Les Versets Diaboliques – L’Exode

Page originelle de Yaacov Levy

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Exode 1

Ex 1.1-1.7 – Introduction

On nous rappelle ici, les noms des douze fils de Jacob arrivés en Égypte. Le nombre total incluant leur famille, soit 70. On précise que Jacob est mort au même titre que toute sa génération et enfin que les hébreux se serait multipliés prodigieusement.

Ex 1.8 – Égypte : nouveau Pharaon et transition politique – flou historique

ב-א.ח וַיָּקָם מֶלֶךְ-חָדָשׁ, עַל-מִצְרָיִם, אֲשֶׁר לֹא-יָדַע, אֶת-יוֹסֵף

Le texte précise ici :

«Ex 1.8 Un roi nouveau s’éleva sur l’Égypte, lequel n’avait point connu Joseph.»TO

Les rédacteurs ne nomment toutefois pas ledit Pharaon.

Quoiqu’il en soit, si Joseph a 110 ans à l’aube de sa vie, l’histoire se situe en 2310CH/1450AEC. Malgré certaines divergences de datation, tous les recoupements situent cette date sous les règnes de Thoutmosis voire encore d’Hatshepsout. Ce point de détail effondre la version biblique qui ne parle que d’un seul passage de pouvoir pharaonique. Durant le séjour desdits hébreux en Égypte, d’Amenhotep Ier (mort de Jacob) à Toutankhamon (récit de l’Exode), se sont succédés pas moins de 7 souverains (Amenhotep, Thoutmosis Ier, Thoutmosis II, Thoutmosis III/Akhenaton, Ankh-Kheperoure, Toutankhamon). Une autre imprécision historique cuisante pour les rédacteurs du texte…

Cela effondre aussi malheureusement les versions cinématographiques, aussi magistrales soient-elles, qui présentent l’histoire comme s’étant déroulée entre les règnes de Sethi et de Ramsès. Sans retirer quoi que soit à la valeur du chef d’œuvre de Cecil B. De Mille, d’autres points à venir vont démanteler sa version romantique…

Plus encore, il semble farfelu de croire qu’un nouveau régent ne connaisse pas le «Vice-Roi», soit, le second du pharaon à qui il succède. Ce nouveau pharaon aurait été écarté de la cour et de son actualité jusqu’à son institution… plutôt saugrenu, il faut en convenir.

Ex 1.9-14 – Les Hébreux en Égypte : asservissement – falsification historique et victimisation

Selon le récit, le nouveau pharaon, très inquiet de la démographie dite galopante des hébreux, décide dans un premier temps de les accabler de corvées, qui n’a pour seul résultat que d’augmenter cette même démographie.

Il suffit de citer les conclusions scientifiques récentes pour comprendre que l’histoire de l’esclavage tel qu’il est présenté en Égypte n’est ni plus ni moins qu’une mystification des yahwistes ayant pour le but leur propre victimisation. Comme cela va très vite être démontré, cette pseudo-population ne pouvait être rendue esclave en Égypte du fait qu’elle n’y a jamais mis les pieds. Quant aux autres populations ayant réellement existé et vécu sur place dans ces époques, elles n’étaient en rien soumise à l’esclavage calimériste biblique.

Le mythe de l’esclavage aura été hypocritement perpétué par les successeurs des auteurs de la Torah et exploiteurs de cette fausse légende. Cependant la vérité trouve toujours un chemin. Une simple pierre gravée, la Pierre de Rosette, aura permis à Jean-François Champollion de décrypter l’écriture hiéroglyphique en 1822. Dès lors, les années suivantes permettront de révéler l’authentique histoire égyptienne et d’effondrer définitivement le colportage de la version biblique d’un asservissement quelconque de millions d’hébreux imaginaires en Égypte.

La confusion entre esclavage et corvée a été le fruit de confusions historiques officielles, jusqu’à la révélation de l’écriture hiéroglyphique. En effet, suite à l’invasion de l’Égypte par les Grecs lors de la période Lagide de Ptolémée de 323AEC à Cléopâtre à 30AEC, la culture helléniste mit en place un esclavage asservissant qui n’existait pas en Égypte jusqu’alors. Cet état de fait documenté par la connaissance du grec a fait longtemps supposer à tort que celui-ci était présent durant les dynasties égyptiennes précédentes. Cette conclusion abusive a renforcé pendant un temps le mythe biblique d’un esclavage en Égypte qui eut été perpétré plus de 1000 ans auparavant.

Je citerai les conclusions sans équivoque de deux des plus éminents et incontestés scientifiques spécialistes du domaine.

Christiane Desrosches Noblecourt, dès 1967 lors de l’exposition de Toutankhamon, effondre le mythe. Grand’croix de la Légion d’honneur, Officier de l’Ordre du Mérite, Médaille de la Résistance, Commandeur dans l’Ordre des Palmes académiques, Commandeur des Arts et des Lettres, Grand Officier de l’ordre de la Libération égyptien, Médaille d’or du CNRS, Grande Médaille d’Argent de l’Unesco, Médaille de Vermeil de la Ville de Paris, Grande Médaille d’Or de la Société d’Encouragement au Progrès, Médaille d’argent de l’Académie d’architecture, auteur de pas moins de 27 ouvrages.

«La corvée, imposée à tous pour les grands travaux tels que l’entretien des canaux d’irrigation ou la construction de grands monuments, pendant la période où, chaque année, la crue du Nil empêchait tous travaux agricoles, c’était aussi sans doute une façon d’occuper la population et d’éviter les dérives auxquelles peut conduire le désœuvrement. Les condamnations de droit commun qui se traduisaient dans certains cas par des travaux forcés ; cet état pouvait, dans certains cas, se transmettre à la génération suivante. Outre le fait que le régime quotidien était moins dur que dans d’autres civilisations, les serviteurs avaient une personnalité juridique et pouvaient posséder un capital.»

Bernadette Menu : archéologue et égyptologue, Directeur de recherche honoraire au CNRS (université Montpellier III), présidente de l’Association internationale pour l’étude du droit de l’Égypte ancienne et ancien professeur d’égyptien ancien à l’université Lille III et à l’Institut catholique de Paris.

«La question de l’esclavage dans l’Égypte pharaonique doit être entièrement revue à la lumière de sources élargies : d’une part, l’analyse du discours et de l’iconographie royaux officiels nous permet de mieux appréhender le sort des captifs de guerre ; d’autre part, la réinsertion, dans leur contexte d’archives, de documents juridiques présentés jusqu’à maintenant comme des ventes d’esclaves ou des ventes de soi-même comme esclave, nous autorise à interpréter ces conventions comme des transactions sur le travail salarié. Il résulte de cet examen que les dépendants (hemou, bakou) sont des hommes libres, intégrés dans les rouages politico-économiques de l’État, jouissant d’une mobilité à la fois géographique et statutaire, et disposant des mêmes droits et des mêmes devoirs que l’ensemble de la population.»

Les dépendants-hemou (ou bakou) «disposaient en effet d’un état civil, de droits familiaux et patrimoniaux ; ils pouvaient contracter, ester et tester en justice, et ils étaient même fiscalement responsables, ce qui élimine d’emblée tout statut d’esclave les concernant. Les prétendus contrats de «ventes d’esclaves» que l’on rencontre à la basse époque sont, si l’on rapproche ces transactions de leur contexte archivistique, des cessions portant sur du travail et des services temporaires, préalablement évalués et quantifiés et pouvant aussi faire l’objet d’un usus transmissible dans le cadre des successions (…) L’exclusion qui caractérise l’esclavage n’a pas sa raison d’être dans une société qui pratiquait au contraire l’intégration à tous les niveaux. La pratique du système de la corvée – à laquelle était soumise la population dans son ensemble – permettait l’obtention périodique de journées de travail au bénéfice de l’État, de l’administration ou des temples, et rendait par là inutile le recours à l’institution de l’esclavage.» Conclusions apportées en 2000.

Ex 1.11 – Ville de Ramessès : anachronisme

Une fois encore, il devient simple de démontrer l’impossibilité historique et le fait qu’une fois de plus les auteurs ont risqués gros à citer quelques détails anachroniques.

Relevons ce passage, qui spécifie :

ב-א.יא …וַיִּבֶן עָרֵי מִסְכְּנוֹת, לְפַרְעֹה–אֶת-פִּתֹם וְאֶת-רַעַמְסֵס

«Ex 1.11 …il [ce peuple] bâtit pour pharaon des villes d’approvisionnement, Pithôm, Ramessès.»TO.

Or, ne considérant que le cas très éloquent de Ramessès ou Pi-Ramessès, œuvre de Séthi Ier valorisé par son fils Ramsès II de la XIXe dynastie… et non d’un pharaon antérieur de la XVIIe dynastie. Le règne de Séthi Ier s’étalant de 1294AEC à 1279AEC, il semble difficile de le voir faire bâtir à de quelconques hébreux, une quelconque ville sous son règne, ceux-ci ayant selon le texte, quitté l’Égypte au moins 20 ans plus tôt. Il faut comprendre que pendant longtemps, les historiens biblistes cum libro, loin des réalités et évidences historico-archéologiques irréfutables, ont été leurrés par la citation de ces deux villes égyptiennes lors d’un règne faussement prétendu esclavagiste par un mystérieux Pharaon.

Il était donc naïf et tentant de transposer la fable des auteurs de la torah, affirmant que leurs aïeux avaient bâtit les dites Pithôm et Ramessès pour nommer sans vérification chronologique, pourtant offerte par le texte lui-même, le pharaon régnant… Le colportage et la crédulité faisant leur chemin, cette impossibilité historique sera toutefois longtemps validée par les esprits simplistes ayant accepté la version cinématographique des «Dix Commandements». Lorsque je tente de démontrer à qui s’insurge de l’énonciation de la stricte vérité, le mensonge historique d’Hébreux sous Ramsès, on me répond avec assurance : «on a vu le film…». Ce qui est étonnant avec ces éternels croyants abusés et endurcis, c’est qu’ils ne croient toujours pas aux extra-terrestres après avoir vu E.T ou Rencontre du Troisième Type. À plus forte raison lorsque Steven Spielberg pourrait être un des nôtres.

Ex 1.15-22 – Pharaon et les sages-femmes hébreues : impossibilité logistique anecdotique

Cette partie du texte raconte que Pharaon convoque les sages-femmes hébreux, qui sont au nombre de… deux! Il semblerait que ce nombre soit contradictoire avec le besoin d’une population à la démographie galopante, estimée d’après le texte lui-même, et nous y reviendrons à près de deux millions… La demande de Pharaon consiste à imposer à ces deux sages-femmes la sélection des enfants de sexe féminin au détriment des garçons. Ce qui laisse donc à supposer, qu’elles assistent à chaque naissance. Le fait d’expliquer comment seulement deux sages-femmes assistent à plusieurs dizaines voire centaines d’accouchements simultanés sera révélé le jour où l’on expliquera comment le Père-Noël réussi à déposer des cadeaux à tous les enfants du monde, en une seule nuit, en passant par les cheminées. À plus forte raison, lorsqu’il n’y a pas de cheminée dans la majorité des logis…

De toute façon, ces super-sages-femmes désobéissent grâce à un mensonge très bateau mais très réaliste, ce qui pousse Pharaon à ordonner la mise à mort immédiate des nouveau-nés mâles.

Ce point est toutefois assez troublant, si on considère ce qui suit.

Ex 1.22 – Pharaon : décret infanticide – orientation sémantique et confusion victimisatrice

ב-א.כב וַיְצַו פַּרְעֹה, לְכָל-עַמּוֹ לֵאמֹר : כָּל-הַבֵּן הַיִּלּוֹד, הַיְאֹרָה תַּשְׁלִיכֻהוּ, וְכָל-הַבַּת, תְּחַיּוּן

«Ex 1.22 Pharaon donna l’ordre suivant à tout son peuple : Tout mâle nouveau-né, jetez-le dans le fleuve, et toute fille laissez-la vivre.»TO

«Ex 1.22 Pharaon donna alors des ordres à tout son peuple : Tout nouveau-né mâle doit être jeté dans le Nil, mais toutes les filles vous les laisserez vivre.»TS

Si nous considérons ces traductions comme proche du texte et donc pour une fois recevables, il est à noter que Pharaon ordonne à «Tout son peuple» de se débarrasser de «Tout nouveau-né mâle». Il n’est absolument pas spécifié qu’il s’agisse des nouveau-nés hébreux. Il ne s’agit là que d’une déduction projetée selon une logique primaire associative. La demande initiale de Pharaon aux sages-femmes semble concerner les accouchements hébreux, le second ordre inclut de manière non-distinctive «Tout son peuple», ce qui inclut égyptiens et hypothétiques hébreux. Selon la réalité historique de l’époque cela dut inclure le territoire annexé de Canaan.

Aucune archive égyptienne ou environnante de fait état d’un tel décret sous Toutankhamon, Pharaon régnant à l’époque où est prétendue se dérouler cette histoire. Soulignons une complication supplémentaire : s’il faut jeter les nourrissons au Nil, cela aurait dû imposer de le faire depuis tout le territoire, soit dans certains cas, aurait forcé à parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour ce faire. Si cette partie du récit est grotesque du début à la fin, il faut surtout retenir, une nouvelle déformation victimisante, sciemment orientée, du décret fantasmagorique attribué à un Pharaon. Encore une fois, cet infanticide à grande échelle ne permet en rien désigner comme cible les seuls hébreux. À qui profite à nouveau le crime, d’un détournement de sens?

Moïse : naissance inspirée de sources antérieures

Le passage décrit la naissance du futur leader et libérateur des hébreux qui est étonnement semblable à d’autres récits antérieurs.

Voici l’histoire du roi Mésopotamien Sargon d’Akkad, qui régna entre le 23° et le 22° siècle avant l’Ère Courante, soit près de 1000 ans avant la naissance prétendue de Moïse.

«Ma mère était grande prêtresse. Mon père, je ne le connais pas. Les frères de mon père campent dans la montagne. Ma ville natale est Azupiranu, sur les bords de l’Euphrate. Ma mère, la grande prêtresse, me conçut et m’enfanta en secret. Elle me déposa dans une corbeille de roseaux, dont elle scella l’ouverture avec du bitume. Elle me lança sur le fleuve sans que je puisse m’échapper. Le fleuve me porta ; il m’emporta jusque chez Aqqi, le puiseur d’eau. Aqqi le puiseur d’eau me retira, en plongeant son seau. Aqqi le puiseur d’eau m’adopta comme son fils et m’éleva. Aqqi le puiseur d’eau m’enseigna son métier de jardinier. Alors que j’étais jardinier la déesse Ištar se prit d’amour pour moi et ainsi j’ai exercé la royauté pendant cinquante-six ans.»

Si d’après la torah, l’exode se déroule en 2448CH/1312AEC alors que Moïse sera âgé de 80 ans, celui-ci serait mathématiquement né en 2368CH/1392AEC, soit sous le règne de d’Amenhotep II, suivi des règnes de Thoutmosis IV, Amenhotep III, Akhenaton, Ankh-Keperoure, puis Toutankhamon. Un seul pharaon sera pourtant mentionné par le texte.

En complément, j’ajouterai plus loin deux points, le premier pour répondre aux conjectures infinies et délirantes concernant le sens du nom de Moïse, le second pour resituer l’identité officielle précise du légendaire prophète.

Exode 2 – Moïse : patrimoine génétique – consanguinité

ב-ב.א וַיֵּלֶךְ אִישׁ, מִבֵּית לֵוִי; וַיִּקַּח, אֶת-בַּת-לֵוִי

«Ex 2.1 Or, il y avait un homme de la famille de Lévi, qui avait épousé une fille de Lévi.»TO

«Ex 2.1 Un homme de la maison de Lévi alla prendre pour femme la fille de Lévi.»TS

La seconde traduction est la plus fidèle et correcte. Dans les deux cas cela impose de comprendre qu’il s’agit d’union endogamique au sein du clan si l’on considère la mauvaise traduction «une fille de Lévi», au sein de la famille proche, cousine voire sœur. Ce point, vu l’historique incestueux de la lignée d’Israël, ne surprend plus ici. Dans l’un et l’autre des cas, le petit Moïse Lévi, c’est bien son nom selon le texte, n’en n’est pas moins un consanguin. S’il avait existé, je serais donc moi-même un descendant de consanguin. Son caractère imaginaire me réconforte sur ma généalogie, ce qui n’est qu’un dérisoire soulagement quant aux fardeaux moraux que le texte me fait déjà porter, ainsi qu’in extenso, aux descendants de ce déplorable Israël biblique. On apprendra en Ex 6.20 que les parents de Moïse sont Amramamram et sa tante Yocabedyokheved. Amram aura 108 ans lors de la naissance de son fils prodigue…

Soulignons aussi, que la mère de Moïse, est la seule qui ait directement obéi à Pharaon, en livrant son enfant au fleuve.

Ex 2.3-9 – Moïse : en berceau chez la fille de Pharaon : casse-tête hydrodynamique et topographique

Ce qui suit n’est à prendre en compte que si l’on estime que la fille d’un Pharaon réside en son palais avec ses suivantes. Toutefois, ce détail n’étant pas précisé par le texte, la pertinence de la remarque suivante est contingente. Cette partie évoque le pistage du berceau flottant sur le Nil, par la sœur aînée de Moïse, jusqu’au palais de Pharaon. La région de Goshen, en toute logique géographique, se situe tout ou partie entre le Nil et le littoral de la mer rouge sous le parallèle passant par Memphis, capitale de la XVIIIe dynastie et pour le cas d’Amenhotep II. Cet état de fait est dû à la nécessité de mettre à l’eau le berceau flottant en amont de Memphis et du palais afin d’être amené à celui par le courant. Jusque-là tout est plus ou moins cohérent, sauf un léger point de détail cocasse. Les palais des pharaons sont situés à plusieurs centaines de mètres de la rive opposée. La largeur du Nil à cet endroit est aussi de plusieurs centaines de mètres, paramètres dépendant du point de berge et du débit saisonnier. De ceci découle que la sœur de Moïse disposait d’une acuité visuelle excellente et d’aptitudes à la natation certaines, conditions sine qua non au contact avec la fille de Pharaon sur l’autre rive. A-t-elle retraversé à la nage en poussant le berceau pour le ramener à sa mère de lait? Rien d’après le texte ne permet de le savoir et toute rigueur intellectuelle empêche d’extrapoler. Sans quoi, on pourrait parler ici, de lampe au génie et de tapis volant. Cela démontre une fois de plus que les auteurs ont encore une fois manqué de souci du détail.

Ces mêmes auteurs ne manquaient pourtant pas d’inspiration puisque l’histoire du berceau est antérieure à sa retransposition dans la torah, je rappelle pour cas la légende du Roi Sargon d’Akkad[1].

Ex 2.10 – Moïse : baptême – terme aux conjectures

Ici, le futur petit prophète est baptisé par sa mère adoptive : משה – moshe, «Moïse». La signification du nom est précisée dans le texte lui-même :

ב-ב.י וַתִּקְרָא שְׁמוֹ, מֹשֶׁה, וַתֹּאמֶר, כִּי מִן-הַמַּיִם מְשִׁיתִהוּ

«Ex 2.10 … parce que je l’ai retiré des eaux.»TO

Il n’y a, dès lors, plus lieu d’épiloguer. Ce que pourtant continuent à faire nombres et nombres. Si, sur un acte de naissance même imaginaire, il est dit que le petit «Cyan», a été baptisé de la sorte parce qu’il est né tout bleu : c’est clair, net, précis, irrévocable. À quoi bon vouloir interpréter et surajouter, en affirmant que le sens du nom fait de l’enfant un militant ardu de droite parce qu’en fait, traduit et réanalysé, «Cyan» veut dire «Tout bleu».

Ex 2.11 – Moïse : va-et-vient inter-maternel ou ping-pong néonatal

Ce passage signale de manière succincte le retour du petit Moïse chez sa mère adoptive, la fille de Pharaon, puis sa prise de contact avec ses frères hébreux, et l’évènement qui a motivé sa fuite vers Madian…

Ex 2.12-14 – Moïse : assassin fuyard

Le passage évoque la rencontre de Moïse une fois plus grand avec ses frères hébreux, ainsi que la prise de conscience, opérée grâce aux remarques de deux hébreux querelleurs qu’il tentait de séparer, que le meurtre d’un garde égyptien qui maltraitait un de ses congénères était connu de Pharaon est sujet à représailles.

La traduction précise bien ב-ב.יב …וַיַּךְ, אֶת-הַמִּצְרִי, וַיִּטְמְנֵהוּ, בַּחוֹל – «Ex 2.12 …il frappa l’égyptien et l’ensevelit sous le sable…»TO , puis, ב-ב.יד …עָלֵינוּ–הַלְהָרְגֵנִי אַתָּה אֹמֵר, כַּאֲשֶׁר הָרַגְתָּ אֶת-הַמִּצְרִי- «Ex 2.14 …voudrais-tu me tuer comme tu as tué l’Égyptien?»TO.

L’Égyptien est donc indubitablement mort, suite à l’action de Moïse. Toutefois, il n’est pas précisé qu’il a bien tué l’Égyptien avant de l’ensevelir, ce qui autorise à penser, au vu de la barbarie des ses aïeux et prédécesseurs, qu’il aurait été capable de l’enterrer vivant pour le laisser mourir. En toute logique, il aura tout de même cherché à maquiller ses actes avant d’avoir à fuir de toute façon, une fois démasqué. Il est intéressant de noter que parmi les élites choisies par ce Yehvah, il n’en est aucun qui soit humainement et moralement irréprochable, voire seulement digne ou exemplaire. Dans tous les cas, barbare ou non, cet illustre prophète et leader charismatique aura débuté sa pitoyable carrière comme lâche meurtrier ; ceci étant certainement induit par quelques tares psychologiques du fait de sa consanguinité et son adoption.

Pour réflexion, si un homme qu’on voudrait «grand», se rend coupable d’homicide cherchant à pallier une agression, il assumerait ses actes se dénoncerait en invoquant l’involontaire et l’acte de défense. Un accident aussi tragique saurait alors ne pas priver cet homme de son aptitude et de sa moralité à diriger un peuple, mais rares sont les hommes droits, justes et intègres capables de telles valeurs humaines ; il faudrait s’appeler… Moïse? En contrepartie, que faut-il penser d’une population qui adule ce genre de personnages fictifs, dont en particulier celui-ci, en l’appelant affectueusement, משה רבנו – moshe rabenu, «Moïse Notre Maître»? Aurait-on pu suivre des grands leaders moraux, réels j’entends, comme Gandhi, Mandela ou le Dalaï Lama, s’ils avaient été des assassins en cavale?

Ex 2.15 – Moïse : réfugié en Madian – la lignée continue à se diluer

Moïse ayant fui d’Égypte se réfugie en Madian, chez un prêtre de l’endroit.

«Ex 2.15 Celui-ci s’enfuit de devant Pharaon et s’arrêta dans le pays de Madian (midian), où il s’assit près d’un puits.»TO.

La suite nous annonce :

«Ex 2.16 Le prêtre de Madian (midian) avait sept filles.»TO.

Puis : «Ex 2.18 Elles retournèrent chez Réouël (re’uel) leur père, qui leur dit : Pourquoi rentrez-vous sitôt aujourd’hui?»TO.

Enfin, on lit :

«Ex 2.21 Moïse consentit à demeurer avec cet homme, qui lui donna en mariage Séphora (tsiporah), sa fille.»TO

Le texte nous informe que le personnage est bel et bien «prêtre de Madian», כֹהֵן מִדְיָן – kohen midian, et non cheikh, et qu’il se nomme רְעוּאֵל – re’uel, «Réouël», (voire «Raguël» dans certaines éditions), heureux papa de sept filles dont Séphora. Moïse, en épousant la fille de Réouël prêtre de Midian, devient donc son gendre. Je réfute ici les traductions erronées ou les orientations de sens qui voudrait faire de Réouël un bédouin musulman avant l’heure en lui octroyant de manière abusive le titre de «cheikh», dont l’existence et le sens entendu de nos jours sont douteux, autant à l’époque du récit qu’à celui de sa rédaction.

Ce Réouël, רְעוּאֵל – re’uel, est loin d’être inconnu : «Gn36.1 Ceci est la lignée d’Ésaü, le même qu’Édom. 36.2 Ésaü choisit ses femmes parmi les filles de Canaan : Ada, fille d’Élôn le Héthéen et Oholibama, fille de Ana, fille de Cibôn le Hévéen ; 36.3 puis Basemath, fille d’Ismaël, sœur de Nebaïoth. 36.4 Ada enfanta à Ésaü Élifaz ; Basemath enfanta Reouél*; 36.5 et Oholibama enfanta Yeouch, Yâlam et Korah. Tels sont les fils d’Ésaü, qui lui naquirent au pays de Canaan.»TO

Réouël est donc le fils d’Ésaü, et rien moins d’autres que le petit-fils d’Ismaël, futur patriarche des nations arabes. Ainsi, si Moïse devient le gendre de Réouël, le fils de Moïse, Gerchon, futur chef de clan lévite, n’est autre que l’arrière-arrière-petit-fils d’Ismaël. Notons qu’il est natif de Canaan, pour peu que cette précision géographique intéresse. La révélation est répétée dans le texte en Gn 36.10.

Une surprise, surgit d’outre chapitre, apparaît : «Gn36.13 Et ceux ci furent les fils de Reouél : Nahath, Zérah, Chamma et Mizza. Tels furent les enfants de Basemath, épouse d’Ésaü.»TO, répété en Gn36.17.

On apprend que le dit Réouël avait aussi quatre fils un temps plus tôt, alors qu’il n’est entouré que de filles à l’arrivée de Moïse. Rien n’explique, ni la disparition des quatre fils, ni l’apparition des sept filles.

Plus tard on verra le nom de Réouël, occulté au profit de «Jéthro», יִתְרוֹ – yitro (Ex 3.1), puis, «Jéthêr», יֶתֶר – yeter et «Jéthro» simultanément dans le même verset (Ex 4.18). Notons que la traduction de Ex 4.18 est Jéthro et non Jéthêr. Faute de frappe, volonté d’atténuer une ambigüité ou une gêne, ou encore multiplication des rédacteurs?

