séduisit» pour les autres. Puis, «S’approcha d’elle» contre «cohabita avec elle», «son cœur s’attacha» contre «s’attachant profondément», «il aima la jeune fille» contre «il devint amoureux d’elle», «parla à son cœur» contre «tenta de parler à son cœur».

Si (très) grosso modo le sens paraît le même lors d’une lecture rapide et peu attentive, les tentatives d’euphémisme et d’anesthésie sémantique changent significativement et objectivement le message d’arrivée.

À moins que certains ne distinguent pas: remarquer et voir, gouverneur et chef, enlèvement et séduction, approcher et cohabiter, attacher son cœur et s’attacher profondément, aimer et devenir amoureux, parler et tenter de parler…

Le problème est bien plus grave, et pour le mettre en lumière il nous faut d’abord traduire au plus près en s’interdisant toute liberté de style, en commettant dans un premier temps l’erreur qui consiste à traduire de manière surfaite un terme précis par «violer».

«Gn 34.2 shekhem fils de ‘hamor le hévéen chef du pays la vit, la prit, la coucha, [viola-elle]. Il colla son âme à dinah fille de ya’akov, aima la jeune femme, parla au cœur de la jeune femme.»TR

Si on inclut ici le «viol» affirmé. Ces deux versets laissent toutefois songer à un embrasement passionnel qui aurait débordé.

Pourquoi «la vit, la prit, la coucha, [viola-elle]» plus qu’un très entendu «la vit, la prit, coucha avec elle et/ou la viola»? C’est qu’il manque le «la» dans «la viola», et que «coucha» est lié à «elle» et non à «avec elle». ויקח אתה – vayika’h otah, «prit elle», וישכב אתה – vayishkav otah, «prit elle» et non וישכב אתה – vayishkav itah, «coucha avec elle», ויענה - vayehaneah, «[viola-elle]» sans trace du אתה – otah, «elle». Alors que le אתה – otah, «elle», lié à coucha n’a pas été vocalisé itah, «avec elle», ויענה – vayehaneah, «[viola-elle]» à été cantilé «-ah» pour imposer une destination féminine à «[viola]». Lorsque les filles de Loth couchent avec leur père, on trouve écrit ונשכבה עמו – venishkevah imo, «couchons avec lui». עמו – imo, «avec lui» est correctement utilisé auparavant. Pour Dinah, l’usage d’un עמה– imah, «avec elle» aurait levé tout doute. Mais les rédacteurs ont préféré אתה – otah, «elle», et non אתה – itah, ou עמה – imah, «avec elle». Si l’on peut concéder à l’hébreu biblique d’avoir pris l’habitude d’utiliser לשכב את – lishkav et, pour signifier tant «coucher quelqu’un» que «coucher avec quelqu’un», les conséquences de l’ambigüité sont ici fâcheuses, à plus forte raison lorsque tout amalgame ou incompréhension aurait grammaticalement pu être évité. Mais était-ce l’intention du rédacteur?

Autre ambigüité: sans la cantillation orientée sciemment ויענה – vayehaneh, «[viola]», peut ne pas s’adresser à «elle». Pourquoi utilise-t-on אתה – otah, «elle» sur «vit», «prit» et pas sur «viola»? Pourquoi tenter de changer discrètement une vocalisation, là où il manque un mot et là où on ne peut ni retrancher ni ajouter de lettre? Parce que si le sens authentique avait été «la viola», conformément aux deux verbes précédents on aurait simplement ajouté אתה – otah, «elle». ויענה – vayehaneh, ne signifie pas seulement viola… si certes cela peut vouloir signifier aussi «torturer», cela fonctionne si l’on «torture quelqu’un…» לענות את… la’anot et…, comme on «viole quelqu’un…», לענות את… – la’anot et…. לענות «la’anot» seul, peut signifier «souffrir», «se tourmenter», «se mortifier», «être malheureux» ou encore… «attendre» ou «répondre»! Les traducteurs se sont soit fourvoyés par préjugé, soit ont tenté d’apporter un fait justificatif à l’engrenage de violence et de barbarie qui a suivi.

Ajoutons qu’en 34.7, on traduit à nouveau abusivement, «viol» pour לשכב את-בת-יעקב – lishkav et bat yaakov, «couchage de la fille de Jacob». C’est bien «la fille de Jacob» et non «Dina» qui est spécifié. Ce qui sous-entend que l’affliction porte sur Jacob plus que sur la fille. Et c’est לשכב – lishkav, «coucher» qui est cité et non לאנוס – leenos, «violer».

