La publicité est le fait de porter les débats, les lois, les bans... à la connaissance du public. La réclame a usurpé cette appellation dans la mesure où il s'agit de convaincre d'acheter plutôt que de faire connaître un produit.
La « communication » est une supercherie encore plus grande. La véritable communication suppose une certaine égalité entre les locuteurs, qui ont chacun le droit d'initiative. Il s'agit d'un échange, pas d'un rapport de subordonné, ni d'une confession, ou d'une émission à sens unique. Les prétendus communicateurs tentent de persuader par tous les moyens un public qui pourra juste se manifester en achetant ou non le produit « proposé » par des affiches et spots, en réélisant ou non un responsable politique, ou en adhérant à une idéologie.
La meilleure « communication », c'est encore celle faite en faveur de la réclame. Au début des années '70, une publicité se moquait déjà des publiphobes, les présentant comme des imbéciles incapables d'acheter un parapluie de bonne qualité.
Les années '80 ont vu l'émergence de la « Nuit des publivores », où les gens branchés s'empressaient d'aller voir comment on manipulait... les autres, évidemment.
En novembre 2005, un groupe de publicitaires d'annonceurs et d'éditeurs, regroupés sous le nom Media Smart, prétend apprendre aux enfants à décoder la pub, par le biais de fiches scolaires. Ouiche. La réclame radiophonique commence par les tops horaires, comme pour annoncer le journal. C'est dire que la réclame autour de la réclame se prend pour une information officielle du média qu'elle utilise.
La passivité (sous quelque prétexte que ce soit) face au cynisme développé par l'industrie publicitaire et dans les messages donne une image peu flatteuse de l'esprit critique et citoyen de nos contemporains. Certains semblent penser que la pub n'est qu'un reflet de la marchandisation des humains. Ce n'est pas une raison, et il se pourrait qu'elle la promeuve également.
Il existe un Jury d'Éthique Publicitaire (JEP), que d'aucuns appellent « Juge Et Partie », puisqu'il s'agit d'une organisation d'autorégulation, de type corporatiste.
Il existe un Conseil Supérieur de l'Audio-visuel, mais celui-ci a tendance à reporter les affaires de publicité au JEP précité.