Pour ceux qui auraient encore un doute sur l’identité du personnage, on retrouvera dans le texte :

«Ex 18.1 Jéthro, prêtre de Madian, beau père de Moïse…»TO, «Ex 18.2 Alors Jéthro, beau-père de Moïse…»TO, «Ex 18.5 Jéthro, beau-père de Moïse…»TO, «Ex 18.6 Il fit dire à Moïse : Moi ton beau-père, Jéthro…»TO, «Ex 18.8 Moïse conta à son beau père…»TO, «Ex 18.12 Jéthro, beau-père de Moïse… tous les anciens d’Israël vinrent partager le repas du beau-père de Moïse.»TO, puis, encore en Ex18.14, 15, 17, 24, 27…

Il semblerait qu’en plus d’une confirmation ultérieure sur son identité, Réouël-Jéthro-Jétêr, aura un autre enfant surprise :

«Nb10.29 Moïse dit à Hobab (‘hovav), fils de Ragouêl (re’uel) le Madianite, beau-père de Moïse…»TO

On passe cette fois de Réouël à Ragouêl dans la traduction pour désigner «le beau-père de Moïse», typographié dans le texte רְעוּאֵל – re’uel, «Réouël».

Quoiqu’il en soit, Réouël-Jéthro-Jéthêr, mariera sa fille Séphora à Moïse. De cette union naîtra Guershom. Si les madianites sont considérés comme des bédouins ismaélites, la généalogie israélite se chamarre d’autant. À ce stade les enfants d’Israël auraient été hébréo-araméo-égypto-ismaélites. Mais où sont donc les purs hébreux d’Eber?

Ex 2.23-25 – Yehvah : entend son peuple – suspicion d’Alzheimer précoce ou de surdité partielle

Court passage signifiant que Yehvah entend les plaintes des hébreux. Il devait être très occupé, en concert ou frappé de surdité passagère pour ne pas les avoirs entendu jusque-là! Autre point : on nous signale la mort d’un pharaon à ce stade, soit un autre passage de pouvoir décrit, qui comme nous l’avons évoqué en Ex1.8 et 2 ne correspond difficilement à la réalité historique des successions pharaoniques.

Exode 3 – Moïse : buisson ardent et mandat yehvahique

L’épisode du buisson ardent est suffisamment populaire et fantasmagorique en lui-même. Nous relèverons quelques anomalies rédactionnelles, sans s’attarder plus avant sur cette partie de la fable.

Ex 3.5 – Moïse et Yehvah : premier contact – le soulier manquant

La traduction officielle fait état du point cocasse suivant :

«Ex 3.5 … n’approche point d’ici! Ôte ta chaussure car l’endroit que tu foules est un sol sacré.»TO. נעליך – na’aleikha, «tes chaussures», et non «ta» chaussure.

Détail sans intérêt, révélant une autre bourde traductionnelle. À moins que l’on souhaite toutefois attirer inconsciemment l’attention sur diverses éventualités surdépréciantes concernant notre petit adopté congénital et lâche meurtrier. Était-il indigent, au point de ne pouvoir s’offrir qu’un soulier? Était-il abruti au point de l’avoir perdu ou de l’avoir oublié au réveil? Était-il vraiment aussi diminué que cela? A-t-il fumé et non seulement contemplé le buisson? Est-ce une version antique et éloignée de Cendrillon? Quoiqu’il en soit, nous verrons plus tard qu’il sera déclaré bègue, soulignerait-on qu’il soit aussi estropié ou infirme moteur. Cette attaque gratuite du petit Moïse Lévi n’est qu’une résultante exagérée de la désapprobation de traductions approximatives ou tronquées, et ce n’est qu’un début. De toute manière ça ne peut porter à conséquence ; du fait qu’il ne peut être tenu rigueur, en vertu de la liberté qu’à chacun de s’exprimer, d’une critique ou d’un point de vue donné sur un individu imaginaire. A fortiori, lorsqu’il s’agit d’un personnage de conte. Trouvera-t-on aussi, le courage intellectuel de se moquer des ogres et des sorcières de Grimm?

Ex 3.8 – Terre promise à Moïse : contradiction

Ce passage défini à Moïse, la terre «ruisselante de lait et de miel», où il doit amener les hébreux après leur sortie.

Il s’agirait de la terre du cananéen – כנעני, héthéen – חתי, amorréen – אמורי, phérézéen – פרזי, hévéen – חוי et jébuséen – יבוסי.»

En Gn15.19, pour Abraham : la terre du kénéen – קיני, kénizzéen – קינזי, kadmonéen – קדמוני, kéthéen – חתי, phérézéen – פרזי, refaïm – רפאים, amoréen – אמורי, cananéen – כנעני, ghirgachéen – גרגשי, jébuséen – יבוסי. En fonction des patriarches, la version yehvahique, change.

Ensuite, hormis cananéens et hittites, aucun peuple n’a une existence historique et archéologique. Enfin, la région de Canaan était à l’époque du prétendu exode, sous domination militaire incontestée égyptienne. Aucune trace dans le pentateuque, d’Égyptiens en Canaan. Aucune trace dans les archives égyptiennes et hittites, d’Hébreux en Canaan. Les auteurs faisant parler ce Yehvah, semble ne pas être tout à fait d’accord quant à l’argumentaire de la fable.

Il sera énoncé pour Moïse en Ex13.5 : «… cananéen, héthéen, amorréen, hévéen, et jébuséen…».

Promesse trois fois dissonante.

Ex 3.14-15 – Moïse : révélation du «Nom Sacré»– confusion.

ב-ג.יד וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים[1] אֶל-מֹשֶׁה, אֶהְיֶה[2] אֲשֶׁר אֶהְיֶה[2’];ג.טו וַיֹּאמֶר, כֹּה תֹאמַר לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל, אֶהְיֶה[2], שְׁלָחַנִי אֲלֵיכֶם. וַיֹּאמֶר עוֹד אֱלֹהִים[1] אֶל-מֹשֶׁה, כֹּה-תֹאמַר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, יְהוָה[3] אֱלֹהֵי אֲבֹתֵיכֶם אֱלֹהֵי אַבְרָהָם אֱלֹהֵי יִצְחָק וֵאלֹהֵי יַעֲקֹב, שְׁלָחַנִי אֲלֵיכֶם; זֶה-שְּׁמִי לְעֹלָם, וְזֶה זִכְרִי לְדֹר דֹּר

«Ex 3.14 Dieu[1] répondit à Moïse : Je suis[2’] l’être invariable[2]! 3.15 Et il ajouta : ainsi parleras-tu aux enfants d’Israël : c’est l’être invariable[2] qui m’a délégué auprès de vous. Dieu[1] dit encore à Moïse, parle ainsi aux enfants d’Israël : l’éternel[3], dieu de vos pères, dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, m’envoie vers vous. Tel est mon nom à jamais, tel sera mon attribut dans tous les âges.» TO

«Ex 3.14 Je serai[2’] qui je serai[2], répondit Dieu[1] à Moïse. 3.15 [dieu] expliqua, voici ce que tu devras dire aux israélites : Dieu[2] m’a envoyé à vous. Dieu[1] dit à Moïse, tu devras [ensuite] dire aux israélites : YHVH[3], le dieu de vos pères, le dieu d’Abraham, Isaac et Jacob m’a envoyé à vous. C’est mon nom éternel et c’est ainsi qu’on devra se souvenir de moi pour toutes les générations.»TS

«Ex 3.14 Et Elohim[1] dit à Moïse : Eyieh[2] que je serai[2’], 3.15 et tu diras aux enfants d’Israël, Eyieh[2] m’a envoyé vers vous. Et Elohim[1] dit aussi à Moïse, ainsi tu diras aux enfants d’Israël, Yehvah[3] dieu de vos pères, dieu d’Abraham, dieu d’Isaac et dieu de Jacob m’a envoyé vers vous, et c’est mon nom pour toujours, et c’est mon souvenir pour des générations.»VR

Texteאלהים[1]אהיה[2]אהיה[’2]יהוה[3]
Phonétiqueelohimeyieheyiehyehvah
Traduction
officielle
dieuL’être
invariable
Je suisL’éternel
Traduction
secondaire
dieuJe seraiJe seraiYHVH
Traduction
rectifiée
ElohimEyiehJe seraiYehvah

Reclarifions le verset : Elohim dit à Moïse que son nom est Eyieh mais que c’est Yehvah, son nom pour toujours et toutes générations, qui l’envoie. A priori, pardonnez mes limites, mais si cela est clair pour les croyants, ça ne l’est pas pour moi. J’ai essayé une transposition : un patron se nommant Émile, dit à son employé Maurice : «…vas dire aux autres employés de travailler en précisant que c’est moi Yoyo, qui t’envoie…» ; cohérence douteuse à mon sens.

Ici, nous mettrons l’accent une fois de plus, sur des fantaisies de la traduction «officielle». Comme nous le montrons dans la correction, il est possible de traduire plus fidèlement sans trop nuire au style, mais surtout sans improvisations, extrapolations ni ajouts. Les traductions sont depuis le début et seront pour la suite destinée à faire intégrer une compréhension collectivement admise, ancrée, et surtout utile au renforcement de croyance, autant qu’aux maquillages des incohérences ou aberrations.

Si la traduction secondaire s’évertue à coller à 50% au sens exacts initiaux, la version officielle, elle, détourne, transforme ou invente carrément. La réthorique usuelle est que le nom de ce dieu est tellement sacré, qu’il en est ineffable. Précisons pour sourire que les croyants écrivent dieu comme suit «D.ieu», poussant la crainte de cette diction anodine à en galvauder l’écriture même. Ce nom, prétendu tellement sacré, que les textes mêmes communs le portant, doivent être enterrés dans une Guéniza[2], et non jetés ou détruits.

Le plus amusant est que cela finit par imposer aux yahwistes l’usage de dénominatifs réempruntés à la foi chrétienne : le très-saint, le très-haut, l’éternel, l’invariable, l’immuable et j’en passe. Personne n’a songé à lui octroyer de véritables définitifs comme : l’hypothétique, l’imaginaire, le fantasmatique, le fantasmagorique, l’illusoire… Autre détail, que ce soit pour les noms officiels du dieu ou ses substitutifs, les fervent n’omettent jamais la majuscule initiale. Mieux encore : pour éviter tout foudroiement divin spontané, le nomme השם, hashem, «Le Nom».

Finissons-en avec ce nom tellement ineffable qu’il doit être maquillé, le fameux tétragramme. Quatre lettres en hébreu qui amène théoriquement à une quantité énorme de possibilités. Considérons le יהוה, transposé en caractères latins par YHVH. Rappelons que l’hébreu, ne contient pas de voyelles et que la vocalisation associée à chaque lettre (consonne) peut être multiple : a, é, è, o, ou, i. Cette caractéristique octroie donc un potentiel de manipulations et variations vocaliques bien utile à qui sait s’en servir pour tronquer, masquer ou simplement se leurrer dans le sens initial.

Simplifions le champ vocalique de la manière suffisante suivante : a, ê, i, o, ou. Considérons ensuite, qu’une terminaison en ה, «hey», se prononce généralement en é ou a ; ceci peut être faux dans l’absolu, toutefois restons cohérent et fidèle aux habitudes de langue elle-même pour lesquelles ces deux vocalisations sont essentielles. Cela nous donne cinq vocalisations possibles pour les trois premières lettres et deux pour la dernière, soit : 5x5x5x2=250. Il existe donc une chance sur 250 de tomber sur cette terrible prononciation. Nous passerons ici leur énumération de Yahavaha à Youhouvouhé. J’ai pour ma part essayé plusieurs fois toutes les combinaisons possibles, sans déclencher une foudre me permettant de faire des économies d’électricité. Je laisse le soin aux curieux de faire l’expérience, qui sera certainement stérile en plus d’être ennuyeux ; sauf pour l’orthophonie et le chant. Ce serait là, la première fois qu’on trouve une utilité à ce divinoïde, ou plutôt aux noms qu’on tente de ne pas lui donner.

Ex 3.18 – Les Hébreux en Égypte : voyage vers le Sinaï– expédition impossible

Moïse reçoit le texte qu’il aura à prononcer devant Pharaon. Si l’on admet que ce peuple devait se rendre au Mont Sinaï, pour y recevoir ses commandements et qu’il est précisé qu’il devra parcourir «Ex3.18 …trois journée dans le désert…»TO, cela imposera une cadence de plus de 100km par jour avec femmes, enfants, vieillards et logistique dans un désert montagneux. Le Sinaï se trouve à 320 km de Memphis. Il faudrait au rythme de 5km par heure, à raison de 8 heures de marche par jour : pas moins de 10 jours pour cela. À plus forte raison, pour plusieurs millions d’individus étalés sur une vaste région. Cela revient pour comparaison, à demander à toute la population de l’Albanie, à minuit, de se rendre dès le matin et en 3 jours au Nord d’Athènes en franchissant (à pied sec), le golfe d’Eubée.

Ex 3.20 – Les Hébreux en Égypte : aveu des motivations yehvahiques I – besoin destructeur maladif

ב-ג.כ וְשָׁלַחְתִּי אֶת-יָדִי, וְהִכֵּיתִי אֶת-מִצְרַיִם

«Ex 3.20 Mais j’étendrai ma main et je terrasserai l’Égypte…»TO

Ex 3.22 – Les Hébreux en Égypte : aveu des motivations yehvahiques II – extorsion

ב-ג.כב וְשָׁאֲלָה אִשָּׁה מִשְּׁכֶנְתָּהּ וּמִגָּרַת בֵּיתָהּ, כְּלֵי-כֶסֶף וּכְלֵי זָהָב וּשְׂמָלֹת; וְשַׂמְתֶּם, עַל-בְּנֵיכֶם וְעַל-בְּנֹתֵיכֶם, וְנִצַּלְתֶּם, אֶת-מִצְרָיִם

«Ex 3.22 …des vases d’argent, des vases d’or, des parures ; vous en couvrirez vos fils et vos filles, et vous dépouillerez l’Égypte.»TO

L’idée de l’emploi abusif de force dans un but d’extorsion de biens, n’est pas sans nous rappeler l’épisode des représailles pour Dina (Gn 34). L’intention semble être de créer ou de laisser créer une situation et un état de fait «répréhensible», tout relatif qu’il soit, afin de justifier massacre et dépouillement. Il est presque décevant que cette habitude n’ait pas pu profiter aux esclaves noirs exploités, il y a peu encore, par les puissances occidentales. On admettra que ceux-ci priaient pourtant. Il eut put être intéressant de voir États-Unis et Europe se voir dépouiller de leur richesses par les esclaves, bien réels cette fois, durement et inhumainement exploités, après destruction divine de ces empires suivi d’un retour allègre en Afrique. Malheureusement, volonté divine de fable, justice et réalité historique contemporaine ne semble pas compatibles.

L’intention vénale sera confirmée plus loin :

ב-יב.לו וַיְנַצְּלוּ, אֶת-מִצְרָיִם

«Ex 12.36 …les Israélites dépouillèrent l’Égypte de ses richesse.»TS

Exode 4

Ex 4.10 – Moïse : mandaté malgré de nouvelles tares révélées

Jusque-là Yehvah explique à Moïse la conduite qu’il aura à tenir chez Pharaon pour obtenir la libération des hébreux. Prestidigitation, bâton serpent, main lépreuse… En dépit du soutien affiché et de l’attribution de pouvoirs magiques, Moïse se rétracte, attisant contre lui la colère de Yehvah, suite à quoi, Aaron sera désigné comme porte-parole. Quel en est le motif?

ב-ד.י וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל-יְהוָה, בִּי אֲדֹנָי, לֹא אִישׁ דְּבָרִים אָנֹכִי גַּם מִתְּמוֹל גַּם מִשִּׁלְשֹׁם, גַּם מֵאָז דַּבֶּרְךָ אֶל-עַבְדֶּךָ : כִּי כְבַד-פֶּה וּכְבַד לָשׁוֹן, אָנֹכִי

«Ex 4.10 Moïse dit à l’Éternelyehvah : De grâce, Seigneuradonay! Je ne suis pas habile à parler, ni depuis hier, ni depuis avant-hier, ni depuis que tu parles à ton serviteur ; car j’ai la bouche pesante et la langue embarrassée.»TO

Les termes employés ici sont en plus d’être soit redondants, soit complémentaires sont des plus clairs. כְבַד לָשׁוֹן , – kaved-lashon, «dysphonique». כְבַד-פֶּה – kaved peh, «bègue». La tentative d’atténuation sémantique des traducteurs par «bouche pesante» et «langue embarrassée», s’explique très certainement par la volonté de limiter l’état déficient manifeste et la manière dont cela entache leur si charismatique leader spirituel.

Ici, Moïse tente pour ces raisons de se dérober, faisant à nouveau preuve de couardise. À ce stade, le petit Moïse Lévi, est donc un consanguin taré, bègue et dysphonique, (boiteux?), meurtrier et lâche.

Si je ne porte aucun jugement de quelque sorte sur les tares congénitales, qu’il n’a pas choisi, l’assassinat et la pleutrerie étant déjà accablante, je m’interroge sur la lucidité de ce Yehvah, dans le choix de ses chefs de lignée.

Il faudrait plus parler de «putriarches» que de patriarches! Les parents sont-ils toujours au courant de ce à quoi se rapporte les prénoms qu’ils donnent à leurs enfants?

Boutade : L’attribution prénominale israélite contemporaine.

Les prénoms donnés nos enfants sont pour le moins pittoresques et colorés. Outre les noms de personnages bibliques, nous trouvons tout un achalandage de prénoms qui pourrait sembler grotesques au sein des sociétés occidentales développées.

Dans le registre animalier il est courant de rencontrer des – Yona – «Colombe», jusque là tout va bien ; mais encore, אריה – Arye – «Lion», זאב – Zeev – «Loup», דוב – Dov – «Ours», איילה – Ayala – «Gazelle», דבורה – Dvorah – «Abeille», ציפורה – Tsiporah – «Oiselle» … Dans le registre de l’inerte, citons quelques פנינה – Pninah – «Perle», נוי- Noï – «Ornement», אילן – Ilan – «Arbre». Enfin, plus poétique, חיים – ‘Haïm – «Vie», גיל – Gil – «Allégresse» (Qui signifie aussi «battant de cloche», soit dit au passage), שמחה – Sim’ha – «Joie», תקווה – Tikvah – «Espoir», אורלי – Orli – «Lumière pour moi», נשמה – Neshamah – «Âme», חגיי – ‘Hagaï – «Ma fête», אמיחיי – Ami’haï – «Mon peuple est vivant»… Nous nageons en pleine créativité transcendantale délirante tintée de primitivisme décalé.

Mettons en scène quelques exemples fournis :

 – Salut Ours!
 – Salut Loup!
 – Tu as entendu comment Lion et Abeille, les généticiens de Fille de la Mer, ont appelé leur fille?
 – …Manticore?
 – Non! Espérance… Et à propos de Chant Pour Moi et Lumière pour Moi, concernant leurs jumeaux?
 – Euh… Son et Lumière?
 – Presque! Mon Chant et Ma Lumière.
 – Et toi, tu as entendu comment Mon Peuple Est Vivant et Chênette, mes voisins du dessous, ont appelé leur fils?
 – …Zombi Végétal?
 – Justement, ils n’arrivent pas à trouver, c’est pour cela que je te pose la question!
 – Ah! Si ça continue Joseph et Marie, les cathos du quatrième, vont appeler leur enfant Jésus.
 – Certes, Yoseph et Myriam, les sépharades du troisième ont bien appelé le leur Israël…

Je cite pour anecdote un fait divers qui a consisté pour des parents tellement déçus d’avoir encore une fille, à nommer celle-ci אכזבה – A’hzavah – «Déception». Sans commentaires.

Pour clore : afin de ne pas déroger à la tradition populaire des miens, je promets solennellement de nommer mes éventuels futurs triplés masculins, si je devais en avoir en dépit de mon âge avancé : Truc, Bidule et Machin.

De retour aux tares mochiennes : je rapporterai ici, une blague stupide qui découle du choix malencontreux de Yehvah concernant son leader. Elle n’a pour but que de tourner en dérision le choix du très imaginaire Yehvah pour son tout autant imaginaire Moïse. J’adresse mes plus sincères excuses aux bègues et dysphoniques, s’ils s’en sentaient heurtés et souligne à nouveau, et ils en sont les premiers conscients, que les difficultés de diction, sont, certes injustement mais objectivement invalidantes pour devenir grand orateur publique. Encore une fois, on se moque ici du personnage imaginaire et son inadéquation et non du problème d’élocution. J’adresse ma plus profonde sympathie et mon plus profond respect aux victimes réelles et authentiques d’afflictions quelles qu’elles soient.

Moïse s’adressa à Pharaon en ces termes :

– ‘a, a’, a’, a’, a’… raon! Lai’, lai’, lai’ l’ai’ffe, pa’, pa’, pa’, pa’, pa’, pa’…rtir, mon, mon, mon, mon… peu’ mon peu’, mon peu’peu….
– Arrête de marmonner Moïse! Ton peuple est déjà parti! Va le rattraper! Tu n’as pas lu la suite du texte? Tu as une mer à ouvrir…

Moïse fera part des réticences à s’exprimer pour les mêmes raisons en Ex 6.12, et interrompra directement une révélation de Yehvah en Ex 6.29 pour redonner encore le même argument visant à se soustraire à sa tâche Ex 6.30. Plus loin, il réitèrera en précisant : «Ex 8.30… j’ai la langue embarrassée…»TO. Ce qui est une très mauvaise traduction de ערל שפתים, ‘aral sfatayim, qui équivaut à insensible-endurci des lèvres soit effectivement : très bègue.

À l’issue, Aaron est affecté pour seconder Moïse qui, accompagné de toute sa famille se rend en Égypte pour y accomplir l’ordre yehvahique (Ex 4.20). Moïse sera circoncis à l’aide d’un caillou par Séphora (Ex 4.25), étant dit que soudain Yehvah voulu tuer Moïse pour son incirconcision (Ex 4.24). Sur ce dernier point, le passage n’est pas clair.

ב-ד.כד וַיְהִי בַדֶּרֶךְ, בַּמָּלוֹן; וַיִּפְגְּשֵׁהוּ יְהוָה, וַיְבַקֵּשׁ הֲמִיתוֹ . ד.כה וַתִּקַּח צִפֹּרָה צֹר, וַתִּכְרֹת אֶת-עָרְלַת בְּנָהּ, וַתַּגַּע, לְרַגְלָיו; וַתֹּאמֶר, כִּי חֲתַן-דָּמִים אַתָּה לִי. ד.כו וַיִּרֶף, מִמֶּנּוּ; אָז, אָמְרָה, חֲתַן דָּמִים, לַמּוּלֹת

«Ex 4.24 Pendant ce voyage, il s’arrêta dans une hôtellerie ; le Seigneuryehvah l’aborda et voulut le faire mourir. 4.25 Séphora saisit un caillou, retrancha l’excroissance de son fils et la jeta à ses pieds en disant : «Est-ce donc par le sang que tu es uni à moi?». 4.26 Le Seigneur? le laissa en repos. Elle dit alors : «Oui, tu m’es uni par le sang, grâce à la circoncision!»»TO

Cette traduction est très surfaite et romancée. Repartir d’une base plus littérale n’atténuera pas moins le trouble du concept :

«Ex 4.24 il était en route, dans hôtel ; le rencontra yehvah, il demanda sa mort. 4.25 pris Tsipporah silex, elle retrancha excroissance son fils, toucha ses jambes, elle dit car époux des sangs tu es pour moi. 4.26 Il s’éloigna de lui ; alors elle dit, époux des sangs pour circoncision.»VB

Qui voyage? Qui rencontre qui? Qui veut faire mourir qui? Qui est l’époux de qui? Que signifie les sangs? Qui s’éloigne de qui?… Lorsque le traducteur ajoute «Le Seigneur» dans le verset 4.26, c’est sans qu’il existe dans le verset en hébreu.

Quoiqu’il en soit, je ne relèverai pas la logique divine qui aura finalement manqué d’exécuter son émissaire, lâche, meurtrier, boiteux, dysphonique car… incirconcis.

Ex 4.20 – Moïse : départ «en famille» vers l’Égypte – l’enfant caché

On nous traduit ici : ב-ד.כ וַיִּקַּח מֹשֶׁה אֶת-אִשְׁתּוֹ וְאֶת-בָּנָיו , «Ex 4.20 Moïsemoshe emmena sa femme, et SES enfants…»TO, car וְאֶת-בָּנָיו – veet banav, signifie clairement «et ses fils». Rien dans le texte n’a annoncé jusqu’alors la naissance d’un deuxième fils à Moïse.

Il est très impoli de la part des rédacteurs ne pas avoir fait part de la naissance d’un autre enfant que Guershom avant ce passage. À moins qu’un fois de plus il y ait emmêlage de plumes ou texte manquant.

Ex 4.21 – Les Hébreux en Égypte : acharnement yehvahique sadique I

ב-ד.כא וַאֲנִי אֲחַזֵּק אֶת-לִבּוֹ, וְלֹא יְשַׁלַּח אֶת-הָעָם

«Ex 4.21 …mais moi je laisserai s’endurcir son cœur, et il ne renverra point le peuple.»TO

Cette intention a bel et bien pour but d’accroître la souffrance des hébreux et de multiplier les afflictions à l’encontre de l’Égypte. Il réitérera sa vicieuse intention en Ex 7.3-4. Démonstration supplémentaire du caractère cruel et sadique de ce Yehvah, face auquel les pires dictateurs historiques font pâle figure… «Louons le Saigneur pour cela…»

Les deux émissaires divins vont convaincre le peuple, puis fâcher Pharaon, qui doublera en représailles la tâche, comme par exemple en imposant la confection de brique sans paille ce qui fâchera en retour le peuple, contre Moïse et Aaron.