Le verset pourrait donc être traduit par: «shekhem fils de ‘hamor le hévéen chef du pays la vit, la prit, la coucha, attendit. Il colla son âme à dinah fille de ya’akov, aima la jeune femme, parla au cœur de la jeune femme.»VA

Concernant le «déshonneur» de Dina évoqué en 34.5: n’ont pas été utilisés des termes comme חלל – ‘hillel, בזה – biza, ביש – biesh, ou הכלים – hikhlim, mais טמה-time, «souiller, rendre impur». Ce terme est sans rapport avec la saleté, mais est typique de «l’obstruction spirituelle» génératrice d’interférence métaphysique. Dina a donc été «interférée spirituellement» à cause de ses rapports avec Chekhem.

Le déshonneur au sens moral, terme utilisé par les frères en 34.14 est חרפה – ‘herfa, «déshonneur(moral)».

Pourquoi le verset a-t-il été si mal interprété et traduit?

Dans un premier temps du fait de l’association avec les événements à venir, c’est à dire l’affirmation du «déshonneur» subit par Dina et les représailles sanglantes et disproportionnées qui vont suivre. Une vindicte pour déshonneur s’associe facilement aux nécessités répressives d’un acte aussi abominable qu’un viol. Après tout, pourquoi parler de déshonneur et engager des représailles sans autre motif? Pour plusieurs raisons.

Primo, l’atteinte à l’intégrité du clan justifiée par une conception raciste et exhaustive du choix des partenaires et de leur souche ethnique.

Secundo, les relations anticipées même passionnées dans l’environnement sémitique antique (et parfois encore aujourd’hui d’ailleurs) sont considérées comme un affront et une atteinte à l’honneur. Le déshonneur est bien plus souvent ressenti par la famille en en particulier la caste masculine pour cause de relation d’une fille de la famille hors de ce qu’il leur plaît. Combien de jeunes femmes battues, contrites, injuriées voire pire encore, parce que les relations qu’elles désiraient entretenir avec les partenaires de leur choix ne convenaient pas à la famille. Il faut noter qu’il s’agit bien souvent plus une question d’intérêt que de lien de souche. Les sémites parmi tant d’autres, marient plus facilement à un médecin ou un avocat étranger qu’à un simple voisin de bonne souche contre tout sentiment éprouvé.

J’attends de pied ferme les contestataires de cet état de fait avec pour arguments autant la coutume établie et tue, que les faits divers, que ma propre histoire familiale. D’un ex-beau papa non-israélite admis dans une famille raciste et exhaustive parce qu’il était médecin et contraint d’accepter sans broncher la judaïsation forcée des enfants, à une tante mariée de force à un rabbin qui la battait et la trompait tout en dénigrant ses enfants, à une mère défenestrée pour échapper à un mariage forcé, je me permettrai donc en plus de rappeler comme plus haut, que nous débattons ici d’une «religion d’amour», n’est-ce pas?…

Si nous revenons au cas Dina, rien ne fait mention d’une plainte, d’un désaccord, de souffrance de sa part, nulle part dans le texte. La mise en scène ne concerne que les hommes de la famille.

Au-delà, réexaminons la situation. Si viol avéré il y a eu, ce qui comme nous l’avons démontré est loin d’être évident, le coupable et lui seul, doit être jugé et condamné et réparation doit être obtenu tant que faire se peut après un acte aussi inqualifiable et traumatisant.

Pourtant, tous les hommes de la ville seront massacrés par Siméon et Lévi (Gn 34.25). De quelle manière je vous prie? Après qu’il est été demandé comme condition à l’acceptation du mariage entre Chekhem et Dinah que tous les «mâles» Hévéens soit circoncis (Gn 34.15), en plus bien sûr du partage de l’espace et de la dote proposée (Gn 34.10, 34.12) C’est convalescents qu’ils (les «mâles»: soit à partir des nourrissons de huit jours… effroyable en soi.) seront sournoisement assassinés (Gn 34.25). Non contents d’une vindicte si disproportionnée, ils se livreront au dépouillement des cadavres, au pillage de ville, à la capture du menu bétail, du gros bétail, des ânes, de qu’il y avait dans la ville, de ce qu’il y avait aux champs (Gn 34.27-28). Tous leurs biens, leurs femmes, leurs enfants (nourrissons mâles de moins de huit jours et filles), tout ce qu’il y avait dans les maisons (Gn 34.29).

Horripilante barbarie, déconsidération de la justice, irrespect de toute règle de la guerre, lâcheté, traitrise et cupidité sans borne qu’au final rien ne justifiait. Dina, aura été comme souvent les autres avant elle, le prétexte à des atrocités humaines et morales à des seul fins d’enrichissement à peu d’efforts. Encore et toujours cette cupidité sans bornes.

Mais le comble se trouve à deux niveaux.

Premièrement et tout d’abord, la justification éhontée des actes commis. Pour inciter les Hévéens à la circoncision ils prétendent en 34.14: «Nous ne saurions agir ainsi, donner notre sœur à un homme incirconcis: ce serait un déshonneur pour nous». Pour «nous», rien n’évoque pour «elle», soit dit au passage.