Exode 5

Ex 5.3 – Moïse et Aaron : premier contact avec Pharaon – exagération mensongère

Lorsque nos deux acolytes se présentent au Roi d’Égypte, pour formuler la requête que leur a ordonné Yehvah, ils avancent :

ב-ה.ג וַיֹּאמְרוּ, אֱלֹהֵי הָעִבְרִים נִקְרָא עָלֵינוּ; נֵלְכָה נָּא דֶּרֶךְ שְׁלֹשֶׁת יָמִים בַּמִּדְבָּר, וְנִזְבְּחָה לַיהוָה אֱלֹהֵינוּ–פֶּן-יִפְגָּעֵנוּ, בַּדֶּבֶר אוֹ בֶחָרֶב

«Ex 5.3 Le Dieuelohei des Hébreux* s’est manifesté à nous. Nous voudrions donc aller à trois journées de chemin dans le désert et sacrifier à l’Éternelyehvah notre Dieueloheinu, de peur qu’il ne sévisse sur nous par la peste ou par le glaive.»TO

Déjà, on perçoit le sens inné de la tragi-escroquerie des deux artistes.

Pour rappel, l’ordre de Yehvah avant déformation et enjolivement (peste et glaive…) est le suivant :

ב-ג.יח וַאֲמַרְתֶּם אֵלָיו יְהוָה אֱלֹהֵי הָעִבְרִיִּים נִקְרָה עָלֵינוּ, וְעַתָּה נֵלְכָה-נָּא דֶּרֶךְ שְׁלֹשֶׁת יָמִים בַּמִּדְבָּר, וְנִזְבְּחָה לַיהוָה אֱלֹהֵינוּ

«Ex 3.18 …vous lui direz : L’Éternelyehvah, le Dieuelohei des Hébreux*, s’est manifesté à nous. Et maintenant nous voudrions aller à trois journées de chemin, dans le désert, sacrifier à L’Éternelyehvah, notre DieueloheinuTO

De quoi s’agit-il? Mécompréhension, improvisation, adjonction victimisante, mensonge…? Quoiqu’il en soit, la parole de Yehvah est d’emblée bafouée par ses émissaires de prédilection.

*Dans un verset (Ex 5.3), on nous transcrit עִבְרִים – hyvrim, pour «hébreux» alors que dans un autre, (Ex 3.18) עִבְרִיִּים – hyvryim, est utilisé. Cela implique que le rédacteur recompose à sa guise l’orthographe d’un même mot ou que deux rédacteurs ne respectent pas les mêmes règles orthographiques. Du fait que les versions divergent, tout porte à croire qu’il y ait eu au moins deux rédacteurs pour ces passages. Pour clore, le H majuscule à «Hébreux» est du fait du traducteur. Enfin, on insiste bien sur le fait qu’il s’agisse du «dieu des hébreux», et non de Dieu ou du dieu de tous les hommes…

Exode 6

Ex 6.2 – Moïse et Yehvah : rabâchage et amnésie yehvahique?

ב-ו.ב וַיְדַבֵּר אֱלֹהִים, אֶל-מֹשֶׁה; וַיֹּאמֶר אֵלָיו, אֲנִי יְהוָה. וָאֵרָא, אֶל-אַבְרָהָם אֶל-יִצְחָק וְאֶל-יַעֲקֹב–בְּאֵל שַׁדָּי; וּשְׁמִי יְהוָה, לֹא נוֹדַעְתִּי לָהֶם

«Ex 6.2 Dieuelohim adressa la parole à Moïse, en disant : Je suis l’Éternelyehvah. J’ai apparu à Abraham, à Isaac, à Jacob, comme Divinité souveraineel shaday ; ce n’est pas en ma qualité d’Étre immuableyehvah que je me suis manifesté à eux.»TO

Une petite clarification traductionnelle s’impose :

«Ex 6.2 parla elohim à mosheh ; il lui dit : je suis yehvah. j’ai montré à avraham, à yits’haq et à ya’akov par el shaday ; et mon nom est yehvah, je suis inconnu d’eux.»VR

À partir de là, chacun réattribuera d’éventuels «dieu, éternel, divinité souveraine, être immuable» à son bon vouloir.

Mauvais scoop, fausse-première ou volonté de garantie d’exclusivité à Moïse. Le nom de Yehvah, prétendu n’être révélé ici pour la première fois qu’à Moïse, a été utilisé pour Abraham (Gn 15.7), pour Jacob (Gn 28.13), par des «anges» (Gn 16.11 ; 19.13-14 ; 18.14), par divers patriarches (Gn 14.22 ; 15.2 ; 15.8 ; 16.2 ; 16.5 ; 22.14 ; 24.27 ; 24.31 ; 24.40 ; 24.44 ; 24.48 ; 26.22 ; 27.7 ; 27.27 ; 28.31 ; 29.32 ; 33.35 ; 30.24 ; 30.30 ; 32.10 ; 49.18), par des étrangers (Gn 24.3 ; 24.31 ; 26.28 ; 29 ; 30.27 ; 31.49).

Ici, Yehvah rappelle encore et toujours qu’il a entendu la souffrance de son peuple et qu’il va le libérer vers Canaan… (Ex 3.7). Cela laisse-t-il sous-entendre que Moïse aurait en plus un problème d’audition ou que Yehvah souffre d’amnésie, de sénilité manifeste ou d’une prédisposition à Alzheimer confirmée?

Après quelques ordres de route (Ex 6.13), l’énumération de lignées familiales (Ex 6.14-28) et après les premières démonstrations de prestidigitations du bâton-serpent (Ex 7.8-10), peu convaincantes car imitées par les magiciens égyptiens (Ex 7.11-12), va commencer le balai des premières plaies.

Exode 7

Ex 7.19 – Les Plaies d’Égypte : le sang (Plaie I) – improvisation contradictoire des émissaires

Nous arrivons au passage où Yehvah déchaîne ses plaies sur l’Égypte par l’intermédiaire de son duo de pointe. Tout commence avec l’eau changée en sang (Plaie I). L’exécution formelle des consignes reçues au buisson, non seulement laissent à désirer, mais sont surtout en contradiction avec les consignes yehvahiques supposées être respectées.

Au buisson, nous trouvons :

ב-ד.ט …וְהָיוּ הַמַּיִם אֲשֶׁר תִּקַּח מִן-הַיְאֹר, וְהָיוּ לְדָם בַּיַּבָּשֶׁת

«Ex 4.9 …tu prendras l’eau du Nil et tu la verseras à terre. L’eau que tu auras prise du Nil se transformera en sang sur le sol.»TS

Chez Pharaon, on nous annonce :

ב-ז.יט אֱמֹר אֶל-אַהֲרֹן קַח מַטְּךָ וּנְטֵה-יָדְךָ עַל-מֵימֵי מִצְרַיִם עַל-נַהֲרֹתָם עַל-יְאֹרֵיהֶם וְעַל-אַגְמֵיהֶם וְעַל כָּל-מִקְוֵה מֵימֵיהֶם–וְיִהְיוּ-דָם

«Ex 7.19 Dis à Aaron de prendre son bâton et d’étendre la main sur les eaux d’Égypte… et l’eau sera changée en sang.»TS.

Pourtant, immédiatement après on lit :

«Ex 7.20 Moïse et Aaron agirent exactement ainsi qu’avais ordonné Dieuyehvah. Aaron leva le bâton et frappa l’eau du Nil… L’eau du Nil se changea en sang.»TS

En Madian, Yehvah ordonne à Moïse de verser lui-même de l’eau. En Égypte, il lui ordonne de dire à Aaron de brandir le bâton. Au final, Aaron trempe le bâton! Soit, Yehvah est lunatique, soit, ses sbires ne comprennent rien ou n’en font qu’à leur tête.

En outre, nous passerons l’énormité qui consiste à transmuter pas moins du volume d’un fleuve en sang. En sang de quoi? Personne ne se pose la question. Toutefois, cela reste un prodige capable de mettre en effervescence tant le corps alchimique que médical.

Viendront ensuite les grenouilles (Ex 7.26-8.11 / Plaie II), les poux (Ex 8.12-15 / Plaie III), les bêtes féroces (Ex 8.16-26 / Plaie IV), l’épidémie (Ex 9.1-6 / Plaie V), les furoncles (Ex 9.8-12 / Plaie VI), la grêle (Ex 9.22-35 / Plaie VII)…

Exode 9

Ex 9.20 – Les Plaies d’Égypte : le bétail qui ressuscite : contradiction et incohérence

Suite à l’épidémie on lit :

ב-ט.ו …וַיָּמָת, כֹּל מִקְנֵה מִצְרָיִם ; וּמִמִּקְנֵה בְנֵי-יִשְׂרָאֵל, לֹא-מֵת אֶחָד

«Ex 9.6 …tout le bétail d’Égypte périt. Parmi le bétail des israélites, pas un seul ne fut touché.»TS

Ce point nous fait comprendre que les «esclaves(?)» possédaient du bétail. En outre, le texte semblera confirmer qu’ils possédaient aussi des maisons, et ne vivaient pas en camps de rétention. D’emblée cela semble très injuste pour les populations libres qui n’en auraient pas possédé. Il semblerait nécessaire de vérifier que des civilisations antiques aux civilisations occidentales modernes, les esclaves oubliés mais ayant eux bel et bien existé, ait pu avoir un quelconque droit de propriété et de quelconques possessions.

Nous avons déjà rappelé que l’esclavage n’existait pas en Égypte, fait historiquement avéré et vérifié. Encore une fois, d’un détournement de sens victimisant à l’autre, les auteurs comme les traducteurs se trahissent grossièrement. Ils insultent, tant avant qu’après l’heure, les authentiques conditions d’esclavages des siècles récents. Ce, en cherchant à produire une confusion entre esclavage inhumain et servage rétribué et en persévérant dans l’affirmation qu’il ait existé en Égypte. À cette tendance et cette autopermission à falsifier l’histoire dans un but démagogique de victimisation semble avoir subsisté jusqu’à nos jours. Cela suggère de s’interroger sur la véracité de ce que tous ces auteurs défendent et affirment, dès lors que cela leur permet d’obtenir une considération indue.

Le plus important à ce stade est qu’il est déclaré que tout le bétail d’Égypte est déclaré mort à l’issue de l’épidémie (Plaie IV).

Pourtant, à propos des furoncles (Plaie V), on trouve :

ב-ט.י …וַיְהִי, שְׁחִין אֲבַעְבֻּעֹת, פֹּרֵחַ, בָּאָדָם וּבַבְּהֵמָה

«Ex 9.10 … une éruption… sur les hommes et les bêtes.»TS

Le premier contre-argument, consisterait à opposer le fait, que si le bétail est mort, «bête» signifie ici, tout autre animal. Faux! Le texte en hébreu est clair en employant בְּהֵמָה – behemah, pour «bête», qui ne signifie pas «animal», mais précisément «bétail». Le supra-contre-argument serait que les furoncles sont apparus sur le bétail mort.

Cette réfutation pourrait être valable sans compter l’affirmation ultérieure au moment de la grêle :

ב-ט.כה הַבָּרָד בְּכָל-אֶרֶץ מִצְרַיִם, אֵת כָּל-אֲשֶׁר בַּשָּׂדֶה, מֵאָדָם, וְעַד-בְּהֵמָה

«Ex 9.25 …la grêle tua tous les hommes et les animaux…»TS.

בְּהֵמָה – behemah signifiant «bétail», est employé au bon gré des traducteurs, tantôt comme animal, tantôt comme bête. Quoi qu’il en soit, si ce bétail a été tué par la grêle (Plaie VII), cela implique qu’il a été frappé par les furoncles (Plaie VI), vivant, alors que d’ores et déjà déclaré mort dans son intégralité à cause de l’épidémie (Plaie V), un temps plus tôt. Cherchez l’erreur!

Un point divertissant supplémentaire pourrait induire un préconcept. Cette grêle, rappelons-le, flamboie. Ce type de bombardement incendiaire de populations civiles, comme par exemple avec du phosphore blanc, apparaît comme toujours d’actualité pour certains individus se sentant concerné par leur pseudo-histoire. Fin de commentaire.

Exode 10

Ex 10.1-2 – Les Plaies d’Égypte : acharnement yehvahique sadique II

ב-י.א וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, בֹּא אֶל-פַּרְעֹה : כִּי-אֲנִי הִכְבַּדְתִּי אֶת-לִבּוֹ, וְאֶת-לֵב עֲבָדָיו, לְמַעַן שִׁתִי אֹתֹתַי אֵלֶּה, בְּקִרְבּוֹ.י.ב וּלְמַעַן תְּסַפֵּר בְּאָזְנֵי בִנְךָ וּבֶן-בִּנְךָ, אֵת אֲשֶׁר הִתְעַלַּלְתִּי בְּמִצְרַיִם, וְאֶת-אֹתֹתַי, אֲשֶׁר-שַׂמְתִּי בָם; וִידַעְתֶּם, כִּי-אֲנִי יְהוָה

«Ex 10.1 L’Éternelyehvah dit à Moïse : Rends toi chez Pharaon; car moi-même j’ai appesanti son cœur et celui de ses serviteurs, à dessein d’opérer tous ces prodiges autour de lui 10.2 et afin que tu racontes à ton fils, à ton petit-fils, ce que j’ai fait aux Égyptiens et les merveilles que j’ai opérées contre eux ; vous reconnaîtrez ainsi que je suis l’ÉternelyehvahTO

«Ex 10.1 Dieuyehvah dit à Moïse : Va chez pharaon. Je l’ai rendu obstiné, lui et ses conseillers, afin de montrer ces signes miraculeux parmi eux. 10.2 Tu pourras ensuite confier à tes enfants et à tes petits enfants que j’ai rendu les égyptiens ridicules et que j’ai opéré des signes miraculeux parmi eux. Vous comprendrez que je suis DieuyehvahTS

«Ex 10.1 Yehvah dit à Mosheh : va vers Paro’oh car j’ai alourdi son cœur et le cœur de ses serviteurs afin que j’établisse ceux de mes signes parmi eux. 10.2 et afin que tu racontes aux oreilles de ton fils et du fils de ton fils, que j’ai brutalisé l’Égypte et mes signes que j’ai posés dans eux et vous saurez que je suis Yehvah.»VR

Tout d’abord cette traduction rectifiée prend un air campagnard. Elle s’efforce toutefois d’être la plus fidèle tout en étant compréhensible. Le style en hébreu est confus en lui-même et utilise des figures de style à la fois redondantes et maladroites, mais aussi nouvelles en rapport aux parties archaïques de la genèse.

Ce qu’il faut en tirer, c’est que Yehvah veut être reconnu pour son inique déploiement de puissance. Ensuite que les variantes de traduction tendent à faire valoir la volonté yehvahique de forcer Pharaon à être récalcitrant pour mieux le maltraiter et le ridiculiser. Yehvah est donc une pseudo divinité qui userait seulement de son hypothétique pouvoir en faussant la donne. Après avoir laissé souffrir son peuple, il l’accable un peu plus, tout en aggravant le comportement de son oppresseur dans un but de cruauté et de condescendance. Qui oserait encore parler de justice, de bienveillance et de sagesse divine venant de Yehvah? Qu’y a-t-il de divin à la tyrannie machiavélique et à l’abus de force?

Cela fait penser à la cruauté d’un chat de salon poussif et engraissé, qui s’enticherai de harceler jusqu’au sang, une vieille souris égarée dans le seul but d’exprimer son reliquat d’instinct animal, avant de retourner à ses croquettes, une fois sa victime rendue inerte, suite d’hémorragie et de torture. Je me dois, quoi que j’en pense, en vertu du choix de ma comparaison, de présenter mes excuses à la tradition tauromachique. Il doit être tellement insultant pour elle, de voir un toréador comparé et abaissé à cette infâme divinité et sa lâche, disproportionnée et distante barbarie. Ce Yehvah se comporte exactement comme un toréador qui achève sa victime après l’avoir épuisée de son sang par cruauté et pour gloriole. Je porte toutefois au crédit du toréador authentique, la fierté et le courage de descendre dans l’arène quelle que puisse en être la funeste issue, les raisons et le poids de la tradition.

Ainsi, comment s’étonner que les descendants des inventeurs et auteurs de cette fable, qui met en scène une telle créature, éprouvent une fierté déplacée et un plaisir non démenti lorsque leur armée suréquipée bombarde par missiles ou drones interposés, des zones urbanisées surpeuplées d’innocents sans défenses, sous prétexte de représailles à des escarmouches frontalières.

Si nous reprenons la suite des plaies, devant l’instabilité décisionnelle systématiquement rétroactive de Pharaon, viendront, les sauterelles (Plaie VIII), les ténèbres (Plaie IX) et la tristement célèbre mort des nouveaux-nés (Plaie X).

Exode 12

Ex 12 – Nouvel an hébraïque : détournement et confusion

La nuit de la fantasmagorique sortie d’Égypte, est déclarée par Yehvah, premier jour de l’année hébraïque.

ב-יב.ב הַחֹדֶשׁ הַזֶּה לָכֶם, רֹאשׁ חֳדָשִׁים

«Ex 12.2 Ce mois-ci sera pour vous, le commencement des mois, le premier mois de l’année.»TO

ב-יב.ג בֶּעָשֹׂר, לַחֹדֶשׁ הַזֶּה : וְיִקְחוּ לָהֶם, אִישׁ שֶׂה לְבֵית-אָבֹת–שֶׂה לַבָּיִת

«Ex 12.3 …le dixième jour de ce mois, prendra un agneau…»TO

ב-יב.ו וְהָיָה לָכֶם לְמִשְׁמֶרֶת, עַד אַרְבָּעָה עָשָׂר יוֹם לַחֹדֶשׁ הַזֶּה

«Ex 12.6 Vous le tiendrez en réserve jusqu’au quatorzième jour de ce mois.»TO

ב-יב.מא וַיְהִי, בְּעֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה : הוֹצִיא יְהוָה אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם–עַל-צִבְאֹתָם

«Ex 12.51 Ce jour même, Dieuyehvah fit sortir les israélites d’Égypte en groupes ordonnés.»TO

Ainsi, en se reportant au calendrier hébraïque, l’exode est prétendu avoir eu lieu le 15 de ce «premier mois». L’exode est fêté comme la Pâques juive dite «Pessa’h». Cette fête devrait donc avoir lieu le 15 du premier mois décrété par Yehvah. Donc, le Nouvel An dit «Rosh Hashana» devrait être fêté quinze jours avant la Pâques. Nous fêtons «Rosh Hashana», le nouvel an, vers septembre. Quant à la Pâques, elle est fêtée vers le mois d’avril.

Comment en est-on arrivé à fêter deux évènements que le dieu de la torah défini à quinze jours d’intervalle d’après le texte, à six mois d’intervalle en pratique?

Dans le Lévitique, nous retrouvons des spécifications claires et précises qui confirment que le premier mois de l’année est celui de la commémoration de la Pâques :

«Lv 23.4 Telles sont les fêtes de Dieuyehvah que vous célébrerez comme fêtes sacrées en leur époque : 22.5 L’après-midi du quatorzième jour du premier mois est [le moment où vous devez sacrifier] le sacrifice pascal de Dieuyehvah …»TS.

Il s’agit du mois de Nissan, affecté comme le premier mois du calendrier, ce qui impose sans équivoque de considérer le premier jour du mois comme Nouvel An – Rosh Hashana.

Nous fêtons toutefois le Nouvel An – Rosh Hashana, le premier du mois de Tichri, sans que rien ne le consacre par décret yehvahique :

«Lv 23.23 Dieuyehvah parla à Moïse, lui disant de parler aux israélites : 23.24 Le premier jour du septième mois sera un jour de repos pour vous. C’est une fête sacrée de souvenir [et] de sonnerie [de la corne de bélier]. Ne faites aucun travail d’utilité [ce jour-là]. Vous offrirez une offrande consumée à DieuyehvahTS.

Absolument rien ne stipule qu’il s’agisse d’un nouvel an. La traduction secondaire est correcte et acceptable outre les addendas. Le choix de celle-ci est pesé car pertinent. Il induit au préalable de notre démonstration, que l’infléchissement humain est bien effectif et affiché. De facto, la mise en pratique de la loi, pourtant affirmée inaltérable, et de plus, simple et limpide pour le cas, sera bien éloignée de ses prescriptions. Les nombreux ajouts entre crochets de la traduction secondaire, visent, selon toute interprétation auto-permissive de décisionnaires autoproclamés, à combler les manques du texte. Ceci permet de mieux orienter ce qu’on veut lui faire dire pour en tronquer voire en truquer le sens.

La conclusion, stricte et formelle, est que l’objet des fêtes fixées dans la torah, a tout bonnement été tronqué et interverti de main d’homme. Malgré toute explication rabbinique fumeuse, la loi est claire et pourtant bafouée populairement et ouvertement. Il s’agit là d’une transgression générale retentissante. Où est donc passé le courroux yehvahique, qui d’habitude réprime et punit durement pour bien moins que cela.

L’erreur est bel et bien humaine. Le calendrier hébraïque est un ersatz, ultérieurement amélioré entre le IVe et XeEC, du calendrier lunaire babylonien estimé au XXIèmeAEC, et encore actif au Xe siècleAEC. Avec deux millénaires d’espacement entre la création babylonienne et le plagiat récupératif hébraïque : nous avancerons la prescription. Les noms de mois ne sont pas fixés dans la torah. Ils ont été attribués et rapportés ultérieurement par les vils copieurs.

MoisVIIVIIIIXXXIXIIVI’(XIII)IIIIIIIVVVI
Babylonien Xe s. AECTašrītuAraḫsamnuKislimuṬebētuŠabāṭuAddaruAddaru II / Elūlu IINisannuAyyaruSimānuTam(m)ūzuAbuElūlu/
MoisIIIIIIIVVVIVI’(XIII)VIIVIIIIXXXIXII
Hébraïque Xe s. ECTichri‘HechvanKislevTevetChvatAdarAdarIINissanIyarSivanTamouzAvEloul

Selon ce système, il existe dans certaines années, dites «embolismiques», un treizième mois, nommé Adar second, qui succède au mois d’adar ordinaire (VI), qui se place donc en septième position. Le but est de rattraper le décalage par rapport aux cycles solaires induit par la succession de mois lunaires. Le cycle complet est de 18 ans, au sein duquel les années embolismiques surviennent l’an 1, 3, 7, 9, 13, 17.

Les règles de calcul et de fixation des fêtes étaient établies par le «Sanhédrin». C’est un conseil décisionnel de 70 «sages», qui aurait sévi, comme nous le rappellerons, à la fin du règne prétendu de Moïse, et, dès celui du tout aussi illusoire Josué.

Le terme de Sanhédrin n’apparait pas dans la torah. Il n’est autre qu’une dérivation du mot grec sunedrion, signifiant «assemblée siégeante», choisi par Napoléon Ier afin de créer le Consistoire Israélite de France. Pourtant, le Sanhédrin n’existera historiquement, et de manière très controversée, qu’au IVAEC, et aura fixé les dates des fêtes à son époque avant que le calendrier soit révélé et diffusé par un certain Hillel à partir de 359AEC. Il portait alors le nom de כנסת הגדולה – kneset hagdolah – «Grande assemblée».

Ce calendrier, reprise et imitation, est donc le fruit d’une assemblée anachronique n’ayant été nominée et fixé bien au-delà de la période fictive mochienne, est en fait un calendrier métonique. Métonique provient de Méton d’Athènes, qui établit ce calendrier hélio-lunaire en 433AEC. Il est donc très vraisemblable que cette «Grande Assemblée», hérita du calendrier lunaire pur babylonien jusqu’à son époque et décida lors de sa constitution de rationnaliser, et modifier l’établissement des dates de fêtes avant de produire et publier un calendrier systématique.

C’est certainement lors de cette réforme qu’il fut établi par ces dits sages, que le nouvel an, ראש השנה – Rosh Hashana, serait considéré en date anniversaire de la prétendue création de l’homme par Yehvah, d’après leur texte de référence : la torah. Ce «nouveau» nouvel an fixé au mois de Tichri par les yahwistes, demeure à ce jour des plus contradictoire avec la volonté et les édits fictifs de leur dieu qui interdira portant clairement et à plusieurs reprises d’affecter ses commandements.

On connaît la suite des préparatifs : sang aux portes (Ex 12.22) et pains azymes (Ex 12.34,39).

Ex 12.29 – Les Plaies d’Égypte : mort des premiers né – génocide yehvahique arbitraire

ב-יב.כט וַיְהִי בַּחֲצִי הַלַּיְלָה, וַיהוָה הִכָּה כָל-בְּכוֹר בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם, מִבְּכֹר פַּרְעֹה הַיֹּשֵׁב עַל-כִּסְאוֹ, עַד בְּכוֹר הַשְּׁבִי אֲשֶׁר בְּבֵית הַבּוֹר; וְכֹל, בְּכוֹר בְּהֵמָה

«Ex 12.29 Or, au milieu de la nuit, le Seigneuryehvah fit périr tout premier-né dans le pays d’Égypte, depuis le premier-né de Pharaon, héritier de son trône, jusqu’au premier-né du captif au fond de la geôle, et tous les premiers nés des animaux.»TO

La pertinence de la traduction, toujours si contestable depuis le début de l’exposé, n’intéresse pas notre propos ici. Seul deux nouveaux points sont criants. Le massacre systématique des premiers-nés inclus les vieillards n’ayant pas eu de descendance, les jeunes et moins jeunes n’ayant pas encore eu d’enfants, enfants et nourrissons sans distinction de sexe. Alors que le décret d’un ancien pharaon portait sur les «premiers-nés mâles», celui de Yehvah porte sur tous les premiers-nés d’Égypte. Dans tous les cas, ce genre de crime atroce est considéré comme génocide et crime contre l’humanité de nos jours. Les auteurs psychopathes et falsificateurs historique ont inventé le pogrom avant l’heure. L’histoire leur aura-t-elle fait payé ou sera-t-elle falsifié jusqu’au bout?

Ensuite, le décret porte aussi sur les premiers nés du bétail, qui mourra donc une fois de plus depuis le début des plaies comme démontré plus haut en Ex9.20 ; le même bétail meurt au moins trois fois sans que cela n’incite à douter, un tantinet, soit peu, sur la crédibilité de l’auteur et sa capacité à maintenir la cohérence de la continuité.

Aparté : Un point supplémentaire vient contrarier la version des auteurs. Le recoupement datif est formel sur la date de l’exode avancé par les rédacteurs. Tout converge pour le règne de Toutânkhamon. La controverse sur les dates de règne des différents pharaons reste actuelle et acceptable. Toutefois du fait qu’il y a bien longtemps que nous avons démontré que cette fable biblique est complètement erronée, rien n’empêche de maintenir cette version des faits.

Il est désormais certain que Ramsès ne pouvait pas être le pharaon de l’exode. Pour deux raisons : les datations certaines et le fait que l’exode n’ait jamais eut lieu. La convergence amenant à Toutânkhamon, le fils de celui-ci ne pouvait mourir Si ses dates de règne pourraient encore être soumise à controverse et aller de 1355AEC en datation haute pour certains jusqu’à 1309AEC pour d’autres, rappelons que l’exode est lui affirmé en 1312AEC. On ne peut pas non plus attribuer la date de l’exode au règne du prédécesseur de Toutânkhamon : Semenkharé. Car si le Pharaon avait été Semenkharé, son fils Toutânkhamon aurait péri sous le coup de la plaie des premiers-nés et n’aurait pas régné. Or, il a régné. On ne peut pas non plus affecter l’exode au règne du successeur de Toutânkhamon : Ay. Car, ils n’ont pas de parenté entre eux.

Ex 12.36 – Les Hébreux en Égypte : rappel du but vénal

ב-יב.לו וַיְנַצְּלוּ, אֶת-מִצְרָיִם – «Ex 12.36 …les israélites dépouillèrent l’Égypte de ses richesse.»TS

Ex 12.37 – Les Hébreux en Égypte : le départ – complications logistiques démesurées

ב-יב.לז וַיִּסְעוּ בְנֵי-יִשְׂרָאֵל מֵרַעְמְסֵס, סֻכֹּתָה

«Ex 12.37 Les enfants d’Israël partirent de Ramessès en direction de Soukkoth…»TO

Si nous reprenons Ex2.3 et si les auteurs s’entêtent à présenter le départ depuis Ramessès, cela devient une fois de plus incohérent. Ramessès a été construite bien après le prétendu exode[3]. Elle se situe plusieurs centaines de kilomètres bien plus en aval que Memphis ; le berceau flottant du petit Moïse n’aurait alors pas pu remonter le delta du Nil vers le palais de la XVIII° Dynastie égyptienne pour être recueilli par une fille de pharaon, et sa grande sœur n’aurait pu franchir une telle distance sans capacités physiques sur-athlétiques pour une enfant de son âge et sans accompagnement logistique conséquent[4]. Mais si les auteurs persistent, poursuivons dans leur sens loufoque.

Concernant la population, le même verset affirme :

ב-יב.לז … כְּשֵׁשׁ-מֵאוֹת אֶלֶף רַגְלִי הַגְּבָרִים, לְבַד מִטָּף וְגַם-עֵרֶב רַב, עָלָה אִתָּם

«Ex 12.37 …environs six cent mille voyageurs, hommes faits, sans compter les enfants. De plus, une tourbe nombreuse les avait suivi…»TO

Toutes les estimations convergent vers une population supérieure à 3 millions de personnes, tendant vers 3 millions et demi. Que ces estimations calculent la démographie depuis Abraham ou en extrapolant le nombre de femmes, d’enfants et de vieillards adjoints aux 600 000 hommes. Le texte affichera 3 autres décomptes ultérieurs plus précis de la population masculine considérée majeure et apte au service militaire. Il faut aussi compter la «tourbe nombreuse», dont rien ne permet l’estimation, mais que l’on peut supposer significative pour être citée.

Indépendamment de toute logistique extravagante, la sortie soudaine d’autant d’individus pose un problème arithmétique grossier. La population égyptienne de l’époque est estimée à environ 2 800 000 individus.

Après l’ensemble des plaies incluant en particulier la mort des premiers-nés, il eut été évident de voir la population égyptienne descendre sous le chiffre de 2 000 000. Evidemment, il est impossible de soustraire 3,5 millions à 2. Une population négative serait-elle une population composée d’entités ectoplasmiques : des fantômes? En outre, la documentation et les archives royales d’époque ne mentionnent absolument rien concernant une chute démographique brutale de la population égyptienne ni une quelconque révolte de millions de ses ressortissants.

Autre problème de taille, le néant archéologique! Alors que l’on retrouve des couples d’hommes de Neandertal ayant vécu quelques dizaines d’années, leur habitat et leurs armes et ustensiles, qui ont disparu il y a plus de 28 000 ans, il est impossible de retrouver la moindre trace de plus de 3 millions et demi d’individu qui aurait vécus dans une région définie au sein d’une civilisation antique connue pendant plusieurs siècles, il y aurait seulement 3200 ans de cela. Pas la moindre cuillère, sandale ou brique. Pas le moindre cimetière! La torah décrit un départ à la hâte. Auraient-ils réussi à tout raser et emporter en une nuit, y compris plusieurs centaines de milliers de sépultures?

Il n’y a aucune référence antique de cet évènement, ni à ce jour aucune trace archéologique de la moindre existence d’un seul hébreu en Égypte! Pas un seul, ni même le demi-quart d’un seul. Quelques traces de sémites originaires de Canaan sont parfois relevées, bien qu’il soit impossible de les rattacher aux hébreux du texte. Qu’en est-il de plusieurs millions? Plusieurs siècles de fouilles et de recherches archéologiques ont amené à la conclusion qu’aucun esclavage n’y exode n’avait existé! Hormis dans la seule référence littéraire sur le sujet, la torah!

Ex 12.40 – Les Hébreux en Égypte : période d’esclavage controversée – V

ב-יב.מ וּמוֹשַׁב בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, אֲשֶׁר יָשְׁבוּ בְּמִצְרָיִם–שְׁלֹשִׁים שָׁנָה, וְאַרְבַּע מֵאוֹת שָׁנָה

« Ex12.40 Or, le séjour des israélites, depuis qu’ils s’établirent dans l’Égypte avait été de quatre cent trente ans.»TO

On nous rappelle une fois de plus que la durée de ce soi-disant esclavage aurait été de 430 ans. Désormais, après la carpe Marseillaise qui grandit chaque année un peu plus après sa mort, nous avons l’esclavage hébraïque, qui grandit à chaque chapitre.

Nous avons déjà démontré à plusieurs reprises que la durée de l’esclavage et de la présence des fantomatiques hébreux en Égypte n’aurait pas excédé 138 ans si elle avait eu lieu. Durée révélée par la chronologie du texte lui-même.

Ex 12.44 – Les Hébreux en Égypte : esclavagophilie – extravagance…

Au sujet du sacrifice pascal et les individus qui sont autorisés à en consommer, on trouve :

ב-יב.מד וְכָל-עֶבֶד אִישׁ, מִקְנַת-כָּסֶף–וּמַלְתָּה אֹתוֹ, אָז יֹאכַל בּוֹ

«Ex 12.44 Quant à l’esclave acheté à prix d’argent, circoncis-le, alors il pourra en manger.»TO

Ces chers hébreux ne sont pas encore «sortis», que leur dieu fixe des règles au sujet d’esclaves. Le problème logique posé ici est de taille. Après que les esclaves hébreux aient possédés bétail et demeures, ils auraient donc en plus des esclaves à leur service? Des esclaves non libérés ni affranchis qui possèdent des esclaves qu’ils auraient pu acheter «à prix d’argent». Le lecteur aurait pu s’attendre à ce que la libération du joug de l’esclavage induise l’interdiction de celui-ci ; c’est le contraire qui se produit.

Autre erreur de taille des auteurs : le fait de parler de monnaie alors que celle-ci fut seulement introduite en Égypte qu’au VeAEC. Il s’agit du même anachronisme que pour le récit de l’achat de la grotte de Makhpela par Abraham.

Pour finir, la Loi impose en plus de circoncire cet esclave. En résumé, des esclaves non libérés et inaffranchis auraient pu acheter d’autres esclaves avec un argent qui n’existait pas à l’époque, pour le mutiler génitalement. Voilà en quoi cette simple petite phrase est un nouveau discrédit cuisant pour les auteurs.

Ex 12.51 – L’Exode : sortie d’Égypte – impossibilité géographique

Occupation égyptienne au milieu du 2e millénaire
L’Empire Égyptien au XVe siècle AEC.
deux siècles après la prétendue sortie d’Égypte

ב -יב.נא וַיְהִי, בְּעֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה, יָצְאוּ כָּל-צִבְאוֹת יְהוָה, מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם

«Ex 12.51 Or, ce fut ce jour-là même que l’Éternelyehvah fit sortir les israélites du pays d’Égypte.»TO

L’époque choisie par les auteurs est très maladroite pour tenter de narrer la sortie d’un quelconque peuple d’Égypte. En effet, cette période correspond à l’apogée expansive géographique de la XVIII° dynastie. Les provinces du Sinaï et de Canaan étaient sous contrôle égyptien à l’époque. Atteindre le Sinaï, ne consistait en rien à sortir d’Égypte mais simplement à voyager dans ses frontières. La confusion est facilement entretenue du fait que l’imaginaire collectif entretient la croyance que l’Égypte limite sa bordure frontalière occidentale au Canal de Suez. D’ailleurs aujourd’hui encore, le Sinaï est toujours une souveraineté territoriale égyptienne.

On ne peut plus parler de «Sortie d’Égypte» sans passer pour un imbécile crédule, naïf et non instruit. Si «sortie de quelque part» il y a, hors sortie des rêves, il s’agit de la «Sortie de Goshen». Ce dernier terme sera donc utilisé, pour la suite de notre exposé, à la place de l’abusif et illusoire «Sortie d’Égypte».

Exode 13 – Les prémices à Yehvah : extorsion et rançonnage

Il est question ici d’octroyer toutes prémices de récolte ainsi que tout premier-né bétail et homme inclus avec une obligation de rachat. La consécration à Yehvah, ordonnée par Yehvah, au nom du massacre des premiers-nés égyptien doit, en plus d’après le texte, être expliqué aux enfants. En sus de cette pédagogie contestable, l’étau se resserre autour d’une des malsaines intentions des auteurs. Puisque prémices et premiers nés appartiennent à Yehvah et que celui-ci impose leur rachat, les parents doivent donc payer. Mais qui? Leur dieu en main propre? Évidemment non. Plutôt et simplement ses mandataires autoproclamés : ses prêtres. L’idée maîtresse est donc de légitimer une extorsion orchestrée par une élite théocratique dirigeante autoproclamée, qui se verra conférer le droit de rançonner sa plèbe. Réussir à ancrer l’idée d’appartenance à une entité imaginaire aux pouvoirs surnaturels tout en encaissant légitimement au passage s’avère génialement machiavélique de la part des instigateurs : afin d’induire une soumission consciente entendue, autant qu’inconsciente efficace.

Apparaît dès lors la redondance «Car Dieuyehvah-elohim-? nous a fait sortir du pays d’Égypte». Cela sera martelé jusqu’à la fin du texte comme fait justificatif des inepties imposées par la suite.

Ex 13.17 – L’Exode : début du périple – anachronisme et lacune archéologique majeure

ב-יג.יז וְלֹא-נָחָם אֱלֹהִים דֶּרֶךְ אֶרֶץ פְּלִשְׁתִּים, כִּי קָרוֹב הוּא

«Ex 13.17Dieuelohim ne les dirigea point par le pays des philistins, lequel est rapproché…».

Comme déjà démontré[5], l’implantation philistine ne se fera que plus d’un siècle après ledit exode. Les auteurs persistent dans leurs anachronismes.

Au-delà, le parcours présumé des millions d’hébreux est retracé avec précision et les sites prétendus de stationnement sont pour nombre, clairement et consensuellement identifiés. Ils ont été explorés et fouillés par des milliers d’archéologues pendant des décennies ; et là encore, pas la moindre petite trace de la plus volumineuse migration humaine que l’histoire aurait pu connaître.

Exode 14 – L’Exode : Pharaon se ravise – come-back fatal

À l’issue de quelques destinations supplémentaire ordonnée au peuple, Pharaon et les égyptiens se ravisent, une fois de plus et partent à la poursuite des hébreux. Le texte énonce à propos de l’ordre de bataille de Pharaon :

ב-יד.ו וַיֶּאְסֹר, אֶת-רִכְבּוֹ; וְאֶת-עַמּוֹ, לָקַח עִמּוֹ. וַיִּקַּח, שֵׁשׁ-מֵאוֹת רֶכֶב בָּחוּר, וְכֹל, רֶכֶב מִצְרָיִם; וְשָׁלִשִׁם, עַל-כֻּלּוֹ

«Ex 14.6 Il fit atteler son char, emmena avec lui son peuple ; pris six cents chars d’élite et tous les chariots de l’Égypte, tous couverts de guerrier.» TO

À ce stade, la première interrogation concerne ce qui peut bien traîner les chars et les chariots puisque le cheptel égyptien est prétendu décimé plusieurs fois à cause des plaies.

Ensuite le fait que Pharaon emmène avec lui son peuple pose un problème logistique de taille : le littoral égyptien s’étendait de l’actuelle Lybie à la Turquie et la bordure méridionale allait jusqu’à l’Éthiopie. Un regroupement de militaires et de civils mobilisés aurait non seulement pris plusieurs semaines mais aussi aurait dépouillé le pays de ses ressources vives, défensives et ouvrières. Nous avions déjà compris que les auteurs n’avaient aucune conscience géostratégique crédible et réaliste, tellement immergés dans leurs fantasmes. Seront donc sensés se confronter 2 000 000 égyptiens face à 3 000 000 hébreux en un assaut sur un mouchoir de poche. La plus grande et bataille épique que l’humanité n’ait jamais connue n’a malheureusement jamais été relatée historiquement. C’est tout naturel, lorsque l’on précise que l’histoire se contente de relater des faits réels. La torah, comme l’Iliade et l’Odyssée et la disparition de l’Atlantide, sont des fables. Certains illuminés finissent toutefois par tenter de faire entrer dans l’histoire des lieux, cités, peuples et évènement imaginaires.

Une autre blague me vient ici à l’esprit :

Le papa du petit Moyshelleh, envoie son fils au talmud torah, le «cathéchisme israélite». Le garçon revient et son père lui demande :

– Alors! Qu’as-tu étudié aujourd’hui?
– La sortie d’Égypte.
– Raconte-moi tout!
– Tu es sûr?
– Oui oui!
– Dis-moi tout sur la sortie d’Égypte…
– Bon… alors voilà! Nous étions retranchés et acculés par l’armée égyptienne, au bord de la Mer Rouge après notre évasion du camp de concentration de Goshen. Après que 10 bombes nucléaires aient balayé l’Égypte, les avions et les hélicoptères de Tsahal sont arrivés pour bombarder les égyptiens, le temps que les transporteurs amphibies chargent les réfugiés et les fasse traverser la mer, en détruisant toute l’aviation et l’armée égyptienne pour nous ramener chez nous.
– QUOI!!!? Mais ça n’est pas du tout comme ça que ça s’est passé!
– Je sais, mais si je te dis ce que le rabbin a essayé de me faire croire à propos de comment ça se serait passé , tu ne me croiras jamais!

S’en suivra l’épisode mythique des hébreux acculés à la mer face à toute l’Égypte armée et prête à en découdre. Protégé par les nuées divines, le peuple traversera à pied sec après l’ouverture de la mer rouge. Les égyptiens finiront par se lancer à la poursuite des hébreux dans le corridor marin en dépit de la désorganisation causée aux troupes par les nuées divines.

Enfin, survient :

ב-יד.כח וַיָּשֻׁבוּ הַמַּיִם, וַיְכַסּוּ אֶת-הָרֶכֶב וְאֶת-הַפָּרָשִׁים, לְכֹל חֵיל פַּרְעֹה, הַבָּאִים אַחֲרֵיהֶם בַּיָּם : לֹא-נִשְׁאַר בָּהֶם, עַד-אֶחָד

«Ex 14.28 Les eaux en refluant, submergèrent, chariots, cavalerie, toute l’armée de Pharaon qui était entré à leur suite dans la mer ; pas un d’entre eux n’échappa.» TO

Revenons sur la précision des auteurs d’avoir envoyé en poursuite tout le peuple égyptien, pour ne considérer qu’il ne s’agisse que de «toute l’armée de Pharaon». Nous ne disposons d’aucune trace historique de la disparition d’un pharaon dans une campagne maritime. En outre, la disparition brutale de l’ensemble des forces armées égyptienne aurait été une aubaine pour Hittites, Assyriens et j’en passe. L’invasion immédiate de l’Égypte aurait sonné le glas de cette prestigieuse civilisation.

Il n’en sera rien, et la XVIIIe dynastie égyptienne sensée avoir été balayée par les miracles de Yehvah, restera une des plus pérenne. Elle donnera lieu à une continuité démographique, politique, militaire, culturelle telle, qui permettra à Ramsès II, fraîchement couronné, d’aller affronter les Hittites, à Qadesh, au nord de l’actuel Liban, près de 40 ans après les évènements prétendus de l’Exode. Les noms, effectifs, organisation, dirigeants des unités égyptiennes et hittites sont connus avec précision. Comment une population et son armée, annoncés comme décimées peu avant, a-t-elle réussit à maintenir et agrandir sa domination régionale les décennies suivantes? Tout simplement parce qu’elle n’a jamais été décimée sauf de manière imaginaire par des auteurs maladroits et très mal documentés.

Exode 15 – «Promenons-nous dans les dunes…» : quand exode devient errance

S’il est su, depuis fort longtemps, qu’aucun des évènements prétendus par le texte ne se sont produits, continuons à suivre jusqu’au bout. Ceci afin de comprendre dans son ensemble, la logique des auteurs, si de logique il est permis de parler, devant un tel fatras littéraire, informationnel et pseudo-historique falsifié et plagié.

Les israélites, heureux du massacre entonneront un chant de louange, puis continueront leur périple tout en se plaignant et geignant afin d’obtenir, eau, cailles et manne miraculeuses. De mécontentements en miracles, la pathétique, ou pitoyable devrais-je dire, avancée, se poursuit.

Exode 17

Ex 17.8 – Amalec : l’ennemi héréditaire

Le texte raconte l’offensive d’un certain ‘amalek et de son peuple, qui sera vaincu par Josué à la fin de la bataille.

ב-יז.ח וַיֹּאמֶר, כִּי-יָד עַל-כֵּס יָהּ, מִלְחָמָה לַיהוָה, בַּעֲמָלֵק–מִדֹּר, דֹּר

«Ex 17.8 Et il dit : Puisque sa main s’attaque au trône de l’Éternelyah, guerre à Amalec de par l’Éternelyehvah, de siècle en siècle.»TO

Notons que, «l’Éternel» est tantôt la traduction de yah ou de yehvah dans ce passage.

Un verset similaire sera cité plus tard : «Dt 25.17 Souviens-toi de ce que t’a fait Amalec, lors de votre voyage, au sortir de l’Égypte ; 25.18 comme il t’a surpris chemin faisant, et s’est jeté sur tous tes traînards par derrière. Tu étais alors fatigué, à bout de forces, et lui ne craignait pas Dieuelohim. 25.19 Aussi, lorsque l’Éternelyehvah, ton Dieueloheikha, t’aura débarrassé de tous tes ennemis d’alentour, dans le pays qu’il te donne en héritage pour le posséder, tu effaceras la mémoire d’Amalec de dessous le ciel : ne l’oublie point.»TO

Ce dieu ordonne donc à son peuple une guerre perpétuelle et éternelle contre l’ennemi «Amalec» et ses ressortissants. Il suffit donc encore aujourd’hui pour quelques croyants fanatiques d’identifier une population comme descendante d’Amalec, dans le but d’engager contre elle des actions militaires, légitimées par l’ordre yehvahique. Il est, là encore pratique, de désigner un ennemi éternel, dans le but de pouvoir mener des campagnes militaires qui n’auraient pas à être justifiée, contesté ni expliquée. Les radicaux colportent le spectre de l’ennemi héréditaire qu’aux jours présents.

Les milieux autorisés identifient les populations arabes comme Amalécites. Puisque ces gens croient que leur dieu a ordonné l’éradication des Amalécites à travers l’histoire, et s’ils daignent considérer que les descendant d’Amalécites sont les actuels arabes, que peut être l’issue d’un effort de paix judéo-arabe? Il suffirait au camp adverse d’avoir un point de vue réciproque pour expliquer la situation géopolitique et les tensions ethniques constantes et insolubles du Moyen-Orient.

Ex 18 – Moïse : leçons de leadership par Jethro le madianite

Les retrouvailles entre Moïse, ses deux fils et son beau-père, Jethro sont racontées. Puis Jethro conseille à Moïse d’organiser une hiérarchie judiciaire afin de l’aider dans la tâche de gestion du peuple. Moïse met donc en place une nomenklatura dirigeante, dont la structure hiérarchique est conseillée par son beau-père. Ni Moïse, ni son dieu, n’y auraient pensé plus tôt? Et tous, finalement, acceptent la méthodologie directive d’un étranger : Jethro étant madianite et non hébreu.

Exode 19 – réception de la Loi – petite mise en condition

ב-יט.א בַּחֹדֶשׁ, הַשְּׁלִישִׁי, לְצֵאת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם–בַּיּוֹם הַזֶּה, בָּאוּ מִדְבַּר סִינָי. / ב-יט.ב וַיִּחַן-שָׁם יִשְׂרָאֵל, נֶגֶד הָהָר

«Ex 19.1 Le troisième mois depuis le départ d’Égypte des israélites, le premier jour du mois, ils arrivèrent au désert du Sinaï.»TO / «Ex 19.2 Israël campa face à la montagne.»TO.

Alors que l’intention initiale fantaisiste[6] était de se rendre à «Ex 3.18 …trois jours de marche pour aller sacrifier au Seigneuryehvah…»TO, le périple, plus réaliste cette fois, semble avoir duré 2 mois et demi. Nous sommes donc le 1er Sivan du calendrier hébraïque. Cette date devrait donc être le jour de fête anniversaire du don de la torah, nommé shavuot.

C’est là que surviennent deux versets aux terribles conséquences :

ב-יט.ה וְעַתָּה, אִם-שָׁמוֹעַ תִּשְׁמְעוּ בְּקֹלִי, וּשְׁמַרְתֶּם, אֶת-בְּרִיתִי–וִהְיִיתֶם לִי סְגֻלָּה מִכָּל-הָעַמִּים, כִּי-לִי כָּל-הָאָרֶץ. יט.ו וְאַתֶּם תִּהְיוּ-לִי מַמְלֶכֶת כֹּהֲנִים, וְגוֹי קָדוֹשׁ

«Ex 19.5 Désormais, si vous êtes dociles à ma voix, si vous gardez mon alliance, vous serez mon trésor entre tous les peuples! Car toute la terre est à moi, 19.6 mais vous, vous serez pour moi une dynastie de pontifes et une nation sainte.»TO

«Ex 19.5 Si à présent vous m’obéissez et si vous gardez mon alliance, vous serez mon trésor unique parmi tous les peuples, bien que le monde entier m’appartienne. 19.6 Vous serez, pour moi, un royaume de prêtres et un peuple saint.»TS

«Ex 19.5 Si maintenant en écoutant vous écoutez ma voix, vous gardez mon alliance, vous serez pour moi une précieuseté parmi tous les peuples, car à moi est toute la terre. 19.6 Et vous, vous serez pour moi une royauté de prêtres et une nation sainte.»VR

Précieuseté… royauté… prêtrise… sainteté… parmi tous les peuples… exclusive à Yehvah…

Voici donc apparaître les précieux saints prêtres royaux uniques pour Yehvah : le peuple élu!

On imagine clairement Yehvah susurrer depuis sa grotte, sous une forme lui allant parfaitement, (pour ceux qui se la figureront immédiatement d’après la réplique) : «N’est-ssce-pas, mon présss-cieux?»

C’est une des clefs du succès du récit. Quoi de plus flatteur que d’être désigné comme le plus beau des peuples par et pour quelque chose qui réussira à se faire passer pour dieu tout-puissant et unique? Si d’un côté la nature humaine sait très bien s’enticher de supériorité, de condescendance et d’auto-gratification, induit par l’égo, elle sait aussi lorsqu’elle est exclue et dénigrée de ce piédestal, générer jalousie, rancœur et haine à l’égard du supérieur auto-affirmé.

Ce concept de peuple élu et la volonté de conservation de son statut par séparation, distinction, isolement et rejet de l’autre, est sociologiquement le rouage fondamental de tout antisémitisme au fil de l’histoire. Mais ce qui aggrave plus que tout aux yeux des exclus, la haine des prétendants à l’élection, c’est que dans leur même texte de référence qui leur autoconfère cette appartenance divine et cette supériorité, il se décrivent eux même comme assassins, sanguinaires, fourbes, lâches, proxénètes, incestueux, cupides… C’est bien un comble pour celui qui n’appartient pas à ce peuple, que pense-t-il naturellement? «Comment ce peuple de crapules, ose-t-il s’éloigner de moi, se séparer de moi, me dénigrer tout en se considérant supérieur et unique?» À qui faut-il faire le reproche? À l’insulté ou à l’insultant? Le paroxysme de l’antisémitisme est alors tapi au sein des cultures et des civilisations qui ont été authentiquement supérieures au niveau philosophique, culturel, scientifique, politique…

Donnons l’exemple d’une famille notable appartenant à une culture évoluée qui recueille un petit exilé. Ils l’élèvent, le font grandir, lui font faire des études, en somme lui font bénéficier de leur statut et de leurs moyens, pour le faire réussir. Après tous leurs efforts et leurs mérites, ils entendent au final : «Je ne mange pas comme vous, je ne suis pas vos croyances, je ne me marie pas avec un d’entre vous, car je suis différent et supérieur.» Que peuvent-ils ressentir à part déception, dégoût, sentiment de trahison? Est-il surprenant, voire même condamnable que des membres de la fratrie considèrent un tel manque de reconnaissance et un tel dédain comme le fait d’un parasite traitre et ingrat, et finissent par concevoir une animosité telle que devant l’entêtement provocateur et non redevable de ce pathétique déliquescent moral, à s’en prendre à lui? Enfin, qu’en sera-t-il alors que la supercherie révélé sur, ce que notre ingrat parasite présente comme la justification de son statut, un texte prétendu divin et sacré qu’il n’est qu’une compilation malsaine d’inepties? Le grief sera démultiplié contre le menteur prétentieux ingrat condescendant, s’excluant et rejetant.