Ensuite, la réponse faite à Jacob par ses fils en 34.31: «Devait-on traiter notre sœur comme une prostituée?». C’est là que le bât blesse. Alors qu’Abraham lui-même s’est permis de prostituer formellement par deux fois Sarah avec des incirconcis, Pharaon et Abimélekh. Sans aucun «déshonneur» affiché. Alors que Isaac a fait de même avec Rébecca sans plus de vergogne, que penser du sursaut de conscience de l’honneur de Siméon et Lévi? D’ailleurs, comment osent-ils seulement évoquer une seule lettre du mot honneur après leurs actes. Comment leur descendance pourrait-elle assumer de tels actes que les petits contours traductionnels rabbiniques n’arrivent pas à atténuer? Après cet épisode qui pourrait me reprocher d’éprouver de la honte et du dégoût à l’idée de porter le nom de Lévi. Heureusement, les Lévi, les Cortes ou les Torquemada d’aujourd’hui n’ont plus de lien, ni à assumer les monstruosités de leurs ancêtres. C’est vrai pour des personnages et faits historiques, ça l’est d’autant plus pour des personnages et faits imaginaires. On se sent tout de suite plus léger.

En second lieu, l’aval et la protection divine octroyée après de telles horreurs. En 35.5: «Dominés par une terreur divine, les villes alentours ne poursuivirent pas les fils de Jacob.»TO Ce «Parrain» Yehvah, si on devait lui trouver un seul mérite, serait celui de protéger inconditionnellement ses enfants criminels. Protéger et encourager le crime n’est-il pas pire que le crime lui-même? Certainement, car l’impunité et la rétribution du crime encourage à toujours plus d’exactions.

Genèse 35

Gn 35.19 – Rachel: inhumation – tromperie archéologique II

א-לה.יט וַתָּמָת, רָחֵל; וַתִּקָּבֵר בְּדֶרֶךְ אֶפְרָתָה, הִוא בֵּית לָחֶם

«Gn 35.19 Rachelra’hel mourut donc et fut ensevelie sur le chemin d’Efrathefratah , qui est Bethléembeit le’hem. Jacob éleva un monument sur sa tombe: c’est le monument du tombeau de Rachel, qui subsiste encore aujourd’hui.»TO

S’il existe bel et bien un monument dédié à l’hypothétique matriarche peu de gens savent qu’il a été construit autour des années 1700EC et non AEC… Il s’agit là encore d’un cénotaphe et non d’une tombe, pour lequel la remarque est identique à celle formulée pour le «tombeau des patriarches», aucun corps ne s’y trouve, tout au moins, certainement pas celui de Rachel. Ce qui ne semble jamais avoir dérangé les pèlerins crédules.

Gn 35.22 – Ruben et Bilha: «famille tuyau de poêle – I»

א-לה.כב וַיְהִי, בִּשְׁכֹּן יִשְׂרָאֵל בָּאָרֶץ הַהִוא, וַיֵּלֶךְ רְאוּבֵן וַיִּשְׁכַּב אֶת-בִּלְהָה פִּילֶגֶשׁ אָבִיו, וַיִּשְׁמַע יִשְׂרָאֵל

«Gn 35.22 Il arriva tandis qu’Israël résidait dans cette contrée, que Rubenreuven alla cohabiter avec Bilha, concubine de son père, Israël en fut instruit…»TO

Le passage est suffisamment clair en lui-même. Ruben couche avec sa belle-mère sans que cela semble déranger son père Jacob (Israël). Mais ce détail ne choque plus personne tant ce genre d’immoralité passe pour un microgramme de crasse au milieu des tonnes d’ordures qui constituent la décharge abominable qu’est le récit.

Gn 36 – Édom: anachronisme

Le chapitre est ici entièrement consacré à Édom. On nous cite d’abord les lignées d’Ésaü, puis les rois d’Édom ayant régné. Ceci pose un léger problème d’anachronisme au regard de la citation qui va suivre, simple réalité historique…

«D’après les sources assyriennes, Édom ne possédait ni roi ni état avant la fin du VIII° siècle av J-C»[13].

Les rédacteurs nous parlent ici des lignées édomites qui n’existeront avec leur état que 900 ans après le moment du récit.