Il découlera de ce terrible Ex 19.5 de très nombreux encouragements à la ségrégation non juive et à la condescendance.

Les trois petits… sujets qui fâchent (les juifs)

Je n’entrerai pas dans les trois grandes spirales de révélations illustrant ce propos, telles que :

Ce, pour deux raisons.

  1. Primo, ces sujets sont parfaitement documentés par ailleurs.
  2. Secundo, aussi illustratifs soient-ils, ils débordent du cadre de mon exposé.

Cependant, je me permettrai toutefois quelques remarques de mon cru, qui n’engagent que moi.

Du talmud

Je considère pour ma part que ces textes n’étant toutefois pas des plus chaleureux à l’encontre de non-juifs et ainsi parfaitement contestables ont été victimes de détournement et de propagande très abusive, il faut le concéder. Il ne faut pas s’attendre d’une compilation de discussions et commentaires de la Torah par des juifs, qui leur spécifie être un peuple saint et précieux parmi les nations, qu’elle les dénigre au détriment des non juifs. C’est certes intellectuellement et moralement déplorable, mais tristement humainement logique. Toutefois, cela ne le sera pas moins que pour d’autres ailleurs, avec leurs «infidèles», où des japonais ont leurs «Gaijins» et des corses leurs «Pinsouilles».

Des expulsions

Parmi les dizaines d’occurrences d’expulsions de juifs par une nation souveraine, de l’antiquité au XXIe siècle, qui sont toutes et toujours justifiées, je n’en citerai que trois.

1938, Allemagne

La plus célèbre, la plus massive et celle qui s’est le plus mal terminé pour tout le monde. Il s’agit de la seule expulsion qui ne répond à aucun critère historique usuel de l’expulsion de juifs. Les critères usuels caractérisent les juifs comme tout ou partie de : parasites sociaux, viles amoraux ou hérétiques notoires. Ce sont là les motifs qui ont toujours enjoint des sociétés développées à écarter les juifs. Toutefois, la version officielle stipule que le chef d’état de l’époque décida arbitrairement de chasser les juifs par jalousie alors que pour la première fois de l’histoire, ils n’avaient rien à se reprocher. Cette version pour ce qu’elle vaut ne saurait être contestée et d’autres versions ne sont pas disponibles car interdites par la loi.

1862, Etats-Unis

La plus étonnante car édictée par le pays étant le plus amical, à tous les niveaux, à l’encontre des juifs. Le pays semble un allié indéfectible du foyer national juif qu’est Israël, depuis son auto-proclamation, incluant une population juive équivalente et une influence lobbyiste juive significative. Pour précision, cette éviction est le fait de pas moins que Ulysse S. Grant, qui aura été Commandant en Chef de l’Armée de Terre puis, le 18e président des Etats-Unis d’Amérique.

Alors Général de l’Armée Nordiste, luttant pour les libertés et les droits de l’humain en visant l’abolition généralisé de l’esclavage : il émit l’Ordre général n°11, le 17 décembre 1862 visant à expulser tous les juifs de sa zone de contrôle de la région du Kentucky, Mississippi, Tennessee.

«Les Juifs en tant que catégorie violant toutes les règles de commerce établies par le Département du Trésor et aussi les ordres des départements, sont par la présente expulsés du “Département du Tennessee”, un territoire administratif de l’Armée d’occupation de l’Union, composé du Kentucky, du Tennessee et du Mississippi, dans les vingt-quatre heures à compter de la réception de cet ordre. Les commandants de poste veilleront à ce que toute cette catégorie de gens reçoive des laissez-passer et soient enjoints à quitter le territoire, et tous ceux qui retourneront après une telle notification, seront arrêtés et tenus en confinement jusqu’à ce qu’une occasion se présente de les renvoyer comme prisonniers, sauf s’ils ont une autorisation du quartier général. Aucune autorisation ne sera fournie à ces gens pour visiter le quartier général dans le but de déposer une demande personnelle de permis de négoce.»

Auparavant, le 10 avril 1862, il ordonnera «à tous les contrôleurs sur la route, que les Juifs ne sont pas autorisés à voyager vers le sud par la route.»

Le 8 décembre 1862, un aide de Grant, le colonel John V. DuBois, ordonne à «tous les spéculateurs sur le coton, Juifs et tous les vagabonds sans moyens honnêtes de subsistance», de quitter le secteur. En outre, le 9 novembre 1862, il ordonna déjà au Général Hurlbut à Jackson dans le Tennessee, de «Refuser toutes les autorisations à se rendre dans le sud de Jackson pour l’instant. Les Israélites, tout particulièrement, doivent être tenus à l’écart.». Puis, le 10 novembre 1862, au Général Webster, encore à Jackson : «Donner des ordres à tous les contrôleurs sur la route afin qu’aucun Israélite ne soit autorisé à se rendre vers le sud par train, à partir de n’importe où. Ils doivent aller au nord et doivent être encouragés à le faire, mais ce sont des nuisances si intolérables que le département doit en être purgé.»

Le 8 décembre 1862, un aide de Grant, le colonel John V. DuBois, ordonne à «tous les spéculateurs sur le coton, Juifs et tous les vagabonds sans moyens honnêtes de subsistance», de quitter le secteur.

2005, Gaza

La plus récente, paradoxale et historiquement unique en son genre elle aussi. Le 17 août 2005, les occupants juifs de la bande de Gaza sont exfiltrés manu militari, par leur propre armée dite de défense, vers des territoires occupés plus intérieurs vers le nord. C’est la première fois que des juifs expulsent des juifs, avec violence de surcroît.

C’est à se demander si (202x? : Cisjordanie? ; 203x? : Israël? ; 21xx : planète Terre ; 22xx : système solaire ; 25xx : galaxie ; 3xxx : univers connu…)

De l’esclavage

L’esclavage, sa régulation et sa gestion sont parfaitement définis et est une pierre angulaire de la torah en tant que code de lois. Par définition, tout juif qui se revendique de la torah se définissant ainsi comme yahwiste, est esclavagiste. Dès lors que l’esclavage est légal de son point de vue, on ne peut toutefois pas condamner un groupe ethnique et cultuel plus qu’un autre. Attention à ne pas le dédouaner non plus. Il faut condamner toutes les parties prenantes de la même manière. À ce propos, que chacun balaye devant sa porte. En conclusion, la seule chose qui empêche des yahwistes d’être encore esclavagistes, homophobes ou pédophiles (sauf pour certains Cons de Bandits dont je tairai le nom), de nos jours : sont les lois modernes. Le progrès a aussi du bon. Malgré tout, mutilations sexuelles et les abattages rituels persistent chez les juifs.

La rage des juifs yahwistes à l’encontre des non-juifs au nom de leur foi ne peut que générer un contrecoup. Justifié, cela reste à démontrer, mais explicable, c’est évident! L’antisémitisme n’a rien de surnaturel. Il est humain, psychologique, sociologique, philosophique… réactionnel dans le sens le plus humain du terme… Il est généré par ceux-même qui en font, justement ou non, l [texte perdu].

Ex 19.6-25 – Réception de la loi : autres préparatifs

S’ensuivent donc une série d’injonctions préparatoires à la réception de la parole de Yehvah et de ses commandements.

Exode 20 – Les dix commandements

Les dix commandements : עֲשֶׂרֶת הַדְּבָרִים, aseret hadevarim, «les dix paroles» (Ex 34.28).

Nous voici au passage qui représente les dix lois centrales de la torah. À ce propos, il est très amusant de constater que la majorité des juifs, eux-mêmes, ne les connaissent pas, ni dans l’ordre, ni dans le désordre. D’ailleurs, le monde entier, juifs y compris, pensent à tort que le premier et donc le plus important des commandements n’est autre que le mal traduit «Tu ne tueras pas.» Replaçons les choses dans l’ordre chronologique et hiérarchique du contexte littéraire original.

I

ב-כ.ב אָנֹכִי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, אֲשֶׁר הוֹצֵאתִיךָ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם מִבֵּית עֲבָדִים

«Ex 20.2 Je suis l’Éternel ton Dieuyehvah-eloheikha qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, d’une maison d’esclavage.»TO

«Ex 20.2 Je suis l’Éternel ton Dieuyehvah-eloheikha qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, d’un lieu d’esclavage.»TS

Force est de constater que Yehvah ordonne en premier lieu qu’il soit considéré comme dieu… est-ce tant nécessaire que logique? Ensuite de rappeler que Yehvah est dieu parce qu’il a libéré le peuple face auquel il s’autoproclame dieu. De plus, la libération concerne l’Égypte, alors que selon le texte, c’est lui-même qui l’a envoyé en esclavage à cet endroit tout en manipulant les Égyptiens et leur pharaon dans un but martyriste. En d’autres termes, le premier pilier du décalogue signifie tout simplement : «C’est moi le chef parce que je t’ai sorti de la prison ou je t’ai moi-même enfermé.» On pourrait attendre quelque chose de moins dictatorial et de plus éloquent de la part d’un prétendu «dieu suprême» qui énonce sa future constitution.

II

ב-כ.ג לֹא-יִהְיֶה לְךָ אֱלֹהִים אֲחֵרִים, עַל-פָּנָי

«Ex 20.3 Tu n’auras point d’autre dieu que moi.»TO

«Ex 20.3 N’aie aucun autre dieu devant moi.»TS

«Ex 20.3 Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi.»VR

Cette seconde affirmation prête ici à sourire du fait qu’elle rappelle une blague infantile sur le rôle du chef : «Règle numéro 1 : le chef a toujours raison. Règle numéro 2 : si le chef devait avoir tort, la règle numéro 1 entrerait immédiatement en application.»

Mais plus encore, le «dieu unique» admet maladroitement qu’en fait, il n’est pas unique, puisque précisant qu’il y a d’autres dieux. Cette multiplicité de divinités a déjà été affirmée dans la Genèse. Quoi qu’il en soit, cette close est un interdit brutal de toute concurrence, soit un contrat d’exclusivité tyrannique.

La section des commandements suit ici l’avis majoritaire institué dans le judaïsme, cependant, certains avis lient les deux premiers commandements évoqués ici et sépare ce qui suit en un commandement distinct. Conservons l’ordre établi jusqu’à la fin de l’analyse qui révèlera quelques surprises.

ב-כ.ד לֹא-תַעֲשֶׂה לְךָ פֶסֶל, וְכָל-תְּמוּנָה, אֲשֶׁר בַּשָּׁמַיִם מִמַּעַל, וַאֲשֶׁר בָּאָרֶץ מִתָּחַת–וַאֲשֶׁר בַּמַּיִם, מִתַּחַת לָאָרֶץ. כ.ד לֹא-תִשְׁתַּחֲוֶה לָהֶם, וְלֹא תָעָבְדֵם : כִּי אָנֹכִי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, אֵל קַנָּא–פֹּקֵד עֲו‍ֹן אָבֹת עַל-בָּנִים עַל-שִׁלֵּשִׁים וְעַל-רִבֵּעִים, לְשֹׂנְאָי.כ.ו וְעֹשֶׂה חֶסֶד, לַאֲלָפִים–לְאֹהֲבַי, וּלְשֹׁמְרֵי מִצְו‍ֹתָי

«Ex 20.4 Tu ne te feras point d’idole, ni une image quelconque de ce qui est en haut dans le ciel, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessous de la terre. 20.5 Tu ne te prosterneras point devant elles, tu ne les adoreras point ; car moi, l’Éternelyehvah, ton Dieueloheikha, je suis un Dieuel jaloux[1], qui poursuis le crime des pères sur les enfants[2] jusqu’à la troisième et à la quatrième générations, pour ceux qui m’offensent; 20.6 et qui étends ma bienveillance à la millième, pour ceux qui m’aiment et gardent mes commandements.»TO

Reprise en Ex 34.6

Cette traduction nous fait donc comprendre quelques points clairs et précis. Il ne doit pas y avoir d’idoles. Il est interdit de représenter volatiles, nuages, astres, faune et flore terrestre et troglodyte. Ce «dieu» est jaloux, trait de caractère particulièrement congruent pour une divinité. Il poursuit les enfants à cause de la faute des parents sur trois ou quatre générations. Il est bienveillant pour ceux qui l’aiment sur mille générations.

Toutefois la traduction secondaire semble édulcorée et loin des habitudes traductionnelles plutôt intègres qu’on lui conférait jusqu’alors.

«Ex 20.4 Ne représente pas ces dieux? par une statue gravée ou une image de tout ce qui se trouve en haut dans le ciel, en bas sur la terre, ou dans l’eau au-dessous de la terre. 20.5 Ne te prosterne point devant ces dieux et ne les adore pas. Je suis l’Éternelyehvah ton Dieueloheikha, je suis un Dieuel qui exige une adoration exclusive[1]. En ce qui concerne mes ennemis?, je garde à l’esprit la faute des pères pour leurs descendants[2], jusqu’à la troisième et la quatrième génération. 20.6 Mais pour ceux qui m’aiment et qui garde mes commandements, je montre de l’amour pendant des milliers de générations.»TS

(?) : Rien dans le texte en hébreu n’affiche un quelconque «ces dieux» ni «mes ennemis».

[1] et [2] : אֵל קַנָּא – el kanah, «dieu jaloux»TO et בָּנִים – banim, «enfants»TO, «fils»VR disparaissent pour laisser la place à «dieu qui exige une adoration exclusive»TS et «descendants d’ennemis»TS. Aurait-on quelque chose à se reprocher? Ex 34.14

Voyons une traduction brute approchée : «Ex 20.4-6 Tu ne feras pas pour toi statue et image de ce qui est dans les cieux au-dessus, et ce qui est dans la terre en dessous et ce qui est dans l’eau en dessous de la terre. Tu ne te prosterneras pas devant eux et tu ne les serviras pas car moi suis Yehvah ton dieu, dieu jaloux recensant le crime des pères sur les fils, sur les troisièmes, sur les quatrièmes pour mes haïssants. Et faisant bonté pour les milliers pour les aimants et les gardiens de mes commandements.»VR

Si cette traduction est grossière, elle révèle pourtant mieux, qu’il semble déconseillé de reproduire ce qui se trouverait au-delà des cieux, soit probablement des anges ou des dieux avec, par-dessous la terre, soit des diablotins ou des monstres. Il semble plus logique d’évoquer de fantaisistes créatures surnaturelles, à ne pas servir. Mais alors, donner cette traduction correcte évoque directement leur existence, ce qui semble tenté d’être évité par les traducteurs de tous bords. Concernant la vindicte divine transgénérationnelle, nous la laisserons pour ce qu’elle est.

Il sera confirmé qu’il s’agit bel et bien ne pas représenter le surnaturel un peu plus loin :

ב-כ.כ לֹא תַעֲשׂוּן, אִתִּי : אֱלֹהֵי כֶסֶף וֵאלֹהֵי זָהָב, לֹא תַעֲשׂוּ לָכֶם

«Ex 20.20 Ne m’associez aucune divinité ; dieux d’argent, dieux d’or, n’en faites point pour votre usage.»TO

«Ex 20.20 Ne faites une représentation de rien de ce qui est avec moi. Ne faites point pour vous de dieux d’argent ou d’or.»TS

Reprise en Lv 19.4

Si la traduction officielle tente de masquer le לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי – lo taasun iti, «ne faites rien de ce qui est avec moi», d’autres admettent et traduisent un peu mieux l’avération d’un entitaire métaphysique péridivin.

III

ב-כ.ז לֹא תִשָּׂא אֶת-שֵׁם-יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, לַשָּׁוְא : כִּי לֹא יְנַקֶּה יְהוָה, אֵת אֲשֶׁר-יִשָּׂא אֶת-שְׁמוֹ לַשָּׁוְא

«Ex 20.7 Tu n’invoqueras point le nom de l’Éternelyehvah ton Dieueloheikha à l’appui du mensonge ; car l’Éternelyehvah ne laisse pas impuni celui qui invoque son nom pour le mensonge.»TO

«Ex 20.7 N’invoque point le nom de l’éternel ton Dieuyehvah-eloheikha en vain. Dieuyehvah ne laissera pas impuni celui qui invoqueras son nom en vain.»TS

Voici un nouveau désaccord traductionnel entre «pour le mensonge» et «en vain». Une autre traduction possible et entendue de לַשָּׁוְא – lashave, est encore : «faussement». Ce «faussement» induit un sens d’erreur. La consigne pourrait donc être, non pas de ne pas prononcer de faux-serments ou de prononcer inutilement et futilement le nom divin mais de ne pas commettre d’erreur dans sa prononciation. Du fait de l’actuelle méconnaissance du supra-nom sacré yehvahique correct, il est substitué par d’autres patronymes aussi divers que divergents. De facto, cet usage incorrect et déviant induirait donc une violation directe et constante de ce troisième commandement. En clair, nommer Yehvah par «l’éternel», «Adonaï», «Jehovah», «Hachem»… et j’en passe, serait une transgression! Plutôt cocasse! À méditer…

Il faut toutefois apporter une traduction plus en accord avec ce que peut mieux être le sens initial du verset.

«Ex 20.7 N’évoque pas le nom de Yehvah ton dieu incorrectement, car ne disculpera pas Yehvah celui qui évoque son nom faussement.»VR

IV

ב-כ.ח זָכוֹר אֶת-יוֹם הַשַּׁבָּת, לְקַדְּשׁוֹ. כ.ט שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲבֹד, וְעָשִׂיתָ כָּל-מְלַאכְתֶּךָ. וְיוֹם, הַשְּׁבִיעִי–שַׁבָּת, לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ : לֹא-תַעֲשֶׂה כָל-מְלָאכָה אַתָּה וּבִנְךָ וּבִתֶּךָ, עַבְדְּךָ וַאֲמָתְךָ וּבְהֶמְתֶּךָ, וְגֵרְךָ, אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ. כ.י כִּי שֵׁשֶׁת-יָמִים עָשָׂה יְהוָה אֶת-הַשָּׁמַיִם וְאֶת-הָאָרֶץ, אֶת-הַיָּם וְאֶת-כָּל-אֲשֶׁר-בָּם, וַיָּנַח, בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי; עַל-כֵּן, בֵּרַךְ יְהוָה אֶת-יוֹם הַשַּׁבָּת–וַיְקַדְּשֵׁהוּ

«Ex 20.8 Pense au jour du sabbat pour le sanctifier. 20.9 Durant six jours tu travailleras et t’occuperas de toutes tes affaires, mais le septième jour est la trêve de l’Éternel ton Dieuyehvah-eloheikha : tu n’y feras aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ton esclave mâle ou femelle, ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes murs. 20.10 Car en six jours l’Éternelyehvah a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment et il s’est reposé le septième jour ; c’est pourquoi l’éternel a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié.» TO

Le jour de repos hebdomadaire est placé en tête des commandements. Comme quoi, il sera plus important pour ce peuple de ne rien faire que de ne pas tuer. Il est à noter, que le statut des esclaves, est aussi précisé ici.

V

ב-כ.יא כַּבֵּד אֶת-אָבִיךָ, וְאֶת-אִמֶּךָ–לְמַעַן, יַאֲרִכוּן יָמֶיךָ, עַל הָאֲדָמָה, אֲשֶׁר-יְהוָה אֱלֹהֶיךָ נֹתֵן לָךְ

«Ex 20.11 Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur la terre que l’Éternel ton Dieuyehvah-eloheikha t’accordera.»TO


Reprise en Lv 19.3 ; Lv 20.9

Le terme כַּבֵּד – kaved, doit plutôt être rapporté au respect dû par obéissance imposée et non au fait de respecter par admiration ni à la volonté de faire honneur ou de rendre des honneurs. Le mot et le concept «Honneur» au sens de «sentiment d’une dignité morale, estimée plus haut que tous les biens, et qui nous porte à des actions loyales, nobles et courageuses», et, tel qui l’a été conçu par exemple à travers l’esprit médiéval occidental ou nippon, n’existe pas en hébreu. Encore une fois, aucun mot en hébreu ne signifie et ne reflète «Honneur». Qui dit, mot absent, dit «concept absent». Rien d’étonnant à cela, au regard de ce qu’est le référentiel moral, sordide et abjecte de la culture hébraïque : la torah.

Quoiqu’il en soit, si la durée d’existence sur ladite terre promise par Yehvah, dépend du respect aux parents, aux vues de l’histoire, il va falloir considérer que ceux qui sont censés avoir reçu ce commandement, l’ont très mal respecté et ont certainement été très irrévérents avec leurs parents pour avoir mérité une diaspora pluriséculaire.

VI

ב-כ.יב לֹא תִרְצָח

«Ex 20.12 …Ne commets point d’homicide…»TO

Voici, certainement le plus célèbre des commandements, qui n’arrive qu’en sixième position. Sa traduction erronée pour ne pas changer a donné lieu à des multitudes de controverses. Trop souvent traduit par «tu ne tueras point», il aura amené nombre à s’opposer à la guerre, à la peine de mort, voire à l’abattage d’animaux. Si ces dernières intentions peuvent être louables selon certains points de vue, elles ne correspondent pas au sens du verset. Tuer se dit להרוג – laharog ; לרצוח – lirstoa’h, verbe utilisé dans le verset, signifie «assassiner», soit la volonté préméditée de mettre fin à une vie, lié au passage à l’acte suivant ce principe.

Quoiqu’il en soit, cette injonction sera rapidement et de facto caduque, vus les massacres, gratuits ou ordonnés par Yehvah, qui suivront. En effet, il n’a pas été employé le verbe להמית – lehamit, qui signifie «éxécuter/mettre à mort». Puisque l’exécution et la mise à mort, semble pouvoir se distinguer de la tuerie ou de l’assassinat et qu’elle n’a donc pas été expressément nommée et interdite, elle restera non seulement permise, mais encouragée et ordonnée.

VII

ב-כ.יב …לֹא תִנְאָף

«Ex 20.12 …Ne commets point d’adultère…»TO

Reprise : Lv20.10 ; Lv19.20

Un des trois commandements les plus célèbres. Notons que la torah, dans sa multitude de commandements et de processes millimétriques imposés, ne fixe pas les règles du mariage. Une énorme partie du texte est consacré à la description empreinte de force détails tatillons et précis du tabernacle, des objets de prêtrise, ou des divers sacrifices animaux. En revanche, rituels et cadres de ce qui semble devoir régler un engagement significatif dans la vie des individus, c’est à dire le mariage, sont étonnamment inexistants.

Dernier point, la torah ni les textes complémentaires des prophètes ou des hagiographes n’interdisent la polygamie, elle aurait même tendance à l’encourager. La monogamie a été imposée par décret rabbinique orchestré, en Europe, par un certain Rabbin Guershom vers la fin du XeEC, dans le but inavoué de copier les rites matrimoniaux chrétiens et dans une optique d’intégration aux sociétés occidentales. Pour clore le sujet de la polygamie, on notera que dans la légende d’un certain roi Salomon, on lui conférait 700 épouses et 300 concubines. Il s’agit là d’une mégagamie, voire mégalogamie, toutes deux mégalomaniaques, où les limites de l’adultère semblent difficilement définissables. Si on se réfère à la légende antérieure d’un autre roi nommé David, on notera que celui-ci à commis l’adultère avec une certaine Bethsabée.

VIII

ב-כ.יב …לֹא תִגְנֹב

«Ex 20.12 …Ne commets point de larcin…»TO

Reprise : Lv19.11

Voici le dernier des trois plus célèbres commandements qui enjoint à ne pas voler.

IX

ב-כ.יב …לֹא-תַעֲנֶה בְרֵעֲךָ עֵד שָׁקֶר

«Ex 20.12 Ne rends point contre ton prochain un faux témoignage.»TO

Le mensonge de manière directe ne sera évoqué que plus tard.

X

ב-כ.יג לֹא תַחְמֹד, בֵּית רֵעֶךָ; לֹא-תַחְמֹד אֵשֶׁת רֵעֶךָ, וְעַבְדּוֹ וַאֲמָתוֹ וְשׁוֹרוֹ וַחֲמֹרוֹ, וְכֹל, אֲשֶׁר לְרֵעֶךָ

«Ex 20.13 Ne convoite pas la maison de ton prochain ; Ne convoite pas la femme de ton prochain, son esclave ni sa servante, son bœuf ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain.»TO

Pour rouvrir le dossier de David, on notera que s’il a commis le péché d’adultère, il n’aura pas échappé non plus à celui de la convoitise. Plus largement, peut-on considérer qu’envoyer son lieutenant se faire massacrer, n’est-il pas proche de l’assassinat?

Au total, ce David a enfreint les commandements 6, 7 et 10 : assassinat, adultère, convoitise. N’aurait-on pas pu trouver un modèle de leadership moins criminel, relevant ainsi le niveau de ses précurseurs patriarches et chefs de rang déjà suffisamment avilis?

Pour reprendre le fil général de ce passage, nous sommes en droit de nous interroger sur ce qui, et qui, a procédé à la partition du décalogue. Même si on trouve en 34.28 que Yehvah a bien «gravé», ce qu’il appelle «les dix commandements» – עֲשֶׂרֶת הַדְּבָרִים – aseret hadevarim, en observant de manière objective on trouve ici 16 injonctions dont 3 positives et 13 négatives :

Mais un autre point des plus déconcertant est que ce passage est cité deux fois : Ex 20.2-13 et Dt 5.6-17.

La version de l’Exode est introduite par :

ב-כ.א וַיְדַבֵּר אֱלֹהִים, אֵת כָּל-הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה לֵאמֹר

«Ex 20.1 Alors Dieuelohim prononça toutes ces paroles, savoir :»TO

La version du Deutéronome est introduite par :

ה-ה.ה אָנֹכִי עֹמֵד בֵּין-יְהוָה וּבֵינֵיכֶם, בָּעֵת הַהִוא, לְהַגִּיד לָכֶם, אֶת-דְּבַר יְהוָה : כִּי יְרֵאתֶם מִפְּנֵי הָאֵשׁ, וְלֹא-עֲלִיתֶם בָּהָר לֵאמֹר

«Dt 5.5 Moi, je me tenais, en ce temps-là, entre l’Éternelyehvah et vous, pour vous exposer la parole de l’Éternelyehvah, parce que, terrifiés par la flamme, vous n’approchâtes point de la montagne; et il disait :»TO

Cette version est confirmée comme la parole incontestable, intacte, mais aussi gravée par Yehvah en Dt 5.18 :

ה–ה.יח אֶת-הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה דִּבֶּר יְהוָה אֶל-כָּל-קְהַלְכֶם בָּהָר, מִתּוֹךְ הָאֵשׁ הֶעָנָן וְהָעֲרָפֶל–קוֹל גָּדוֹל, וְלֹא יָסָף; וַיִּכְתְּבֵם, עַל-שְׁנֵי לֻחֹת אֲבָנִים, וַיִּתְּנֵם, אֵלָי.

«Dt 5.18 Ces paroles, l’Éternelyehvah les adressa à toute votre assemblée sur la montagne, du milieu des feux, des nuées et de la brume, d’une voix puissante, sans y rien ajouter ; puis il les écrivit sur deux tables de pierre, qu’il me remit.»

Quel est l’intérêt de rappeler ici, ce point fondamental qu’est l’immuabilité et l’invariabilité de la parole divine, et que les deux versions soient garanties comme étant l’authentique parole divine? Elles divergent! Comment est-il possible qu’il existe des altérations à un texte divin reflétant une parole divine, à laquelle il est impossible, d’après le dogme lui-même, d’ajouter ou d’ôter ne serait-ce qu’un seul caractère… ce qui reste impossible matériellement puisque Yehvah lui-même a gravé ses propres paroles dans la pierre de toutes les tables de lois arrivées entre les mains de Moïse. Les altérations concernent les commandements : 3, 5, 6, 9, 10.

La version de l’Exode sera signalée par E et celle du Deutéronome par D. Les vocalisations (points) ont été supprimées afin de permettre une meilleure mise en évidence des écueils.

E3

לא-תעשה לך פסל, וכל-תמונה, אשר בשמים ממעל, ואשר בארץ מתחת–ואשר במים, מתחת לארץ. לא-תשתחוה להם, ולא תעבדם : כי אנכי יהוה אלהיך, אל קנא–פקד עון אבת על-בנים על-שלשים ועל-רבעים, לשנאי. ועשה חסד, לאלפים–לאהבי, ולשמרי מצותי

D3

לא-תעשה לך פסל, כל-תמונה, אשר בשמים ממעל, ואשר בארץ מתחת–ואשר במים, מתחת לארץ. לא-תשתחוה להם, ולא תעבדם : כי אנכי יהוה אלהיך, אל קנא–פקד עון אבות על-בנים ועל-שלשים ועל-רבעים, לשנאי. ועשה חסד, לאלפים–לאהבי, ולשמרי מצותו

La répétition souffre ici d’anomalies typographiques. D’abord אבת / אבות – avot, «pères», est écrit sans, puis avec vav (ו). Ensuite, מצותי / מצותוmitsvotay/mistvoto, signifient respectivement «mes commandements / ses commandements», du fait de la mutation d’un vav (ו) en youd (י). La traduction française conservera «mes commandements», dans les deux cas. Un copiste aurait-il commis une erreur répercutée?

E5

זכור את-יום השבת, לקדשו. ששת ימים תעבד, ועשית כל-מלאכתך. ויום, השביעי–שבת, ליהוה אלהיך : לא-תעשה כל-מלאכה אתה ובנך ובתך, עבדך ואמתך ובהמתך, וגרך, אשר בשעריך. כי ששת-ימים עשה יהוה את-השמים ואת-הארץ, את-הים ואת-כל-אשר-בם, וינח, ביום השביעי; על-כן, ברך יהוה את-יום השבת–ויקדשהו

D5

שמור את-יום השבת, לקדשו, כאשר צוך, יהוה אלהיך. ששת ימים תעבד, ועשית כל-מלאכתך. ויום, השביעי–שבת, ליהוה אלהיך : לא תעשה כל-מלאכה אתה ובנךובתך ועבדךואמתך ושורך וחמרך וכל-בהמתך, וגרך אשר בשעריך–למען ינוח עבדך ואמתך, כמוך. וזכרת, כי עבד היית בארץ מצרים, ויצאך יהוה אלהיך משם, ביד חזקה ובזרע נטויה; על-כן, צוך יהוה אלהיך, לעשות, את-יום השבת

La première version du commandement du sabbat ordonne זכורzakhor, «souviens-toi!», alors que la seconde שמורshamor, «garde!». Apparaissent ensuite des traits de liaisons dans la seconde version qui n’existe pas dans la première : ובנך ובתך, עבדך ואמתך ובהמתך/ ובנךובתך ועבדךואמתך. Ensuite la seconde version se voit majorée de catégories d’animaux à mettre au repos le sabbat, absents de la première : ושורך וחמרך וכלבהמתך.

Les juifs à qui on fait remarquer ce petit point, répondent avec assurance, que cela signifie que les deux mots ont été prononcés en même temps. Certes! Ça aurait donc dû donner quelque chose d’indistinctible comme זשכמוורר – zashkhemvorer? Si cela a été gravé dans la pierre par Yehvah, comment Moïse a-t-il lu zakhor dans la première version, puis shamor dans la seconde, à la place du pâté zashkhemvorer destiné aux deux versions? Ce non-sens est toutefois à la base d’une tradition importante pour les juifs pratiquants : l’allumage des bougies du shabbat. On force les gens à allumer deux bougies pour symboliser l’édiction synchrone de shamor et zakhor par Yehvah! Ne vaudrait-il pas mieux allumer une bougie à double mèche pour symboliser la prétendue prononciation du zashkhemvorer? Puisqu’il s’agit d’un pâté, pourquoi ne pas demander d’en ouvrir une boîte (de produit cachère, bien entendu!) ou d’y mettre le feu en guise de consécration du shabbat? Pour fermer la parenthèse : on ne nous signale pas ce qu’il faut faire des autres adjonctions trouvées entre les deux versions…

Poursuivons avec l’apodose du verset qui est donc différente entre les deux versions :

E5

«Car en six jours l’Éternelyehvah a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment et il s’est reposé le septième jour ; c’est pourquoi l’Éternel yehvah a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié.»TO

D5

«…car ton serviteur et ta servante doivent se reposer comme toi. Et tu te souviendras que tu fus esclave au pays d’Égypte, et que l’Éternelyehvah, ton Dieueloheikha, t’en a fait sortir d’une main puissante et d’un bras étendu ; c’est pourquoi l’Éternelyehvah, ton Dieueloheikha, t’a prescrit d’observer te jour du sabbat.»TO

La raison majeure qui est censé faire de Yehvah le «dieu suprême» est qu’il aurait créé le monde dans la première version, puis qu’il ait fait sortir les hébreux d’Égypte dans la seconde. À moins qu’il n’ait créé le monde pour faire sortir les hébreux d’Égypte. Ou encore, qu’il ait fait sortir les hébreux d’Égypte pour leur faire croire qu’il avait créé le monde…

E6

כבד את-אביך, ואת-אמך–למען, יארכון ימיך, על האדמה, אשר-יהוה אלהיך נתן לך

D6

כבד את-אביך ואת-אמך, כאשר צוך יהוה אלהיך–למען יאריכן ימיך, ולמען ייטב לך, על האדמה, אשר-יהוה אלהיך נתן לך

Outre le positionnement différent de liaisons, sont ajoutés à la seconde version :

כאשר צוך יהוה אלהיך et ולמען ייטב לך

Ce qui est traduit par «…comme te l’a prescrit l’Éternelyehvah, ton Dieueloheikha»TO, et «afin… de vivre heureux.»TO

E9

לא-תענה ברעך עד שקר

D9

ולא-תענה ברעך עד שוא

Concernant les faux témoignages la première version termine par le terme שקרsheker, «mensonge», alors que la seconde termine par שואshva, «fausseté». Encore une fois, la traduction française maintiendra une version identique pour les deux cas, alors que la différence et la nuance sont réelles.

E10

לא תחמד, בית רעך; לא-תחמד אשת רעך, ועבדו ואמתו ושורו וחמרו, וכל, אשר לרעך

D10

ולא תחמד, אשת רעך; ולא תתאוה בית רעך, שדהו ועבדו ואמתו שורו וחמרו, וכל, אשר לרעך

Les versions se distinguent ici, tout d’abord par l’inversion des deux premières consignes :

לא תחמד, בית רעך; לא-תחמד אשת רעך / ולא תחמד, אשת רעך; ולא תתאוה בית רעך

Convoiter la maison de son prochain et convoiter la femme de son prochain. De plus un terme différent est employé pour «convoiter» dans le cas de la maison : תחמד / תתאוה. Le second terme est mieux traduit par désirer. Enfin un vav (ו) et ajouté au début des injonctions inversées.

Les hypothèses explicatives sont nombreuses : soit Yehvah est un sculpteur pitoyable, soit Moïse réinvente le texte à son bon vouloir, soit les auteurs du texte se sont emmêlé grossièrement les roseaux dans leur version et discréditent d’eux-mêmes l’affirmation qu’un «dieu» ait pu transmettre des paroles uniques et invariables, soit les copistes ont commis des erreurs. Dans tous les cas, cela réduit la fable en son entier à une élucubration humaine.

Globalement, le judaïsme s’est affairé à ne présenter qu’exclusivement les citations sur la veuve et l’orphelin, le pauvre et l’âne de son ennemi, tout en occultant les édits donnés pêle-mêle avec ceux qu’ils ont valorisé. Il est temps, à mon sens, dans un but d’équité, de présenter l’essence cachée (et pourtant, tout aussi écrite noir sur blanc) de la torah.

Ex 20.15-18 – Tenir à l’écart et soumettre : technique du brouillard imposé

À l’issue de l’énoncé de ces dix commandements, il est affirmé par le peuple qu’il ne peut supporter la puissance de la parole divine, que seul Moïse ira bavarder avec Yehvah dans la brume, et qu’ils obéiront. Ce court passage suffit à entériner sans discernement ni contestation toutes les inepties suivantes promulguées.

Un autel sacrificiel sera ensuite demandé à Moïse avant l’édit des commandements suivants.

Exode 21

Ex 21.2 – Esclave hébreu : paradoxe effarant

«Ex 21.2 Si tu achètes un esclave hébreu, il restera six années esclave et à la septième il sera remis en liberté sans rançon. 21.3 S’il est venu seul, seul il sortira ; s’il était marié, sa femme sortira avec lui. 21.4 Si son maître lui a donné une femme, laquelle lui ait enfanté des fils ou des filles, la femme, avec les enfants, appartiendra à son maître et lui se retirera seul. 21.5 Que si l’esclave dit : J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas être affranchi, 21.6 son maître l’amènera par-devant le tribunal, on le placera près d’une porte ou d’un poteau ; et son maître lui percera l’oreille avec un poinçon et il le servira indéfiniment. 21.7 Si un homme vend sa fille comme esclave, elle ne quittera pas son maître à la façon des esclaves. 21.8 Si elle lui déplaît et qu’il ne la réserve point à lui-même, il la laissera s’affranchir ; il n’aura pas pouvoir de la vendre à une famille étrangère, après l’avoir déçue. 21.9 Que s’il la fiance à son fils, il procédera à son égard selon la règle des filles. 21.10 S’il lui en adjoint une autre, il ne devra point la frustrer de sa nourriture, de son habillement, ni du droit conjugal. 21.11 Et s’il ne procède pas à son égard de l’une de ces trois manières, elle se retirera gratuitement, sans rançon.»TO

Le premier choc conceptuel dépasse le fait qu’un hébreu puisse posséder des esclaves, mais bien plus, des esclaves de son peuple.

Ensuite, qu’il suffisait au maître de donner une épouse à cet esclave pour récupérer cette femme et ses enfants soit forcer la fidélisation, après un rituel de mutilation.

Pire encore, il est suggéré qu’un homme puisse vendre sa fille comme esclave, qui pourrait servir de femme à son nouveau maître ou à son fils. Au final, une fois utilisée mais insatisfaisante, ce matériel humain consommable pourra être libéré.

Une facétie de la traduction du verset 21.6, non des moindres, attire ici l’attention.

«Ex 21.6 Son Maître l’amènera par devant le tribunal…» : on traduit ici «le tribunal» de הָאֱלֹהִים – haelohim. Jusqu’alors, אֱלֹהִים – elohim, était affecté, nolens volens, à «dieu». Cette méprise ou cette confusion volontaire, chercherait-elle à comparer ou faire équivaloir, un tribunal à dieu?

Ex 21.12-13 – Coups et blessures ayant entrainé la mort : amnistie elohimique

«Ex 21.12 Celui qui frappe un homme et le fait mourir sera puni de mort. 21.13 S’il n’y a pas eu guet-apens et que Dieuelohim seul ait conduit sa main, il se réfugiera dans un des endroits que je te désignerai.»TO

Yehvah disparaît momentanément du texte et Elohim réapparaît! Quoiqu’il en soit, l’un ou l’autre, continue d’orchestrer des meurtres par le biais de la main de l’homme en leur confèrent une immunité à l’issue. Immunité facile à obtenir en déclarant systématiquement ne pas avoir voulu donner la mort.

Je glisse un clin d’œil à un ami sépharade doté d’un accent pied noir caricatural exagéré pour la blague, de m’avoir suggéré la boutade qui suit, d’un niveau incontestablement pitoyable et accablant : «J’ti jire sir la tourah d’mouise, sir diou, sir ma mire et mime sir li vodor si’i fo’, ci pa moi ki li toué, ci mon fizil!»

Ex 21.16 – Rapt en l’absence de témoins : impunité

«21.16 Celui qui aura enlevé un homme et l’aura vendu, si on l’a pris sur le fait, sera mis à mort.»TO

Il ne s’agit là que d’une incitation au rapt et à l’esclavage. Sans témoins, pas de sanctions, ainsi, un exploitant rusé et discret sera absous. «Pas vu, pas pris!», mais que cela ne soit en rien ici, celui des prestigieux Légionnaires.

Ex 21.18-19 – Coups et blessures ayant entraîné une invalidité : amnistie yehvahique ou elohimique

«Ex 21.18 Si des hommes se prennent de querelle et que l’un frappe l’autre d’un coup de pierre ou de poing, sans qu’il en meure, mais qu’il soit forcé de s’aliter, 21.19 s’il se relève et qu’il puisse sortir appuyé sur son bâton, l’auteur de la blessure sera absous.»TO

La violence physique est donc autorisée pourvu que la victime puisse toujours évoluer en béquille. Que cela ne choque personne ; voyons!

Ex 21.20-21 – Agonie provoquée d’esclave : impunité

«Ex 21.20 Si un homme frappe du bâton son esclave mâle ou femelle et que l’esclave meure sous sa main, il doit être vengé. 21.21 Si pourtant il survit un jour ou deux, il ne sera pas vengé, parce qu’il est sa propriété.»TO

Qu’implique le fait d’être vengé? Au-delà, il suffit de déclarer la mort de l’esclave un jour après le décès pour en être quitte. Dans tous les cas, un bourreau mesuré et économe, jouira du plus grand plaisir de maltraitance, s’il arrive à préserver son souffre-douleur.

Ex 21.22-24 – Avortement par suite de coups : exempté après amende

(Code d’Hamurabi, §196, §197, §200, §209.)

«Ex 21.22 Si, des hommes ayant une rixe, l’un d’eux heurte une femme enceinte et la fait avorter sans autre malheur, il sera condamné à l’amende que lui fera infliger l’époux de cette femme et il la paiera à dire d’experts. 21.23 Mais si un malheur s’ensuit, tu feras payer corps pour corps ; 21.24 œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied ; 21.25 brûlure pour brûlure, plaie pour plaie, contusion pour contusion.»TO

Une simple amende pour un avortement provoqué ne pourrait-il pas encourager à des mises en scène de rixe, afin de heurter précisément le ventre de la mère et de provoquer un avortement post-traumatique à moindres frais. Au-delà, apparaît la si célèbre loi du talion. Cependant, est-elle adéquate et congruente dans ce cas précis de blessure à une prégnante?

La règle du talion sera réévoquée en Lv24.19-20.

Ex 21.28-32 – Bœuf meurtrier : impunité ou échappatoire au propriétaire

(Code d’Hamurabi, §251)

«Ex 21.28 Si un bœuf heurte un homme ou une femme et qu’ils en meurent, ce bœuf doit être lapidé et il ne sera point permis d’en manger la chair ; mais le propriétaire du bœuf sera absous. 21.29 Si ce bœuf était sujet à heurter, déjà antérieurement, que son maître, averti, ne l’ait pas surveillé et qu’il ait fait périr un homme ou une femme, le bœuf sera lapidé et même son maître mérite la mort. 21.30 Si toutefois une amende lui est imposée, il paiera la rançon de sa vie selon ce qu’on lui aura imposé. 21.31 Si un bœuf heurte soit un garçon, soit une fille, la même loi lui sera appliquée. 21.32 Si ce bœuf heurte un esclave ou une esclave, on paiera à leur maître une somme de trente sicles et le bœuf sera lapidé.»TO

Dans tous les cas, une échappatoire est à disposition du propriétaire de l’animal dangereux.

Notons que ce genre de commandement ne concerne que le bœuf. Ainsi un autre animal n’implique pas la mise en œuvre d’une sanction. Il est ainsi possible de dresser un chien tueur et d’en faire usage. Au-delà, le ou les auteurs semblent avoir un grief établi contre les mâles bovins, bœufs et taureaux. Cela pourrait-il induire, une tare psychologique traumatique causé à l’auteur dans son enfance? In extenso, d’autres bétails en auront aussi pour leur compte comme la suite le montrera.

Ex 21.35 – «Bœuf-émissaire» : enrichissement pratique maquillé

«Ex 21.35 Si le bœuf appartenant à un homme blesse celui d’un autre et le fait périr, on vendra le bœuf vivant ; ils s’en partageront le prix, et partageront aussi le bœuf mort.»TO

De plus en plus étrange et cocasse. Le bœuf dangereux sera vendu et donc préservé, ne pouvant ainsi que reproduire son acte. Le propriétaire lésant perçoit une compensation équivalente à celle du lésé, sans sanctions. En fin, le partage du bœuf mort et étonnamment contradictoire avec des règles à venir telles que, ne pas user d’une carcasse mais la donner aux chiens (Cf. Ex22.30). Enfin, si le but est alimentaire, seuls les animaux égorgés intacts pourront être consommés. Aussi confus, troublant que contradictoire.

Exode 22

Ex 22.1-3 – Cambriolage : incitation au larcin diurne

«Ex 22.1 Si un voleur est pris sur le fait d’effraction, si on le frappe et qu’il meurt, son sang ne sera point vengé. 22.2 Si le soleil a éclairé son délit, son sang serait vengé. Lui cependant doit réparer ; et s’il ne le peut, il sera vendu pour son vol. 22.3 Si le corps du délit est trouvé entre ses mains, intact, soit bœuf, soit âne ou brebis, il paiera le double.»

Ainsi, non seulement un vol, a priori en plein air, par une belle journée ensoleillée engendrera moins de sanctions ou une échappatoire, mais seul ce qui est en possession du voleur devra être doublement remboursé. Aucune autre sanction pour l’acte de vol n’est prévue. Cette loi induit que pour un vol en intérieur ou par temps couvert, le voleur peut être tué. Pour les cas autorisés où il ne serait pas tué et l’objet du larcin hors de sa possession, rien ne précise la sanction. Une organisation crapuleuse soignée qui viserait à séquestrer la victime du vol, serait idéale, du fait que la séquestration n’est pas réprimandée.

Ex 22.15 – Viol d’une enfant : appropriation pédophile à moindre frais – prélude

«Ex 22.15 Si un homme séduit une vierge non encore fiancée et cohabite avec elle, il devra l’acquérir pour épouse. Que si son père refuse de la lui accorder, il paiera la somme fixée pour la dot des vierges.»

On considère ici le statut de virginité qui s’applique à une tranche d’âge relativement vaste. Un riche pervers pourra donc s’octroyer l’objet de son désir à l’insu de la victime et de la famille, du fait de pouvoir payer une somme fixée… Le sens du texte tend à affirmer que le père peut refuser d’octroyer sa fille violée à son bourreau. En outre, le père touchera une dot «standard» dans ce cas. Le sous-entendu qui suggère que le bourreau «acquiert» sa proie, en cas de refus du père, pour une somme modique, pourrait être controversé à ce stade. C’est le texte lui-même, qui tranchera[7] et révèlera très clairement l’état d’esprit de l’auteur.

En plus des problèmes psychologiques graves à l’encontre du bétail et en particulier, bovin mâle, l’auteur révèle ici une tare comportementale sexuelle abominable parfaitement en accord avec la noirceur d’esprit reflété par le barbare, le pervers et le sanguinaire de l’essence du texte.

Ex 22.17 – Sorcière : condamnation abusive

ב-כב.יז מְכַשֵּׁפָה, לֹא תְחַיֶּה

«Ex 22.17 La sorcière, tu ne la laisseras point vivre.»TO

«Ex 22.17 Ne laisse point en vie une sorcière.»TS

Reprise en Lv19.31 ; 20.6 ; 20.27.

Une traduction littérale stricte devrait être «La sorcière ne vivra pas.». Pris justement stricto sensu et donc juste, cela doit pouvoir signifier, que la sorcière «ne vivra pas» donc «mourra». A priori, il s’agit d’un état de fait. Il n’est rien précisé dans le verset qui requiert une action extérieure comme «tu ne la laisseras pas vivre». Pour ceux qui se targuent d’avoir le droit d’interpréter la loi à leur guise, alors qu’il aurait pu produire à partir d’une traduction correcte, «Il n’y aura pas de sorcières car elles ne vivront pas» (donc, pourquoi s’en inquiéter…?), la traduction très orientée, conduiraient à produire «Les sorcières au bûcher!». À qui l’histoire donnera-t-elle raison? Pire encore, alors que les crochets de rideaux du tabernacle vont être définis au gramme prêt et ré-évoqués à maintes reprises, absolument rien dans le texte, ne permet de définir ce qu’est «une sorcière». Cette légèreté peut conduire à toutes les interprétations subjectives et à toute sorte de débordements sanguinaires. À nouveau, que montrera l’histoire?

Du même acabit :

«Lv 19.31 N’ayez point recours aux évocations ni aux sortilèges ; n’aspirez pas à vous souiller par ces pratiques.»TO,

«Lv 19.31 Ne vous adressez pas aux mediums, et ne cherchez pas les oracles pour ne pas vous souiller par eux.»TS.

Voici une divergence traductionnelle plutôt sensible. Toutefois, dans aucun des cas, personne n’est à tuer, juste un avertissement à propos d’un risque de souillure. Notons aussi que la sorcière, viens de disparaître des radars.

Enfin survient :

«Lv 20.6 Pour la personne qui aurait recours aux évocations, aux sortilèges, et s’abandonnerait à ces pratiques, je dirigerai mon regard sur cette personne, et je la supprimerai du milieu de son peuple.»TO

«Lv 20.6 Quant à celui qui aurait recours aux mediums et aux oracles, pour se prostituer à leurs voies, je dirigerai ma colère contre lui, et je le retrancherai spirituellement de son peuple.»TS.

Ce verset donne l’impression qu’il ne faut en rien intervenir contre les «sorciers», et plus seulement les «sorcières», mais laisser Yehvah, s’en charger lui-même. Mais puisqu’une malversation traductionnelle peut en autoriser une autre, le terme הִכְרַתִּי, est traduit par les uns par «supprimerai», alors qu’il est employé pour «retrancher», et spécialement «spirituellement» par d’autres et à d’autres endroits comme simplement dans le même chapitre en Lv 20.3, 20.18.

C’est seulement plus loin qu’apparaît :

«Lv 20.27 Un homme ou une femme chez qui serait constatée une évocation ou un sortilège devront être mis à mort ; on les lapidera : ils ont mérité leur supplice.»TO

«Lv 20.27 Un homme ou une femme qui prendrait part aux pratiques des médiums ou des oracles sera mis à mort. On leur jettera des pierres et ils seront lapidés.»TS.

Ceci semble finalement dissiper les doutes. Il faut mettre à mort par lapidation… qui donc au final? «…hommes, femmes, évocations, sortilèges, médiums, oracles, sorcières…».

Le texte ne précise toutefois pas la teneur de la pratique interdite et les traductions divergent considérablement. Cela s’explique parfaitement par le fait qu’absolument personne jusqu’à ce jour, n’est capable de dire avec précision et certitude, ce que sont ses pratiques. Même les tentatives d’explications des sources juives «officielles et autorisées», à commencer par Isaïe lui-même, sont restées divergentes, contradictoires et incapables.

D’abord une blague qui résume la résultante de ce qui est traité plus haut :

 – «Bonjour Madame Moyshellevitz, Nous sommes le tribunal religieux autoproclamé parce que nous savons lire et écrire et pas vous du fait que nous vous l’ayons empêché. Dans votre cas, la loi est très claire : vous allez être lapidée pour pratique interdite!
 – Vraiment? Mais laquelle?
 – Nous ne savons pas exactement! Mais ce qui est clair à défaut de la loi, c’est que dans tous les cas, croyez bien que ce n’est absolument pas parce que votre mari, qui veut se débarrasser de vous gratuitement, vous à dénoncé, ni que votre voisine qui veut récupérer votre échoppe et votre mari, a fait de même! Non! Ce n’est qu’à cause de pratique interdite!
 – Mais vous ne pouvez pas m’en dire plus et me dire ce que j’ai fait d’interdit?
 – Et bien… est-ce que par hasard vous auriez de l’argent?
 – Non!
 – Rien ne se profile à votre avantage… et… vous croyez aux miracles?
 – Oui! Bien sûr!
 – Je le savais! Lapidée!»