Genèse 37 – Joseph et ses frères: haine, mensonge et trahison

Nous abordons le passage, ou Joseph, chouchou de son père Jacob s’attire les foudres de ses frères de par son attitude et ses prédictions. Nous ne relèverons pas la lamentable erreur pédagogique qu’à commise Jacob en valorisant un enfant au détriment des autres, ni le niveau d’éducation de ceux-ci qui fomentent haine et complot contre un de leur frère. Ils projettent d’abord de le tuer (37.20). Puis, sur l’intervention de Ruben, le jettent dans une citerne (37.22). Puis sur la suggestion de Juda, le vendent aux Ismaélites (37.27) pour «vingt pièces d’argent»TO (37.28) (la monnaie métallique n’existe pourtant toujours pas sur terre, rappelons-le!), puis maquille sa robe avec du sang de chevreau (37.30) pour mentir à leur père en disant qu’une bête féroce à dévoré Joseph (37.33). Une très belle leçon sur le sens de la famille et la moralité initiale des chefs de lignée des douze tribus d’Israël.

Genèse 38

Gn 38.2 – Juda épouse Choua: dilution supplémentaire de la lignée de douze tribus

א-לח.ב וַיַּרְא-שָׁם יְהוּדָה בַּת-אִישׁ כְּנַעֲנִי, וּשְׁמוֹ שׁוּעַ; וַיִּקָּחֶהָ, וַיָּבֹא אֵלֶ

«Gn 38.2 Là, Juda vit la fille d’un Cananéen appelée Choua ; il l’épousa et s’approcha d’elle.»TO

Alors que comme nous l’avons souligné, les souches de la lignée d’Israël sont d’origine hétéroclite. La deuxième génération s’abâtardie un peu plus en commençant par Juda. Ses enfants seront 25% de souche patriarcale, 25% araméens et 50% cananéen. En clair les futurs israélites sont à ce stade israélo-araméo-cananéens. À bon entendeur, salut!

Gn 38.10 – Onan: condamnation rétrograde de la masturbation

Onan fut donc mis à mort par dieu lui-même pour onanisme d’après le sens entendu.

Notons que son aîné Er fut aussi exécuté pour «Gn 38.10 …avoir déplu au Seigneur…»TO, sans plus d’explication. Crime gratuit et arbitraire supplémentaire d’une prétendue divinité qui exécute pour délit de faciès.

Revenons à Onan: il semblerait que le châtiment encouru officiellement pour masturbation ait en fait été appliqué pour éjaculation externe. Ce choix fut motivé de sa part après avoir été forcé d’épouser la femme de son aîné (selon la règle du lévirat) assassiné pour manifester son refus de n’être qu’un inséminateur de substitution. Puisque la raison semble ne pas influencer la sentence et que l’acte objectif est condamné par ce texte: cela devrait donc condamner à mort tout adepte de cette pratique sexuelle, de la masturbation et in extenso les personnes souffrant d’éjaculation précoce.

Peaufinons ici le raisonnement qui conduit une fois de plus à constater l’attitude abjecte et sadique de ce divinoïde. Si Yehvah, laisse se mettre en place une loi du lévirat qui force un cadet à épouser la femme de son aîné en cas de décès sans postérité de celui-ci. Si Yehvah tue l’ainé, il induit immanquablement l’application de la règle. Si Yehvah connaît tout de ses créatures, il sait qu’Onan manifestera sa désapprobation et surtout comment. (Im)moralité: Yehvah voulait tuer Onan pour un motif futile qui aurait pu être évité sans sacrifier au préalable son aîné. Brillant!

Gn 38.14 – Thamar: veuve et perverse – «famille tuyau de poêle – II»

Thamar qui est pour rappel la bru de Juda, et donc la veuve d’Er, et Onan (accessoirement promise au troisième fils qui semble se faire désirer). Va à la rencontre de son beau-père en se faisant passer pour une prostituée. Bien évidemment, le très saint patriarche s’empressera de tromper sa femme avec la jeune fille, en la mettant enceinte et en lui laissant pour gage de paiement à venir son sceau, son cordon et son bâton. Lorsque la grossesse de Thamar est révélée, Judah condamne sa bru à une immolation avortée lorsque Thamar dévoile les gages de Judah prouvant ainsi sa paternité. Tout rentrera dans l’ordre avec la naissance des deux jumeaux illégitimes, Perets et Zérah. Notons que l’adultère et le recours à la prostitution de Judah passe complètement sous silence, autant que la prostitution, les subterfuges et leurs conséquences orchestrées par Thamar.

Gn 38.29-30 – Zérah et Pérets: les deux jumeaux illégitimes

Cependant les deux jumeaux vont vite disparaître des radars ou plutôt de l’histoire jusqu’à que soit rappelée dans Ruth 4.18-22 que Pérets n’est d’autre que l’ancêtre du Roi David lui-même. David sera donc le prestigieux descendant de son illégitime aïeul Pérets, de la lignée de la quatrième tribu, celle de Jacob. Mais alors, comment David fera pour descendre de la lignée de Lévi, la troisième tribu de lignée araméenne? Évidemment, un croisement entre les deux tribus aura lieu, entre Aaron et Elicheva. Mais alors, en 19.36: le fils issu d’inceste de la fille aînée de Loth enfantera Moab, père de la nation de Moab, qui constitue la lignée de Ruth, ancêtre du Roi David. D’après les textes et avec ou sans contradiction, le pauvre David est descendant d’un illégitime issu d’inceste et/ou d’un illégitime issu de prostitution. Nonobstant l’écueil de taille causé au lignage de David (et surtout à l’orgueil blessé des défenseurs de la «pureté de la race»), c’est aussi le lignage du très attendu Messie (prétendu descendant de David) qui perd aussi de son lustre pour le cas.