En second lieu, bien que d’autres écueils auraient pu susciter le commentaire qui va suivre, la torah est tellement lacunaire, confuse, imprécise et contradictoire qu’elle est inapplicable ni en elle-même ni de manière réarrangée. En fin de compte, plus personne ne sait ce que veut dire quoi. J’appuierai cet état de fait par une retranscription de rappels de commentaires, compilé sur le sujet des «sorcières» de la torah, par Arye Kaplan :

«19.31 médiums : Ov en hébreu. C’est une sorte de nécromancie, utilisant souvent un crâne humain (Sanhédrin 65b ; Rambam, Bertenoro sur Sanhédrin 7.7). On l’employait pour communiquer avec les morts (I Samuel 28.3-9). On faisait souvent usage de ventriloquie, eggastrimuthos en grec (Septante). Le medium semblait faire émettre une voix de sous son bras (Sanhédrin 65a,b) ou du sol (Isaïe 29.4 ; Ralbag Abarbanel sur I Samuel 28.7). Ces pratiques employaient aussi parfois la méditation et les drogues d’encens (Yad, Avodath Kokhavim 6.1 ; Sefer Hamitzvoth, Négatif 2). Il pouvait aussi employer ces moyens pour produire des illusions et des hallucinations (Saadia). Certains identifient l’ov au pythonisme, les pratiques de l’oracle de delphe (Sanhédrin 65a). Python est le nom ancien de Delphes (voir Odyssée 8.79-81). – oracles : yedoni en hébreu. Ils gazouillaient comme des oiseaux (Isaïe 8.19), peut-être une forme de glossolalie. Le talmud dit également qu’on utilisait l’os d’un oiseau (Sanhédrin 65b) et probablement des drogues parfumées et la méditation (Yad. Avodath Kokhavim 6.2 ; Sefer Hamitzvoth, Négatif 9 ; Ralbag). Ici, les Septante traduisent yedoni par proskolliethiesesthe, désignant celui qui cherche à découvrir le mystique. D’ailleurs on le traduit par gnostas (sur Samuel 28.9), celui qui cherche des expériences gnostiques.»[8]

Cette fâcheuse habitude de ne pas savoir de quoi la torah parle et de faire que chacun apporte son petit avis incertain en désaccord complet avec les autres, devrait préserver de toutes édictions de lois ayant des conséquences lourdes pour l’individu et la communauté. Plutôt que de s’abstenir dans le doute on préfère faire n’importe quoi de manière approximative et arbitraire. Ce qui est plutôt consternant.

Les yahwistes ont bien tenté de redresser la barre en inventant une soi-disant «loi orale» qu’ils auraient enfin décidé de mettre par écrit avec plusieurs siècles de retard. D’ailleurs, les textes législatifs rabbiniques sont apparus longtemps après la date prétendue de «réception» de la torah, mais plus encore, après que les textes référentiels de la chrétienté aient vu le jour. Surprenant pour une religion dite originelle de légiférer et codifier, après l’établissement du dogme des évangiles et souvent, pour les compléments aussi, après celui du dogme coranique.

En d’autres termes, si les trois grands courant monothéistes se réfère à la torah, son exploitation législative par les yahwistes est paradoxalement, complètement ultérieure au courant chrétien, et partiellement ultérieure au courant coranique. Si les évangiles sont estimés rédigés avant la fin du Ier siècle, la mishna, sorte de texte législatif inspiré de la torah et présentée abusivement comme la mise par écrit d’une tradition orale qui aurait été transmise avec la torah (bien que celle-ci, n’en fasse aucunement mention.) date du IIeEC!

Si l’invention de la soi-disant tradition orale, est facilitante et autorise tous les travers yahwistes, sa date d’apparition n’est sûrement pas due au hasard. Nombre de commandements sont sensés être appliqués et applicable lors de l’existence du temple à Jérusalem. Détruit en 70EC, plus ou moins au moment de l’apparition des évangiles, l’absence du temple rend heureusement caduque une partie des commandements imposés dans la torah, particulièrement les sacrifices animaux.

Les yahwistes, très vite dépassés par la haute valeur philosophique des évangiles et craignant de perdre leurs ouailles au profit d’une doctrine plus cohérente et plus saine, mais surtout qui disposait d’un support écrit plus tangible et accessibles, durent se résigner à inventer cette loi orale et à la consigner par écrit. Il leur fallait tenter de garder le contrôle, dès lors qu’une doctrine humaniste et homogène s’imposait face à leur torah inapplicable, grotesque, loufoque, mais surtout, couverte de sang et empreinte d’une barbarie et d’un primitivisme monstrueux.

D’ailleurs, à chaque fois que les yahwistes verront leurs dernières justifications dépassées et ridiculisées par les évolutions sociales et scientifiques des civilisations, ils produiront un nouveau texte à appliquer. Si nous reprenons la chronologie de ce fatras littéraire (pour peu qu’il le soit), de ses extensions et évolutions nous obtenons le tableau qui suit.

DatationLieuEcrits principauxRôleRédacteur(s)
XIII°AECMont SinaïTorah virtuelleLégendaireyehvah/Moïse
IX°AEC-IV°AECMoyen-orient?Nevi’im (Prophètes)Légende/PropagandeProphètes?
VI°AECJérusalemTorah?RéférentielJosias?/Hilqiyyahu?
AECJérusalem? Babylone?Torah?RéférentielEsdras?
AECMoyen-orient?Ketouvim (Hagiographes)Légende/PropagandeInconnus ou fictifs
IV°AEC-VI°?InconnusMidrash rabbahLégendaire/MystiqueInconnus
III°AEC-I°AECPalestineManuscrits de QumranVariante référentielleInconnus
PalestineEvangilesRéférenceApôtres
II°JérusalemMishnaLégislatifYehuda Hanassi
IV°JérusalemTalmud de JérusalemInterprétationMana?/Yossi?
VI°Babylone?Talmud de BabyloneInterprétation«Amoraïm»
VII°ArabieCoranRéférentielScribes de Mahomet
PalestineCodex d’Alep (tanakh vocalisé et cantilé)RéférentielShlomoh Ben Bouya’a?
X°-XIV°EuropeTossafot(Rajouts)Justifications«Tossafistes»
XI°ÉgypteCodex de Leningrad
(tanakh vocalisé et cantilé)
RéférentielBen Asher
XI°FranceRachiTraduction/ExplicationRachi
XII°ÉgypteMishne torahLégislatifMaïmonide
XII°ÉgypteRègles de rédaction du sefer torahUtilitaireMaïmonide
XIII°EspagneZoharMystiqueMoïse de Léon
XVI°PalestineChoulkhan AroukhLégislatifYossef Karo
XVIII°RussieTanyaMystiqueChnéour Zalman
1937AllemagneTanakh vocalisé et cantiléUtilitaireÉquipe de Paul Kahle
1997AngleterreTanakh on lineUtilitaireCentre J. Alan Groves

Au final, cet amas textuel nébuleux n’est qu’une résultante la combinaison des cinq plus grands principes de la loi orale si elle avait existé.

  1. Si tu as un trou à boucher, creuse en un autre.
  2. Lorsque tu ne sais pas, invente en tachant d’être aussi crédible que sibyllin.
  3. Lorsque tu ne sais pas, que tu es ridiculisé ou que tout est contradictoire et illogique : affirme que les voies du seigneur sont impénétrables.
  4. Si tu ne peux rien prouver irréfutablement, dis que c’est par volonté divine d’éprouver la foi.
  5. Si tu fais face à une contre-preuve irréfutable, dis qu’elle est de fabrication divine pour éprouver la foi.

Ex 22.24 – Interdiction de prêt à intérêt : le commandement oublié

«Ex 22.24 Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, au pauvre qui est avec toi, ne sois point à son égard comme un créancier ; n’exigez point de lui des intérêts.»

Il serait intéressant de demander des créanciers et usuriers les plus célèbres et les plus réputés doués pour ces professions, ce qu’ils pensent de ce commandement. Il est évidemment le premier bafoué par les ressortissants et manias dont les ancêtres ont prétendu forger leur culture sur cette torah, ou plutôt sur ce qui les en arrangeait. De l’île du soleil levant au poumon de la planète, chacun associe l’usure, la créance et la finance à la culture… Inuit! N’est-ce-pas?

À ce propos je ne peux omettre de citer ici Bertha Papenheim [1859-1936], qui se révoltait contre le fait que les leaders juifs interdisaient aux veuves de disparus sur les champs de bataille de la deuxième guerre mondiale à se remarier, tant que le corps n’avait pas été retrouvé et enterré – (Au nom d’une loi qu’ils sont encore allés chercher on ne sait-où…).

«Messieurs, lorsque l’économie capitaliste se développa au point où il n’était plus possible de respecter l’interdiction de la torah du prêt d’argent à intérêt, vos prédécesseurs cherchèrent et trouvèrent à l’intérieur de la halakha un moyen honorable de tourner la loi. De votre défaillance présente, je peux seulement conclure que la halakha, telle que vous l’interprétez, donne aux problèmes économiques une valeur bien supérieure aux besoins et aux droits de ces femmes pathétiques et infortunées.» Fin de citation.

J’ajouterai que les souffrances causées aux femmes par les yahwistes selon ce qu’a relevé Mme Papenheim, entrent directement en contradiction avec :

«Ex 22.21 N’humiliez jamais la veuve ni l’orphelin. 22.22 Si tu l’humiliais, sache que, quand sa plainte s’élèvera vers moi, assurément j’entendrai cette plainte. 22.23 Et mon courroux s’enflammera et je vous ferai périr par le glaive et alors vos femmes aussi deviendront veuves et vos enfants orphelins.»TO

Ex 22.27 – Crainte et respect de la hiérarchie métaphysique et cléricale

ב-כב.כז אֱלֹהִים, לֹא תְקַלֵּל; וְנָשִׂיא בְעַמְּךָ, לֹא תָאֹר

«Ex 22.27 N’outrage point l’autorité suprême et ne maudis point le chef de ton peuple.»TO

«elohim n’insulte pas, et un président dans ton peuple ne maudis pas.»VR

Ce que le traducteur maquille par «autorité suprême», n’est autre que אֱלֹהִים – elohim. Nous avons déjà démontré irréfutablement en Gn 6.2 que le terme «elohim» désigne dans l’imaginaire de l’auteur, bel et bien une «race divine», un «groupement d’essence métaphysique supérieure». Un groupe de dieux ne peut conceptuellement être «DIEU», en tant que conscience universelle, omnisciente, omniprésente, omniprésente et insubordonable à laquelle tout déiste spirituel authentique, sincère et évolué aspire.

L’imposture des «fils de la race divine», tantôt Yehvah, tantôt Chadaï, tantôt… on ne sait plus trop quoi d’ailleurs… visant à ce faire passer pour «LE DIEU suprême et absolu» aura avorté à cause de certains écrits même qui aurait tenté de l’imposer à une race primitive et non instruite. Quoi qu’il en soit, ce verset tente d’imposer un culte d’une ou d’un groupe d’entités métaphysiques inventées et le respect de leurs kapos et délégués humains. En clair, il est interdit, non pas de dire à propos de DIEU, mais à l’encontre de elohim ou d’un chef autoproclammé s’en relevant, que par exemple c’est une abomination, un non-sens, un reflet de la psychopathologie humaine traumatisée, cupide, perverse et retorde, voire, comme pour le Père Noël, ainsi que cité dans une œuvre cinématographique contemporaine francophone : que c’est une ordure.

Ex 22.28-29 – Non différemment d’offrandes : exigences capricieuses

ב-כב.כח מְלֵאָתְךָ וְדִמְעֲךָ, לֹא תְאַחֵר; בְּכוֹר בָּנֶיךָ, תִּתֶּן-לִי. כב.כט כֵּן-תַּעֲשֶׂה לְשֹׁרְךָ, לְצֹאנֶךָ : שִׁבְעַת יָמִים יִהְיֶה עִם-אִמּוֹ, בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי תִּתְּנוֹ-לִי

«Ex 22.28 Ton abondance et ta liqueur, ne diffère pas à les offrir ; le premier-né de tes fils, fais m’en hommage. 22.29 Ainsi feras-tu à l’égard de ton gros et de ton menu bétail : le premier-né restera sept jours avec sa mère, le huitième jour tu me le livreras.»TO

Outre de forcer la perception de biens et denrées en temps et en heure, il est question ici d’un fils premier-né. Bien sûr, la traduction parle d’hommage en guise de maquillage traductionnel… le terme employé par le texte est תִּתֶּן-לִי – titen li, «donne-moi». Ceci induit donc qu’en plus d’extorquer biens et denrées avec une exigence de ponctualité, le premier enfant mâle est exigé…

Bien sûr, les mandataires réels ne seront autres que : les prêtres. Si le rédacteur et auteur espérait que quelques crédules se plient à son dogme pour pouvoir se placer en gourou extorqueur de biens et d’argent, de chair brûlée, de petites filles et de nouveaux-nés mâles, devait-il s’attendre à être suivi par d’autres régisseurs obscènes de son acabit, perpétrant les abus ordonnés par le dieu de cette torah. Ainsi toutes les exactions décrites à propos des patriarches et des leaders antérieurs de ce clan sont certes le reflet de la psychologie malsaine de l’auteur, mais aussi un moyen de faire s’identifier ses futures ouailles à des monstres moraux et criminels, et ainsi à mieux se plier aux ordonnances de barbarie et d’exactions.

Si aujourd’hui de telles attitudes et ordonnances était édités par un individu-gourou et suivi par un groupe sectaire, autoriserait-on la liberté de culte et le laisserait-on faire? Je laisse le soin aux personnes psychologiquement saines et responsables, de répondre en toute objectivité à la question.

On retrouve le même genre exigences en Ex 34.19-20.

Exode 23

Ex 23.2 – Malfaisance grégaire : proscription subreptice

«Ex 23.2 Ne suis point la multitude pour mal faire ; et n’opine point, sur un litige, dans le sens de la majorité, pour faire fléchir le droit.»TO

Soit dit au passage…

Ex 23.13 – Divinités étrangères : interdiction d’évocation

«Ex 23.13 Attachez-vous scrupuleusement à tout ce que je vous ai prescrit. Ne mentionnez jamais le nom de divinités étrangères, qu’on ne l’entende point dans ta bouche!»TO

Il est donc précisé par Yehvah lui-même, que ses commandements sont à considérer scrupuleusement et non à interpréter. Cependant, tout montre que des yahwistes se permettent de faire appliquer au pied de la lettre les commandements qui les arrangent et d’interpréter, de maquiller et de transformer, ceux qui les dérangent.

Non seulement, Yehvah interdit les cultes étrangers mais il va jusqu’à interdire de prononcer leur nom. Admettons! Cela autorise-t-il certains juifs à nommer le Christ, de manière insultante comme «le pendu» ou «l’acrobate» plutôt que relativiste et réservée comme «le dieu fait homme selon la foi chrétienne», Mahomet comme «Momo l’arabe» plutôt que le «prophète de l’Islam» et Bouddha comme «Boudin» ou «Boud’rat» plutôt que comme «le fondateur du bouddhisme»?

D’ailleurs, d’après les références qui les décrivent, le Christ, Mahomet ou Bouddha, sont irréprochables voire admirables! De quel droit se permet-on de dénigrer ou d’insulter ce qui ne peut l’être en vertu des références existantes, alors que nos propres références sont abominables? Me permettrai-je un jour, dans un souci d’équité rendue, d’affubler le dieu de mes ancêtres, de sobriquets comme «l’Onomatopée», qui semble adéquat à des dénominatifs tels que ‘#!#, ZJWJ ou YHVH, ou encore à muter ce trop souvent entendu «Ineffable» en un très joli barbarisme : «Inaffable»? Je laisse la question en suspens. S’il avait été plus sympathique et attachant, il aurait presque été possible de l’appeler affectivement «Yehvouille» ou «Yahvouille», mais s’agissant là d’une chose aussi abjecte que méprisable, on en perd jusqu’à l’envie d’y songer.

Ex 23.19 – Le chevreau dans le lait : dérive alimentaire consternante

ב-כג.יט רֵאשִׁית, בִּכּוּרֵי אַדְמָתְךָ, תָּבִיא, בֵּית יְהוָה אֱלֹהֶיךָ; לֹא-תְבַשֵּׁל גְּדִי, בַּחֲלֵב אִמּוֹ

«Ex 23.19 Les prémices nouvelles de ton sol, tu les apporteras dans la maison de l’Éternelyehvah ton dieueloheikha. Tu ne feras point cuire un chevreau dans le lait de sa mère.»TO

Répété en Ex 34.26, Dt 14.21.

Ce Yehvah ne veut a priori que du «primeur» ; quoique les céréales ou les légumes «primeur» puissent être moins contestables que les enfants mâles premiers-nés.

Au-delà, de l’injonction yehvahique de ne pas faire cuire un chevreau dans le lait de sa mère sont sorties d’on ne sait où, des lois alimentaires loufoques qui interdisent drastiquement les mélanges viande-lait dans l’alimentation du yahwiste pratiquant.

Ceci a généré une douce blague qui résume fort bien la situation, et dont je regrette de ne pas citer l’auteur du fait que je ne le connais pas.

Dt 34.13[9] Et Yehvah dit à Moïse : Voilà, Moïse, j’ai fini! Tu as bien compris tout ce que je t’ai demandé?

 – Oui!… enfin… non! Quand tu dis qu’il ne faut pas faire cuire le chevreau dans le lait de sa mère, cela signifie bien qu’il ne faut pas faire cuire ensemble de la viande et du lait?
 – Non, Moïse! Cela veut juste dire que je ne veux pas qu’on cuise un chevreau dans le lait de sa mère, pour des raisons qui me sont propres! Je ne t’ai pas demandé d’interpréter, mais seulement d’appliquer! Je m’étonne que tu n’aies pas de questions plus importantes au sujet de commandements plus cruciaux!
 – Certes! Mais en fait, cela veut dire, qu’on ne peut manger en même temps de la viande et du lait… parce que moi-même j’ai noté que je digérais mal le mélange, qui me donne des gaz…
 – Non, Moïse! Cela veut juste dire que je ne veux pas qu’on cuise un chevreau dans le lait de sa mère!
 – En fait cela veut dire, qu’il faut séparer des services et couverts pour le lait et la viande, attendre 6 heures après un repas de viande pour consommer un produit laitier, et si possible posséder deux cuisinières, deux éviers et deux frigos, voire trois pour les aliments ni viande-ni lait, jeter les objets ayant été au contact des deux, traiter de porc et d’hérétique celui qui ne respecterait pas ces principes…
 – Non, Moïse! Cela veut juste dire que… bon, allez! Tu me fatigues! Fais comme tu veux! J’ai des univers à gérer, plus que de faire croire que j’ai fait sortir un abruti comme toi d’Égypte!»

Le but de ce genre de commandements et de ce que les yahwistes se sont permis d’en faire découler est très clairement et simplement exposé dans un verset suivant…

Ex 23.24,30,32-33 – Dieux et cultes étrangers : éradication ordonnée

«Ex 23.24 Ne te prosterne point devant leurs dieux, ne les sers point et n’imite point leurs rites ; au contraire, tu dois les renverser, tu dois briser leurs monuments.»TO, «Ex 23.30 Je L’expulserai de devant toi successivement, jusqu’à ce que, devenu nombreux, tu puisses occuper tout le pays.»TO, «Ex 23.32 Tu ne feras de pacte avec eux ni avec leurs divinités. 23.33 Qu’ils ne subsistent point sur ton territoire! Ils te feraient prévariquer contre moi ; car tu adorerais leurs divinités et ce serait pour toi un écueil.»TO

On aurait préféré entendre au pire : «Tente de leur démontrer que ton système est meilleur, et amène-les à ta raison, pour tenter de recycler intelligemment et progressivement dans l’intérêt de tous, leurs monuments obsolètes…» Malheureusement, c’est une solution finale au problème Cananéen qui sera décrété par Yehvah qui semble définitivement fortement empreint à la violence.

L’archéologie et l’histoire authentique moderne, ont démontré que si Hébreux il y a, ceux-ci n’ont été qu’une tribu dissidente cananéenne réfractaire à la domination égyptienne régionale de l’époque, qui tentait de se singulariser. La cuisson d’un chevreau dans le lait de sa mère aurait été une habitude possiblement rituelle et traditionnelle cananéenne. Ce genre d’interdits, visaient donc à séparer et à éloigner des traditions locales. De nombreux passages de la torah sont rédigés dans un dialecte proche du cananéen qui n’est autre que du phénicien antique. Ce phénicien antique, n’est autre qu’une composition de langages variés comme le carthaginois, le punique et l’araméen. De plus, la divinité majeure du panthéon cananéen était appelée «El». Une autre divinité cananéenne est évoquée dans la torah : Baal. Un rite cananéen particulièrement barbare est aussi évoqué : le Moloch.

Autre point, celui qui affirme que les occupants cananéens seront chassés en douceur, jusqu’à ce que les Hébreux soit «suffisamment nombreux». Ils sont prétendument censés avoir envahi Canaan par l’est, forts d’une population de plus de 3 millions et demi d’individus. C’est-à-dire plus nombreux que les populations égyptienne et cananéenne réunies à l’époque… La seule date à partir de laquelle, ce volume de population a été atteint en Israël, est située aux environs de 1975EC, soit, seulement 2200 ans après les évènements prétendus. Ainsi, l’auteur continue, et à se discréditer et à faire passer son dieu pour un imbécile.

D’après les textes des Rois, inclus dans le dernier volet du Tanakh : on semble oublier que Josias 16e roi de Juda de -640 à -609 fut occis lors d’une bataille s’étant déroulé à Megiddo, par pas moins que Nékao II, Pharaon d’Égypte. Comment se fait-il que 600 ans après la prétendue sortie d’Égypte en grande pompe, le pays ravagé et son armée détruite, le chef de la nation d’Israël se fasse piétiner au passage par un pharaon qui s’en allait simplement secourir les assyriens? C’est ironique pour ce roi d’Israël, qui fut prétendu pieux et aimé de Yehvah. Entre autres, avant sa mort inopinée, il décida de rénover le temple et de chasser les pratiques polythéistes israélites, comme les cultes à Ashera et Baal, partagés avec celui de Yehvah. L’histoire et l’archéologie semble confirmer la véracité du polythéisme israélite d’essence cananéenne à l’époque.

Dernier point intéressant, on confère à Josias la découverte de manuscrits du Deutéronome, qui l’incitera à rétablir le culte exclusif à Yehvah. Cette version du Deutéronome est, à dire d’experts, étonnamment proche de codes législatifs assyriens et empreint d’un style grec. Une hypothèse un peu plus vraisemblable consiste à admettre que le texte à été réécrit et prétendu «trouvé». Nous sommes bien loin de la loi transmise au Sinaï dans des colonnes de fumées, mais plus proches d’une idée fumante pour réussite à faire accepter rapidement la loi fédératrice et sécessionniste à la fois, vitale à la constitution et à l’unification d’un clan israélite.

Pour le reste, Nékao II sera pourtant battu par les babyloniens, en 605AEC à Karkemish, laissant Juda à la merci des babyloniens.

Exode 24

Ex 24.3, 7 – Induction à la docilité et à l’obéissance aveugle

Après l’ascension de Moïse avec Aaron, Nadav, Avihou et 70 anciens, il s’avance seul dans la brume pour recueillir «tous» les commandements.

«Ex 24.3 … le peuple entier s’écria d’une seule voix : Tout ce qu’a prononcé l’Éternelyehvah, nous l’exécuterons.»TO, «Ex 24.7 Tout ce qu’a prononcé l’Éternelyehvah, nous l’exécuterons docilement+TO

Il est prodigieux de réussir à synchroniser une réponse de la part de plus de trois millions et demi d’individu. D’autre part, lorsque la traduction produit un (+) «docilement», il est en revanche impossible d’en trouver la trace en hébreu dans le texte.

ב-כד.ז וַיֹּאמְרוּ, כֹּל אֲשֶׁר-דִּבֶּר יְהוָה נַעֲשֶׂה וְנִשְׁמָע

La traduction correcte du verset est :

«Ex 24.7 Et ils dirent, tout ce qu’a dit Yehvah, nous ferons et nous entendrons.»VR

Non seulement l’auteur induit une déclaration d’obéissance aveugle de la part du peuple en précisant bien l’ordre opératoire, pure insulte à l’intelligence humaine et à son libre arbitre : faire puis seulement entendre au sens de comprendre ce que l’on fait, se soustrayant à d’éventuelles conséquences et buts de ses actes.

Ex 24.4, 7 – Le Livre de l’Alliance : le document perdu

«Ex 24.4 Moïse écrivit toutes les paroles de l’ÉternelyehvahTO

Qu’a bien pu écrire Moïse? La réponse est : «le livre de l’Alliance».

«Ex 24.7 Et il prit le livre de l’Alliance, dont il fit entendre la lecture au peuple»TO.

Quel est donc ce «livre de l’alliance»? Est-ce la torah du début jusqu’à ce stade? Les dernières paroles de Yehvah, un document annexe…? Ça ne peut dans tous les cas être toute la torah, car s’il en fait lecture au peuple, celui-ci connaitra la fin de son histoire, et s’il ne s’y soustrait pas, tous les évènements seront donc orchestrés et prévu par son réalisateur. Si cette torah est bien, comme cela est prétendu, la parole de dieu transmise d’un trait à Moïse au mont Sinaï, n’est-il pas étrange d’y trouver en plein milieu une mention de la mise par écrit de celle-ci et sa lecture à un moment de l’histoire où celle-ci est encore inachevée?

Ex 24.5-6,8 – Bains de sang de taureaux : sanguinaire et bestial

«Ex 24.5 Il chargea les jeunes gens d’Israël d’offrir des holocaustes et d’immoler, comme victimes rémunératoires, des taureaux au Seigneuryehvah. 24.6 Alors Moïse prit la moitié du sang, la mit dans des bassins et répandit l’autre moitié sur l’autel.»TO, «Ex 24.8 Moïse prit le sang, en aspergea le peuple et dit : Ceci est le sang de l’alliance que l’Éternelyehvah a conclue avec vous touchant toutes ces paroles.»TO

Les taureaux vont être comme beaucoup d’autres malheureusement, les tristes victimes de la barbarie sanguinaire de ce texte. Ici la fixation pathologique pour le sang, commence à monter en puissance.

Notons, que le texte original précise bien «adolescents» qui sont donc déjà incités au massacre. Combien de taureaux a-t-il fallu sacrifier pour en répandre la moitié du sang sur plus de 3 millions d’individus?

Considérons que l’aspersion minimale ne peut être inférieure à une goutte et que cette goutte de sang représente un vingtième de millilitre, soit 20 gouttes par millilitre, donc 20000 gouttes par litre. Si un bœuf peut fournir environs 50l de sang, la moitié de la volémie bovine représente 25 litres, soit 500 000 gouttes par taureau. Il n’aura donc fallu que 6 ou 7 taureaux.