Genèse 39 – Joseph: tribulations en Égypte – période d’esclavage controversée – II

Les égyptologues confirment que des noms tels que «Putiphar» (39.1) ou «Potiphéra» (41.44) ne seront répandus en Égypte que plusieurs siècles après que l’histoire se soit prétendument déroulée[14]. Nous sommes d’après le texte en 2217 du calendrier hébraïque soit en 1543AEC. Joseph a 17 ans lorsqu’il arrive en Égypte. Soit d’un certain point de vue, la présence d’israélites selon la torah commence avec l’arrivée de Joseph. On ne peut pas considérer qu’il s’agit du joug esclavagiste qui «a rendu la vie amère aux hébreux», puisqu’il s’agit d’un individu isolé. Toutefois si l’on veut compter l’arrivée de Joseph comme point de départ du décompte de la durée du soi-disant esclavage des hébreux en Égypte, sachant que l’exode débutera en 2448CH: de Joseph à l’exode nous trouvons 2448-2217=230 et non 400. L’esclavage prétendu et à proprement parler, ne débutera selon le texte que bien plus tard.

Soulignons la fulgurante ascension de Joseph. D’abord esclave (37.36), puis intendant général de son Maître Putiphar (39.4), puis chef-geôlier de la prison où il est lui-même incarcéré (39.22) (plutôt cocasse comme situation), puis «Vice-Roi» d’Égypte (41.39-43), enfin attributaire de la meilleure région d’Égypte afin d’y installer sa famille venue «du pays» (45.17-20).

Devant un tel succès pour un esclave étranger condamné pour viol, cela pourrait encourager les violeurs étrangers incarcérés actuellement à devenir Premier-Ministres du pays dans lequel ils ont échoués, allocataires de droit d’asile et de subventions pour leur famille étrangère, nonobstant une carence et une inexpérience avérée dans la gestion d’état. C’est bien sûr irréaliste, disconvenant et saugrenu me direz-vous. Pourtant malgré l’énormité de l’histoire, certaines personnes croient non seulement que Joseph a existé mais aussi qu’il a vraiment bénéficié du succès prétendu. Il faut toutefois se résigner à laisser quelques crédules décalés donner un crédit à l’histoire tant que les poules garderont leurs dents et les éléphants blancs leurs ailes.

La lignée patriarcale continue de se diluer à cause du mariage de Joseph avec Asnath (41.45) fille d’un prêtre égyptien. Ses deux enfants Ephraïm et Manassé (41.50-52) seront donc à demi égyptiens, a fortiori le reste de la descendance avec.

Joseph a donc 30 ans en 2230CH (41.46) lorsqu’il est nommé «Vice-Roi» d’Égypte afin de gérer des problèmes d’intendance agricole à venir: c’est à dire sept années de famine qui succèderons à sept années d’abondance. Il aura donc 37 ans en 2237CH au début de la famine lorsque ses frères viendront chercher des vivres en Égypte.

Nous passerons l’épisode romanesque des retrouvailles tourmentées entre Joseph et ses frères (42-46) ; épisode qui aboutira selon le récit, à la migration des Israélites en Égypte (Gn 46).

Genèse 46

Gn 46.27 – Les Hébreux en Égypte: fiction démographique

Nous serions, selon la cohérence chronologique de l’histoire en 2238CH au début des sept années de famines en Égypte. Le nombre d’israélites prétendu est de 70 (Gn 46.27). Si l’on considère que d’après le texte, «Ex12.37 … environ six cent mille voyageurs, hommes faits, sans compter les enfants…»TO, sortiront en 2448CH: on peut estimer, en comptant une femme pour un homme adulte (de plus de 13 ans) et au moins un enfant supplémentaire en moyenne par couple nous arriverions approximativement à 1,8 millions d’individus pour la fraction israélite. Soit en 2448-2238=210ans ; à une population passée de 70 à près de 2 millions. Si on comprime le temps d’une génération pour l’époque et la situation à 25 ans et non à 30 comme c’est la règle en généalogie ordinaire, nous trouvons 8 générations entières. En doublant la population à chaque génération, nous arrivons après 8 cycles à 70×28 soit 17920. En triplant nous arriverions à 459270, en quadruplant à 4 587 520. Le multiplicateur approchant est de 3,6x. Soit à chaque génération la population est multipliée par 3,6: ce qui requiert plus ou moins 7 enfants par couple. Bien sûr sans mortalité aucune. Saluons cette démographie exceptionnelle pour le monde antique. Nous aurons l’occasion d’y revenir plus en détail ultérieurement.