Certains pourraient trouver choquant de voir du sang de taureau utilisé comme signe d’alliance pour servir en quelque sorte à baptiser un peuple. Au-delà, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre «Livre de l’Alliance» et «Sang de l’Alliance». Aujourd’hui, les rouleaux de torah sont rédigés sur de la peau de bête dite cachère dont notamment la peau de taureau. Si on considère que cette tradition prend son origine dans ces versets, il devient tentant d’imaginer le personnage de Moïse, rédiger l’histoire avec du sang de taureau sur la peau du même animal. Soulignons que, de «seigneur» à «saigneur» il n’y a qu’un trait de plume dans le texte et d’épée dans l’acte. Cette histoire se présente donc comme écrite avec du sang, au sens propre et figuré. On ne sait toutefois pas exactement si elle aura fait couler plus de sang que d’encre.

Exode 25 – Transmission de la loi : suite et suite

Moïse ira ensuite passer 40 jours et nuits sur la montagne fumante pour recevoir d’autres commandements, dont principalement le bric-à-brac servant au tabernacle, les accoutrements des prêtres ainsi que divers modes opératoires d’investiture et d’exécutions rituelles. Si l’analyse de ces passages ne présentent pas d’intérêt dans le cadre de cet exposé, hormis d’apprécier ce que doivent certainement être les goûts vestimentaires et décoratif de l’auteur, quelques points cocasses méritent d’être relevés.

Ex 25.18 – Les chérubins d’or : auto-contradiction yehvahique

«Ex 25.18 Puis tu feras deux chérubins d’or, tu les fabriqueras tout d’une pièce, ressortant des deux extrémités du propitiatoire.»TO

Alors que plus tôt, Yehvah interdit de sculpter des effigies des créatures célestes, il commanderait ici même de lui en fabriquer deux. Que faut-il comprendre : «Faites ce que j’ordonne, sans faire ce que j’ordonne en faisant ce que j’ordonne de ne pas faire…»?

Exode 28

Ex 28.1 – Désignation du clan dirigeant : prémices d’hégémonie lévite

«Ex 28.1 De ton côté, fais venir à toi Aaron ton frère, avec ses fils, du milieu des enfants d’Israël, pour exercer le sacerdoce en mon honneur : Aaron, avec Nadab et Abihou, Éléazar et Ithamar, ses fils.»TO

Voici la mise en place insidieuse de l’autorité cléricale héréditaire qui sera appuyée et renforcée par la suite du texte. Ceci laisse à penser que si le ou les auteurs demeurent inconnus, il est possible de supposer toutefois leur nom : LEVY. Le but évident est d’offrir un pouvoir divin incontestable à leurs descendants. Les légendes ultérieures des rois insisteront aussi sur le fait que la lignée royale est aussi issue des Levy.

Ex 28.43 – Accoutrement de consécration : renforcement de l’exclusivité lévite

Dans la ligne de l’appropriation du pouvoir, va être, en plus des complexes règles d’investiture et d’exercice, reprécisé le caractère exclusif perpétuel du sacerdoce.

«Ex28.43 Aaron et ses fils porteront ce costume lorsqu’ils entreront dans la Tente d’assignation, ou lorsqu’ils approcheront de l’autel pour le saint ministère, afin de ne pas se trouver en faute et encourir la mort : loi perpétuelle pour lui et pour sa postérité.»TO

Exode 29

Des spécifications évictives, concernant les ressources rituelles s’ajouteront, telles que : «Ex 30.33 Celui qui en imitera la composition, ou qui en appliquera sur un profane, sera retranché de son peuple.»TO, «Ex 30.38 Quiconque en fera un pareil pour en aspirer l’odeur, sera retranché de son peuple.»TO

Entre autres rituels étranges, seront sacrifiés et brûlés taureau, béliers, huile, farine… dont une partie est bien sûr attribuée comme offrande aux prêtres.

Pour illustration : «Ex 29.27 Tu consacreras ainsi cette poitrine balancée et cette cuisse prélevée, afin qu’elles appartiennent à Aaron et à ses fils comme redevance constante de la part des israélites.»TO, «Ex 27.32… Aaron et ses fils mangeront la chair du bélier, ainsi que le pain qui est dans la corbeille…»TO

On retrouvera d’autres rappels concernant les rétributions aux prêtres dans le Lévitique comme par exemple en Lv 7.34 ou Lv 10.14

Ex 29.33, 36, 38, 40-41 – Sacrifices à Yehvah : approvisionnement des prêtres

«Ex 29.33 Ils les mangeront ces mêmes offrandes qui les auront purifiés pour que s’accomplisse leur installation, pour qu’ils soient consacrés ; un profane n’en pourra manger, car elles sont une chose sainte.»TO

«Ex 29.36 Tu immoleras aussi, chaque jour, un taureau expiatoire en sus des expiatoires précédents et tu purifieras l’autel au moyen de cette expiation ; puis tu l’oindras pour le consacrer.»TO

«Ex 29.38 Or, voici ce que tu offriras sur cet autel : des agneaux de première année, deux par jour, constamment.»TO

«Ex 29.40 … plus, un dixième de fleur de farine pétrie avec un quart de hin d’huile vierge et une libation d’un quart de hin de vin, pour ce premier agneau. 29.41 Le second agneau, tu l’offriras vers le soir ; tu y joindras une oblation et une libation semblables à celles du matin, sacrifice d’odeur agréable à l’ÉternelyehvahTO

On ne peut que plaindre ces «pauvres» prêtres qui sont forcés de faire ripaille pour servir leur dieu et se purifier. Et plus tard, ils devront le faire pour pardonner les fautes de la communauté… D’ailleurs, dès lors que seuls les prêtres peuvent pénétrer l’enceinte du temple et qu’on y fait brûler un ensemble de morceaux particulièrement fumigènes et odoriférants, qu’est-ce qui pourra prouver au-dit «profane», que la part sacrificielle est bien consacrée et non consommée? Rien.

Exode 30

Ex 30.12-14 – Le demi-shekel : extorsion légalisée et organisée

«Ex 30.12 Quand tu feras le dénombrement général des enfants d’Israël, chacun d’eux paiera au Seigneuryehvahle rachat de sa personne lors du dénombrement, afin qu’il n’y ait point de mortalité parmi eux à cause de cette opération. 30.13 Ce tribut, présenté par tous ceux qui seront compris dans le dénombrement, sera d’un demi-sicle, selon le poids du sanctuaire ; ce dernier est de vingt ghéra, la moitié sera l’offrande réservée au Seigneuryehvah. 30.14 Quiconque fera partie du dénombrement depuis l’âge de vingt ans et au-delà doit acquitter l’impôt de l’ÉternelyehvahTO

L’auteur aurait pu se contenter de suggérer un don obligatoire d’ordonnance divine. Mais au cas où cette exigence puisse être mal reçue, il aura eu le vice de préciser qu’il s’agit du rachat de la vie du donneur. En revanche il ne précise pas ce que devient l’argent accumulé. Il est seulement expliqué en :

«Ex 30.16 Tu recevras des enfants d’Israël le produit de cette rançon et tu l’appliqueras au service de la tente d’assignation et il servira de recommandation aux enfants d’Israël devant le Seigneuryehvah pour qu’il épargne vos personnes.»TO

On peut très bien imaginer Yehvah venir chercher des tas de pièces avec ses petites sacoches. On imagine mieux, en fait, les extorqueurs s’enrichir à bon compte. Nous avons démontré que la monnaie métallique frappée n’existait pas à l’époque des évènements prétendus. Toutefois, le shekel est estimé à 6 grammes d’argent, donc la moitié vaudrait 3 grammes d’argent. En vertu du cours contemporain considéré en dollars : 3 grammes d’argent valant 3 dollars, chaque millier d’imposables rapporterait 3000 dollars et chaque million 3 000 000 de dollars. Comment ne pas encourager des vocations de gourous dans ces conditions? Surtout que beaucoup d’autres prélèvements sont à venir…

Pour rappel, l’argent n’existait pas au moment du don hypothétique de la torah, elle n’existera qu’au moment de la rédaction réelle du texte. Faut-il sourire?

Exode 31

Ex 31.18 – Les tables de la loi : seconde édition

«Ex 31.18 Dieu? donna à Moïse, lorsqu’il eut achevé de s’entretenir avec lui sur le mont Sinaï, les deux tables du Statut, tables de pierre, burinées par le doigt de Dieuelohim

(?) Aucune mention, d’aucun pseudonyme divin, n’est inscrit ici. Le verset commence à «Donna…»

Plutôt, on faisait encore écrire à Moïse des commandements pour, in fine, lui donner par écrit, ou plutôt par gravure. Cette double idée contradictoire réapparait en Ex34.27

Exode 32 – L’épisode du veau d’or : passage tragi-comique

Moïse semblant tarder sur la montagne, le peuple s’impatiente et demande un veau d’or à Aaron.

«Ex 32.7 Va, descends! Car on a perverti ton peuple que tu as tiré du pays d’Égypte!»TO La remarque que Yehvah fait à Moïse est très cocasse! La traduction est conforme au texte.

Soudain le peuple de Yehvah qu’il a lui-même fait sortir d’Égypte, devient rien moins que : «le peuple de Moïse qu’il a fait sortir d’Égypte!»

On songe immédiatement aux querelles conjugales à propos d’un enfant que son père appelle «Mon fils» les jours de beau temps et «Ton fils» en s’adressant à son épouse, les jours d’orage. Le profil type du vieux couple : Yehvah et Moïse. Si Yehvah n’avait pas banni l’homosexualité, on se demande ce qu’ils seraient devenus. «Yeh’ et Mo’ forever!» À paraître…

À l’issue, Moïse descend de la montagne, et brise les tables par colère. L’acte ne suffira pas à éviter plus tard quelques récidives variées du peuple. C’est l’origine du proverbe : «Pierre qui croule n’émousse pas masse!».

Pour la suite, Moïse demande à Aaron pourquoi il a fabriqué ce veau d’or. La réponse d’Aaron sera éloquente.

«Ex 32.22 Que mon seigneur ne se courrouce point ; toi-même tu sais combien ce peuple est prompt au mal. Ils m’ont dit : 32.23 Fabrique-nous un dieu qui marche à notre tête, puisque celui-ci, Moïse, l’homme qui nous a fait sortir du pays d’Égypte, nous ne savons ce qu’il est devenu. 32.24 Je leur ai répondu : Qui a de l’or? Et ils s’en sont dépouillés et me l’ont livré ; je l’ai jeté au feu et ce veau en est sorti.»TO

Aaron est évident un menteur éhonté et un pleutre (pour ne rien changer), car suit, ce que le texte expliquait au sujet des évènements.

«Ex 32.1 Le peuple, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne, s’attroupa autour d’Aaron et lui dit : Allons! Fais-nous un dieu qui marche à notre tête, puisque celui-ci, Moïse, l’homme qui nous a fait sortir du pays d’Égypte, nous ne savons ce qu’il est devenu. 32.2 Aaron leur répondit : Détachez les pendants d’or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles et me les apportez. 32.3 Tous se dépouillèrent des pendants d’or qui étaient à leurs oreilles et les apportèrent à Aaron. 32.4 Ayant reçu cet or de leurs mains, il le jeta en moule et en fit un veau de métal ; et ils dirent : Voilà tes dieux, ô Israël, qui t’ont fait sortir du pays d’Égypte!»TO

La version d’Aaron – Ex32.22-24Les évènements décrits – Ex 32.1-4
Qui a de l’or? Et ils s’en sont dépouillés et me l’ont livré ; je l’ai jeté au feu et ce veau en est sorti. Détachez les pendants d’or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles et me les apportez. Tous se dépouillèrent des pendants d’or qui étaient à leurs oreilles et les apportèrent à Aaron. Ayant reçu cet or de leurs mains, il le jeta en moule et en fit un veau de métal.

Aaron ne demande pas «Qui a de l’or?» comme il l’affirme mais il ordonne de lui donner. Ensuite, il est précisé l’usage d’un moule et le fait qu’à partir de l’or jeté dans ce moule, «il en fit un veau de métal», alors qu’il rétorque que de l’or jeté au feu est sorti de lui-même le fameux veau! Plutôt désopilant!

Il sera précisé en : «Ex 32.35 Ainsi l’Éternelyehvah châtia le peuple, comme auteur du veau qu’avait fabriqué Aaron.» Bien sûr, c’est encore la faute du peuple, mais en rien du lâche menteur et collaborateur en chef d’Aaron.

La suite tout le monde croit la connaître : Yehvah courroucé aurait ouvert la terre pour engloutir les mécréants… Que va nous apprendre le texte à ce sujet?

Ex 32.26-29 – Répurgation du veau d’or : carnage fratricide béni

«Ex 32.26 …et Moïse se posta à la porte du camp et il dit : Qui aime l’Éternelyehvah me suive! Et tous les Lévites se groupèrent autour de lui. 32.27 Il leur dit : Ainsi a parlé l’Éternelyehvah, Dieuelohei d’Israël : Que chacun de vous s’arme de son glaive! Passez, repassez d’une porte à l’autre dans le camp et immolez, au besoin, chacun son frère, son ami, son parent! 32.28 Les enfants de Lévi se conformèrent à l’ordre de Moïse ; et il périt dans le peuple, ce jour-là, environ trois mille hommes. 32.29 Moïse dit : Consacrez-vous dès aujourd’hui à l’Éternelyehvah, parce que chacun l’a vengé sur son fils, sur son frère et que ce jour vous a mérité sa bénédiction.»TO

Tout d’abord, nous observons une fois de plus que c’est la caste dominante des «Lévi», mes chers aïeux patronymiques virtuels, qui est affectée à l’exécution du massacre. Cependant, nulle trace n’est trouvée sur une hypothétique résistance, ne serait-ce qu’une désapprobation, venant des lévites au moment de la faute. Ce qui implique non seulement qu’ils ont participé au délit, mais de ce fait, n’ont aucune légitimité répressionnelle. L’histoire contemporaine connait de nombreux collaborateurs devenus résistants in extremis.

Ensuite, nulle part la terre ne s’est ouverte. C’est bel et bien par le fil de l’épée que sont passés 3000 frères, parents, amis, fils… Cet acte, horribile auditu, dont la simple description est une abomination insoutenable et barbare tout à fait conforme à la moralité et aux agissements du peuple accaparé par ce Yehvah décrit dans ce texte, est en plus, qualifié de «bénédiction».

(Il m’aura fallu deux jours après cette ponctuation pour reprendre la rédaction, tant l’atrocité du récit m’a abattu et écœuré. Celle-ci, ayant suivi beaucoup d’autres raisons de consternation déjà traitées. La vision la plus cauchemardesque est de voir, ici, au quotidien, des enfants innocents et endoctrinés, s’extasier, prier et accomplir avec ferveur d’après des préceptes qui relèvent de cette référence. Ce sont ces mêmes enfants qui lancent des pierres sur les voitures circulant dans leur quartier le shabbat, puis se réfugier dans leurs bungalows affectés à l’étude de la torah, pour mieux répandre une haine et une incompréhension pour lesquelles les jeunes soldats laïcs se font tuer aux frontières. Parfois, la dérision caustique ne suffit pas distancer l’horreur des écrits sur lesquels on se penche, ni leurs conséquences humaines et morales.)

Où donc Torquemada et sa très sainte et haute inquisition a-t-il pu trouver son inspiration contre les «hérétiques et idolâtres»? Concernant les exécuteurs/répurgateurs lévites décrits par ce passage : on ne saura jamais si leurs tuniques étaient brunes ou noires, mais on peut dignement supposer, qu’elles ont fini… rouges.

Exode 33 – Transmission de la loi : encore et toujours

Le «méchant» peuple de pécheurs observe religieusement Moïse s’entretenir avec Yehvah, avec fastes de tentes hors du camp et de nuée descendante… Il sera précisé que seul Moïse bénéficiait du face à face yehvahique. Tant et si bien qu’il osera demander de contempler son dieu et sera partiellement exaucé. Impossible à contempler selon les dires de Yehvah lui-même. Vu ce qu’on sait de la divinité décrite et afin de préserver sa santé mentale face au visage de l’horreur, il serait peut-être plus judicieux d’accepter de faire face à un enfant palestinien, réfugié et bombardé dans ses propres frontières, dont le visage a été brûlé au napalm ou au phosphore blanc.

Exode 34

Ex 34.1 – Les nouvelles tables de la loi : la torah reloaded

Puisque Moïse a brisé ces tables porteuses de l’éminente parole yehvahique, l’auteur demande à son larbin de tailler lui-même de nouvelles tablettes sur lesquelles il regravera sa parole.

«Ex 34.1 Le Seigneuryehvah dit à Moïse : Taille toi-même deux tables de pierre semblables aux précédentes ; et je graverai sur ces tables les paroles qui étaient sur les premières tables, que tu as brisées.»TO

Pourtant, comme déjà évoqué, le texte divergera entre la première et la seconde version. Ce, en dépit de l’affirmation du verset : «… je graverai sur ces tables les paroles qui étaient sur les premières tables…»

Nombres de commentaires ont jaillis sur la composition des tables de la loi. Beaucoup affirment qu’elles étaient en saphir en vertu des allusions du texte en «Ex 24.10 Ils contemplèrent la Divinité d’Israël. Sous ses pieds, quelque chose de semblable au brillant du saphir et de limpide comme la substance du ciel.»TO.

On imagine alors fort bien, Moïse l’octogénaire, tailler deux tables de saphir, des blocs volumineux de ce minéral jonchent effectivement le pourtour du Sinaï par tonnes… C’est connu!

Ah non!? Dommage! Il est affligeant de voir que malgré cela, le plus gros saphir du monde n’atteint que 563 carats soit environ 113g et n’est pas découvert au Moyen-Orient mais en Asie.

Ex 34.6 – Le rappel menaçant : ode à la terreur

ב-לד.ו וַיַּעֲבֹר יְהוָה* עַל-פָּנָיו, וַיִּקְרָא, יְהוָה* יְהוָה*, אֵל* רַחוּם וְחַנּוּן–אֶרֶךְ אַפַּיִם, וְרַב-חֶסֶד וֶאֱמֶת

«Ex 34.6 La *Divinitéyehvah passa devant lui et proclama : *ADONAÏyehvah est *l’Être éternelyehvah,tout puissant, clément, miséricordieux, tardif à la colère, plein de bienveillance et d’équité.»TO

Ici encore, la traduction nous affiche un lot groupé de dénominatifs yehvahesques variés.

Cependant la traduction correcte est : «Et passa *Yehvah devant lui, il appela *Yehvah *Yehvah, *dieuel clément, miséricordieux long à la colère, et plein de bonté et de vérité.»VR

Au final : nulle «divinité», nul «être éternel» et nul «adonaï» (encore moins en majuscules, d’après la traduction officielle)! Seulement Yehvah! Qui croire?

Ce passage est repris en chœur lors des prières de yom kippour, le grand pardon annuel des juifs. Combien de fois moi-même, l’ai-je récité dans ces circonstances en croyant solidement que mes fautes allaient être pardonnées. D’ailleurs, j’ai toujours prié kippour dans des centres communautaires gratuits. Gratuits? Précisément! Les places dans les synagogues sont hors de prix pour le jour du «Grand Pardon». Et les non concernés n’imagine pas la valeur des enchères pour «monter» à la lecture de la torah ce jour là! La miséricorde aurait-elle un prix?

Ex 34.13 – Abattre la concurrence et ses bosquets

«Ex 34.13 Au contraire, vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs monuments, vous abattrez leurs bosquets.»TO

L’ordre de détruire jusqu’aux arbres couronne l’excessivité destructrice. C’est sans compter ce que, comme à l’accoutumée, la traduction officielle maquille. Dès lors que l’on intime l’ordre de détruire les supports de culte, l’évocation d’un bosquet, ne peut plus le faire considérer ici comme arbuste ornemental. Il nous faut une autre traduction pour révéler de quoi il s’agit réellement selon l’auteur.

Un petit coup de pouce de la TS va faire polémique.

«Ex 34.13 Vous devez casser leurs autels, briser leurs colonnes sacrées et raser leurs arbres d’Acherah.»TS

Cette traduction est la bonne. Ainsi, on relèvera la nuance notable entre «bosquets»TO et «arbres d’Acherah»TS.

Repris en Dt12.3

Pour comprendre la nuance, cela revient à crypter «Feux de la Saint-Jean» par «Feux». Qui est cette «Achérah» que le traducteur souhaite faire disparaître? Selon les sources historique et archéologique récentes, Achérah était une déesse Cananéenne de la fertilité associée au culte de Yehvah et qui serait même son épouse.

«Les inscriptions, datant du début du VIIIeAEC, trouvées sur le site de Kuntillet Ajrud, dans le nord-est du Sinaï, sont encore plus significative. Elles font apparemment référence à la déesse Asherah comme étant l’épouse de YHVH.»[10].

On comprend mieux l’intérêt d’une traduction tronquée visant à masquer de fâcheuses réalités, comme le fait que les nombreuses divinités évoquées dans le texte sont des inventions locales cananéennes de l’époque, qui pour certaines cohabitait entre elles tant selon un sens biblique, qu’un sens cultuel.

Cette Asherah était-elle tellement insupportable ou trop humaniste et insuffisamment barbare pour son amant, ou encore trop concurrentielle, pour que Yehvah (petit cachotier!) décide de s’en débarrasser? Rappelons-nous que Yehvah se nomme aussi «Jaloux», infra.

Asherah avait-elle des relations avec l’autre dieu majeur cananéen de l’époque : Baal? Baal, usuellement représenté comme un taureau. Si en effet Baal et Asherah avaient eu des relations, la jalousie yehvahique l’aurait conduit à ordonner à son peuple esclave de faire disparaitre les supports physiques terrestres de leur culte. S’agit-il là d’éradication passionnelle? On comprend mieux la haine que fait ressortir le texte à l’encontre des taureaux et de la zoophilie. Baal avec ses colonnes de pierre et Asherah avec ses mats de bois, symboles aussi phalliques les uns que les autres, furent donc diabolisés.

Pour revenir à la réalité historique, l’archéologie révèle que le polythéisme israélite tenait bon encore six siècles après la théorique promulgation de la loi à Moïse.

«Josias était loin d’être parvenu à éradiquer la vénération des images : dans les quartiers d’habitation de tous les sites importants de la fin du VIIe siècle avant J.-C., on a retrouvé un grand nombre de figurines qui représentent une femme debout soutenant ses seins avec ses mains (identifiée généralement à la déesse Asherah). Par conséquent, au moins pour ce qui concerne le domaine privé, ce culte très populaire paraît s’être poursuivi, en dépit des instructions religieuses imposées par Jérusalem.»[11].

Ex 34.14 – Un dieu «Jaloux» : le nom rejoint l’attitude

ב-לד.יד כִּי יְהוָה קַנָּא שְׁמוֹ, אֵל קַנָּא הוּא

«Ex 34.14…parce que l’Éternelyehvah a nom JALOUX, c’est un Dieuel jaloux!»TO

«…car Yehvah Jaloux est son nom, dieu jaloux il est.»VR

Si la jalousie est humainement un signe petitesse et perturbation psychologique, comment doit-on la considérer au niveau divin? On nous dit ici que non seulement, ce divinoïde est jaloux, comme déjà dit et au cas où on ne l’ait pas compris, mais que c’est précisément un de ses noms.

On apprendra toutefois entre deux rabâchages, que le visage de Moïse s’est soudain illuminé, le forçant à porter un voile. Ce qu’il est surtout important de remarquer c’est le nombre d’ascension qu’il aura fallu à Moïse pour recueillir la fameuse loi qu’il doit retranscrire par écrit. Cela contredit l’affirmation qui tend à faire croire que ces lois ont été donné d’une traite et en une fois.

Exode 35-40 – Bafouillages et rabâchages

Après un bref rappel sur le repos forcé du shabbat sous peine de mort et l’interdiction d’y faire du feu, Moïse ordonne le prélèvement de tout ce qui sera nécessaire au tabernacle et à l’office. Si certains considèrent que la torah est un ensemble de lois, ils oublient rapidement les passages de la rubrique «bricolage». Alors que la description du tabernacle, des ustensiles, accessoires divers et modes opératoires ont été décrit auparavant sur près de cinq chapitres, elle est à nouveau redéveloppée sur cinq autres chapitres.

En d’autres termes, un quart de l’Exode est consacré à une cabane, des déguisements et le folklore qui doit s’y tenir, et qui ne servira que quelques années et qui n’est plus d’aucune utilité aujourd’hui. Yehvah n’avait-il pas des choses plus importantes à raconter plutôt de s’étendre, rabâcher et insister sur un sujet qui aurait pu être traité avec plus de concision? Il faut en fait, peut être comprendre que l’auteur tient beaucoup à sa cabane de luxe et qu’il est, en plus d’être très atteint psychologiquement, probablement sénile.


Notes et bibliographie

[1] Cf. Sources antérieures et annexes.

[2] Guéniza : caveau servant de cache pour des choses prétendues saintes ne pouvant, selon le dogme, être simplement détruites ou recyclées.

[3] Cf. Ex 1.11 – Ville de Ramessès : anachronisme.

[4] Cf. Ex 2.3-9 – Arrivée du berceau chez la fille de Pharaon : casse-tête hydrodynamique et topographique.

[5] Cf. Gn 10.19 – Canaan : anachronisme majeur.

[6] Cf. Ex 3.18 – Les Hébreux en Égypte : voyage vers le Sinaï – expédition impossible.

[7] Cf. Dt 22.28-29 – Viol d’une enfant : appropriation pédophile à moindres frais – confirmation.

[8] Kaplan, Aryé, La Torah Vivante, trad. Nehema Kohn, Moznaïm Publishing Corporation, New York, p. 387.

[9] Le Deutéronome ne compte que 34 chapitres, le dernier comptant 12 versets. Dt 34.13 est une blague autosuggérée un 30 février à 25h01.

[10] Finkelstein, I. et N.A. Silberman, The Bible unearthed : archaeology’s new vision of ancient Israel and the origin of its sacred texts, New York, Free Press, 2001, p361.

[11] Ibid., p428.


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