Gn 46.28-47 – Joseph et ses frères: mensonge supplémentaire en guise de visa d’immigration

Ce passage décrit les retrouvailles poignantes entre Joseph et son père Jacob. Il sera demandé à la famille de stipuler être éleveur de gros bétail et non de petit afin de pas déplaire aux égyptiens qui honnissent les éleveurs de petit bétail. Un petit mensonge collectif de plus dont le jeu vaut la chandelle, n’est-ce pas? Pourtant, la mascarade est incohérente.

On trouve d’abord: «Gn 46.31 Joseph dit à ses frères, à la famille de son père: Je vais remonter pour en faire part à Pharaon. Je lui dirai: Mes frères et toute la famille de mon père, qui habitent le pays de Canaan, sont venus auprès de moi. 46.32 Ces hommes sont pasteurs de troupeaux, parce qu’ils possèdent du bétail ; or leur menu et leur gros bétailet tout ce qu’ils possèdent, ils l’ont amené. 46.33 Maintenant, lorsque Pharaon vous mandera et dira: Quelles sont vos occupations? 46.34 Vous répondrez: Tes serviteurs se sont adonnés au bétail depuis leur jeunesse jusqu’à présent et nous et nos pères. C’est afin que vous demeuriez dans la province de Gessen, car les égyptiens ont en horreur tout pasteur de menu bétail.»

Puis, il est dit de la bouche de Joseph a Pharaon lui-même: «Gn 47.1 Mon père et mes frères avec leur menu et gros bétail, sont venus du pays de Canaan…»TO. En fait, Joseph dit à sa famille qu’il va les présenter comme éleveur de bétail, dont le menu, que les égyptiens détestent cela, qu’il faut donc ne rien dire à Pharaon pour finalement tout révéler à Pharaon. Quel intérêt de demander de cacher un point déjà révélé? À moins que le Pharaon d’Égypte ait la mémoire courte, soit niais ou ne sache pas reconnaitre des moutons. Étrange et contradictoire… mais anecdotique à ce stade.

Gn 47.9 – Recadrage chronologique: période d’esclavage controversée – III

Jacob dévoile à Pharaon, son âge au moment de son arrivée: «Gn 47.9 … le nombre des années de mes pérégrinations, cent trente ans.»TO. Si Jacob est né en 2108CH (Gn25.26 / 1652AEC), nous serions en 2238CH/1522AEC, ce qui est cohérent par rapport au calcul effectué lors du commentaire cité plus haut sur Gn39-. Si, l’on prend cette date d’arrivée des hébreux comme point de départ de «l’esclavage», pour un exode survenu en 2448CH, cela nous ramènerait a une période d’esclavage de 210 ans et non de 400. Encore une fois, le dit esclavage débutera plus tard, dès l’avènement du Pharaon successeur, et verra la durée de la période de contrition s’amenuiser notablement. Les données égyptologiques actuelles situent cette date sous le règne soit d’Ahmosis soit de Thoutmosis Ier de la XVIIIe dynastie. Le prétendu exode se déroulera donc en 2448CH/1312AEC sous le règne de Toutankhamon de la XVIIIe dynastie et non de Ramsès II de la XIXe. Nous confirmerons ce point très bientôt dans les analyses suivantes.

La suite du texte explique comment Joseph asservit l’Égypte pour le compte de Pharaon.

Genèse 48

Ce passage évoque les dernières volontés de Jacob (Gn48.1-7), les bénédictions (interverties de plus, entre l’ainé et le cadet pour des raisons obscures) qu’il octroie aux deux fils égyptiens de Joseph, Ephraïm et Manassé (Gn48.8-20), le rappel des promesses territoriales divines ainsi que le rappel des conquêtes suite au massacre de l’épisode Dinah(Gn48.21-22). Il est à noter que ne nombreux parents pratiquants bénissent leur enfants dans les mêmes termes, la veille de leur Shabbat: «Gn 48.20 יְשִׂמְךָ אֱלֹהִים כְּאֶפְרַיִם וְכִמְנַשֶּׁה א48.20» Ces conservateurs puristes, savent-t-ils seulement qu’ils répètent une bénédiction adressée à deux bâtards égyptiens? Il faut ajouter que la bénédiction destinée aux filles évoque Sarah, Rébecca, Rachel et Léa. Vu ce que nous révélons sur les matriarches, cela porte, là encore à réfléchir sur le sens et la valeur des références hébraïques.

Genèse 49 – Les douze Tribus d’Israël: sombres prédictions de Jacob

Les prédictions de Jacob concernant sept des douze têtes de tribus (ses propres fils soit dit en passant) dudit peuple élu et phare des nations. Pour certains, ce sera plutôt dévalorisant, décevant, inquiétant voire écœurant.

En dépit du fait que les passages cités soient tirés de traductions officielles incorrectes, le sens admis n’en demeure pas moins éloquent.

Gn 49.3 – Ruben

א-נט.ג רְאוּבֵן בְּכֹרִי אַתָּה, כֹּחִי וְרֵאשִׁית אוֹנִי–יֶתֶר שְׂאֵת, וְיֶתֶר עָז. פַּחַז כַּמַּיִם אַל-תּוֹתַר, כִּי עָלִיתָ מִשְׁכְּבֵי אָבִיךָ

«Gn 49.3… tu as perdu ta noblesse! Car tu as attenté au lit paternel, tu as flétri l’honneur de ma couche.»TO

«Gn 49.3 Car tu as commis un acte vulgaire, tu as déplacé les lits de ton père! Il a déplacé mon lit!»TS

Gn 49.5 – Siméon et Levi

א-נט.ה שִׁמְעוֹן וְלֵוִי, אַחִים–כְּלֵי חָמָס, מְכֵרֹתֵיהֶם. בְּסֹדָם אַל-תָּבֹא נַפְשִׁי, בִּקְהָלָם אַל-תֵּחַד כְּבֹדִי: כִּי בְאַפָּם הָרְגוּ אִישׁ, וּבִרְצֹנָם עִקְּרוּ-שׁוֹר. אָרוּר אַפָּם כִּי עָז, וְעֶבְרָתָם כִּי קָשָׁתָה; אֲחַלְּקֵם בְּיַעֲקֹב, וַאֲפִיצֵם בְּיִשְׂרָאֵל

«Gn 49.5 … leurs armes sont des instruments de violence. Ne t’associe point à leurs desseins, o mon âme. Mon honneur, ne soit pas complice de leur alliance! Car dans leur colère, ils ont immoles des hommes, et pour leur passion, ils ont frappe des taureaux. Maudite soit leur colère, car elle fut malfaisante, et leur indignation car elle a été funeste. Je veux les séparer dans Jacob, les disperser en Israël.» TO

«Gn 49.5 …des instruments de violence sont leurs outils. Que mon âme n’entre point dans leur complots, que mon esprit ne soit pas lie à leur assemblée. Car ils ont tué des hommes dans leur colère, ils ont mutiles des taureaux de leur volonté. Maudite soit leur rage car elle est violente et leur furie car elle est cruelle. Je les répandrai dans Jacob, je les disperserai en Israël.» TS

Le verset final génère une interrogation dont les perspectives de la réponse sont des plus glauques. «… je les disperserai en Israël…», ce, faisant référence à Siméon et Lévi. De fait, faut-il comprendre que les brutes sanguinaires issus des clans Siméon, et (nous les retrouverons jusqu’au bout), Lévi, seraient encore de nos jours, dispersés en Israël? Devrais-je, en tant que Lévi, me considérer concerné par cet héritage qui me condamne aux armes et à la violence, à l’immolation d’hommes, à des crimes animaliers, au meurtre en état de colère, à la rage violente, à la furie cruelle?

Gn 49.9 – Juda

א-נט.ט יְהוּדָה, אַתָּה יוֹדוּךָ אַחֶיךָ–יָדְךָ, בְּעֹרֶף אֹיְבֶיךָ; יִשְׁתַּחֲווּ לְךָ, בְּנֵי אָבִיךָ. גּוּר אַרְיֵה יְהוּדָה, מִטֶּרֶף בְּנִי עָלִיתָ; כָּרַע רָבַץ כְּאַרְיֵה וּכְלָבִיא, מִי יְקִימֶנּוּ. לֹא-יָסוּר שֵׁבֶט מִיהוּדָה, וּמְחֹקֵק מִבֵּין רַגְלָיו, עַד כִּי-יָבֹא שִׁילֹה, וְלוֹ יִקְּהַת עַמִּים

«Gn 49.9 … tes frères te rendront hommage, ta main fera ployer le cou de tes ennemis, les enfants de ton père s’inclineront devant toi. Tu es un jeune Lion… quand tu reviens avec ta capture…auquel obéiront les peuples…» TO

«Gn 49.9 … tes frères se soumettront à toi. Ta main sera sur la nuque de tes ennemis, les fils de ton père s’inclineront devant toi. Jeune lion, tu t’es redressé de la proie. Des peuples se soumettront a lui…» TS

Gn 49.14 – Issachar

א-נט.יד יִשָּׂשכָר, חֲמֹר גָּרֶם–רֹבֵץ, בֵּין הַמִּשְׁפְּתָיִם

«Gn 49.14 … un âne musculeux, il a livré son épaule au joug… il est tributaire…» TO

«Gn 49.14 … Âne a forte ossature, il incline donc son dos devant la charge, il travaille comme un esclave…» TS

Gn 49.17 – Dan

א-נט.יז יְהִי-דָן נָחָשׁ עֲלֵי-דֶרֶךְ, שְׁפִיפֹן עֲלֵי-אֹרַח–הַנֹּשֵׁךְ, עִקְּבֵי-סוּס, וַיִּפֹּל רֹכְבוֹ, אָחוֹר

«Gn 49.17…Dan, un serpent sur le chemin, un aspic sur le sentier: il pique le pied du cheval et le cavalier tombe renverse…» TO

«Gn 49.17 Que Dan devienne un serpent sur la route, une vipère sur le chemin, mordant le talon du cheval de sorte que le cavalier tombe à la renverse.» TS

Gn 49.27 – Benjamin

א-נט.כז בִּנְיָמִין זְאֵב יִטְרָף, בַּבֹּקֶר יֹאכַל עַד; וְלָעֶרֶב, יְחַלֵּק שָׁלָל

«Gn 49.27 Benjamin est un loup ravisseur: le matin il s’assouvit de carnage, le soir il partage le butin.»TO

«Gn 49.27 Benjamin est un loup ravisseur. Il mange une part le matin, et partage sa proie le soir.» TS

Gn 49.28 – Les 12 tribus dans leur ensemble

א-נט.כח כָּל-אֵלֶּה שִׁבְטֵי יִשְׂרָאֵל, שְׁנֵים עָשָׂר

«Gn 49.28 Tous ceux-là sont les douze tribus d’Israël.»TO

Un joli ramassis de crapules sanguinaires et fourbes qui force l’envie de s’y identifier. N’est-ce pas?

Genèse 50 – Égypte: transition politique et extravagance

Suit le passage sur l’embaumement et les funérailles pharaoniques de Jacob qui sera enterré en grandes pompes et escorté au caveau de Makhpelah. Je laisse l’analyse de ce récit fantasmagorique ainsi que sa crédibilité à l’appréciation des égyptologues qui pourrait trouver un rite funéraire égyptien d’ampleur nationale octroyé au père d’un ressortissant cananéen, tantôt insultant, tantôt délirant. Il ne s’agit pas de nier que la société égyptienne antique, ne permettait pas à des ressortissants étrangers de faire de hautes carrières en Égypte. De là à briguer les postes de «Vice-Roi» et de mériter des funérailles nationales suivies d’un deuil général de la même ampleur, il serait bon de trouver une mesure acceptable.

Gn 50.26 – Mort de Joseph – période d’esclavage controversée – IV

À son tour Joseph décède à l’âge de 110 ans. Embaumé et enterré en Égypte. Le récit se situe donc en 2310CH/1450AEC. Soit sous le règne potentiel de Thoutmosis III voire même Hatchepsout. Si Jacob est né en 2108CH, et si Joseph est né en 2200CH, alors Jacob était âgé de 72 ans lors de la naissance de Joseph, ce qui laisse plutôt songeur…

Le récit de l’exode qui va suivre commence donc après 2310CH. Si le départ des hébreux se produit en 2448CH. La durée de la prétendue période d’esclavage n’excède pas 138 ans et non 400… encore perdu!

Notes et bibliographie

[1] Cf. Sources: Éden

[2] Cf. Sources

[3] Midrash: recueil d’explications et de commentaires allégoriques de la torah.

[4] Cf. Sources: Déluge

[5] Cf. Sources: Déluge

[6] Kramer, S.N. L’histoire commence à Sumer, Flammarion, 1956 — Tournay, Raymond, L’épopée de Gilgamesh, Ed. Cerf, 1977 — Lacarrière, Jacques, Au cœur des mythologies, Gallimard, 2002

[7] Cf. Données archéologiques sur les Philistins.

[8] Cf. Preuves scientifiques irréfutables.

[9] Cf. Gn 16 – Saraï stérile mandate Agar mère porteuse: problème moral.

[10] Cf. Données archéologiques sur les Philistins.

[11] Lecomte-Collin, Véronique et Collin, Bruno, Histoire de la monnaie. Éd. Trésor du Patrimoine, 2004.

[12] Toco-optimisant: barbarisme yacolévique* tiré du grec tocos, «fécondité», soit: qui optimise la fécondité.

[13] Israel Finkelstein et N.A. Silberman, «La Bible Dévoilée», éd. Bayard, 2001.

[14] Israel Finkelstein et N.A. Silberman, «La Bible Dévoilée», éd. Bayard, 2001.

GenèseExodeNombresLévitiqueDeutéronome